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Famille Théoret
Ce texte est reproduit avec permission. Sa transcription et sa présentation en ligne ont été effectuées par Jacques Beaulieu. Il constitue la troisième partie du livre intitulé HISTOIRE DE L'ILE BIZARD rédigé par Éliane Labastrou et publié en 1976

HISTOIRE ET GÉNÉALOGIE
DES FAMILLES SOUCHES
DE L'ILE BIZARD

Rédigé par Éliane Labastrou
Publié en 1976.


Puisque seule la troisième partie du livre HISTOIRE DE L'ILE BIZARD est reproduite, il faut se référer à l'original dans les cas où les pages mentionnées dans le texte qui apparaît ici sont dans des sections dont la reproduction n'a pas été autorisée; un hyperlien permet par contre de rejoindre les sections mentionnées dont la reproduction a été autorisée.



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FAMILLE THÉORET

tableau I

L'ancêtre de la famille Théoret fut Jacques Triolet dit Larivière, né vers 1664 à Dinan au nord de la Bretagne, où son père était maître-boulanger. Sa mère portait le nom de Catherine Pilorguay.

Jacques Triolet était un soldat de Le Verrier. Or, celui-ci ayant été nommé capitaine dans les troupes du détachement de la marine le 17 mars 1687, il passa en Nouvelle-France la même année. Il est donc probable que Jacques Triolet arriva en Nouvelle-France en 1687. La compagnie dirigée par François Le Verrier de Cousson fit les campagnes de 1689 et de 1693 contre les Iroquois. En 1697, Le Verrier fut envoyé par Callières(1) au pied du long sault de la grande rivière se poster du côté nord dans le lieu qu'ii jugera le plus propre pour en garder les deux bords, ceci afin d'arrêter tous les canots qui y passeraient. Il devait si possible y construire un fort ou au moins y faire un abattis pour se protéger de l'ennemi, mais Le Verrier remplit mal sa mission et reçut un blâme de Louis XIV.

Nous ne savons pas si Jacques Triolet le suivit dans cette dernière entreprise, car celui-ci se maria le 14 mars 1701 à Lachine, avec Marie Roy, veuve d'André Merlot, née en 1664 et décédée en 1717. Jacques Triolet lui survécut et mourut à Pointe-Claire où il fut inhumé le 31 juillet 1728.

Jacques Triolet et Marie Roy semblent avoir été parmi les premiers habitants de Pointe-Claire. Ils eurent au moins sept enfants, dont un seul garçon semble s'être marié. Il s'agit de Jean-Baptiste, né en 1707 et marié une première fois en 1731 avec Marie-Marthe Cholet et une deuxième fois en 1752 avec Madeleine Daoust. Il mourut en 1787 à Pointe-Claire, ayant probablement repris la concession accordée à son père.

Le 25 février 1758(2), Jacques Tréhoret (à noter l'évolution de l'orthographe du nom, de Triolet vers Théoret), en présence de son père, Jean-Baptiste, se porta acquéreur d'une terre de trois arpents de front sur vingt arpents de profondeur, tenant par devant à la rivière des Prairies, par derrière aux terres non concédées, d'un côté à Philippe La France et d'autre à Louveteau, sur laquelle il y avait environ quinze arpents de terres défrichées et le reste en bois debout. Sur la terre se trouvait une maison de pieux de cèdre en bouliniers, de 22 pieds sur 14 ou 15 pieds, couverte en paille et écorce, ayant une cheminée de terre, ainsi qu'une vieille grange tombant en ruine, couverte de paille et écorce, et une petite étable.

La vente fut conclue pour la somme de 2500 livres, dont 500 furent versées en acompte. Le reste de la somme était payable chaque année, au mois de février, à raison de 250 livres par an, sans intérêt.

Joseph Laberge, le vendeur, possédait cette terre depuis 1753, l'ayant acquise de François Brunet et Marie Gauthier. François Brunet était le deuxième époux de Marie Gauthier, veuve de Jean Lahaye. Or, c'était Jean Lahaye, probablement frère de la femme de Pierre Boileau, qui avait pris la concession originale, sans aucun titre toutefois. On trouve, en effet, dans le contrat de vente à Joseph Laberge, que Jean Lahaye et sa femme, Marie Gauthier, avaient eux-mêmes défriché les terres et construit les bâtiments qui se trouvaient sur la terre.

Théoriquement, Jacques Théoret aurait donc occupé les terres à partir de 1759. Toutefois, c'était la période de conquête et il est probable que celui-ci était engagé dans la milice à l'époque.

Le 24 octobre 1760, il épousa Marie-Louise Barbari dit Grand'Maison, âgée de 20 ans. Elle lui donna trois enfants, mais mourut cinq ans plus tard à l'âge de 25 ans. Jacques Théoret se retrouva donc seul dans son exploitation avec trois enfants en bas âge sur les bras: Jacques, Joseph et Marie-Louise, âgés respectivement de quatre ans, deux ans et six mois. Il commençait mal: d'abord la guerre, puis la mort de sa femme.

Il ne lui restait guère d'autres ressources que d'essayer de trouver une deuxième femme. Au mois de mai 1767, il s'apprêtait à prendre comme deuxième épouse Catherine Lefebvre, mais auparavant, il convenait de dresser l'inventaire des biens afin de ne pas léser les héritiers du premier mariage. Le 19 mai 1767, Louis-Joseph Soupras, notaire à Pointe-Claire, vint sur place dans l'île Bizard, pour procéder à cet inventaire. Louis Brisebois et François Lanthier de Sainte-Geneviève avaient déjà effectué les estimations.

Voici les articles trouvés dans la maison: une moyenne marmite cerclée à cause de sa cassure, avec anse et couvercle, une moyenne chaudière de cuivre rouge rapiécée et percée, une vieille poëlle à frire comme en ferraille, un seau étoffé de cèdre cerclé en bois, une vieille cuvette, une moyenne hache, une grande armoire de bois de pin, un moyen bassin d'étain, six terrines, une chopine de fer blanc, un seau à farine avec sa monture, une huche de bois, six chaises tant bonnes que mauvaises, une vieille table ronde et son pliant de bois de pin, une cuve, une chaîne de traîne et une mauvaise ferrure de carriole, une vieille pioche, une paire de fouet et une paire de courroies, sept livres de laine, un vieux harnais, un collier avec une bride, un vieux saloir, un vieux berceau, deux vieux rouets, un à laine et l'autre à fil.

Dans l'étable se trouvaient: quatre cochons, quatre boeufs, trois taures, deux vaches, deux juments, dix moutons et un veau de lait, ainsi qu'une charrue complète. À tout ceci s'ajoutaient une paire de carde à laine, douze poules, douze minots de blé, quatre minots de pois et sept minots d'avoine. Le tout se montait à la somme de 703 livres et Jacques Théoret devait 261 livres, tant à son père qu'aux héritiers de Jean Lahaye pour la terre.

La propriété consistait en une terre de 60 arpents de superficie, dont vingt-sept arpents étaient défrichés, le reste en bois debout et brûlé. Il y avait treize arpents de clôtures en bouliniers de frêne et de cèdre. Jacques Théoret possédait en outre la continuation de terre entre les vingt arpents qu'il possédait au sud et les vingt arpents qui donnaient du côté nord. Ces terres étaient en bois debout.

Les bâtiments comprenaient une maison de bois de cèdre, dont nous avons déjà donné la description à la page 69. Cette maison fut prisée à la somme de 100 livres. Il y avait aussi une grange de 46 pieds de long, y compris les étables et les écuries, en poteaux de cèdre, couverte de paille, le tout en mauvais état.

Le 25 mai 1767, Jacques Théoret épousa Catherine Lefebvre, veuve Haumay, fille de Michel Lefebvre et de Françoise Denis. Il était stipulé dans le contrat de mariage(3) passé le 23 mai 1767 que les enfants de Jacques Théoret et de sa première femme seraient élevés par les soeurs du futur époux, aux dépens de la communauté de biens avec Marie-Louise Barbari.

La nouvelle épouse, Catherine Lefebvre, apportait en mariage les articles suivants: deux oreillers de plume avec leur enveloppe, une couverture de lit en coutil et une couchette, une paillasse, une grande couverture, une courte-pointe, deux draps, deux taies d'oreillers neuves, une cuvette, un saloir en chêne, une bonne faucille, une cape de camelot, une jupe d'étoffe du pays, deux jupons, l'un de persienne, l'autre de camelot, un jupon de coton rouge, un jupon d'indienne, un jupon de bazin, un jupon de salmande, quatre mantelets, dont un de coton, deux d'indienne et un de persienne, un manteau d'indienne, onze chemises dont quatre neuves, une serviette, sept mouchoirs, trois bonnets piqués de toile, une paire de manchons, une pièce de lingerie, trois paires de souliers français avec leurs boucles de chaussures, sept paires de bas, une vieille marmite, une chaudière de voyage en cuivre rouge, un grand bassin d'étain, cinq assiettes, dix cuillères, neuf fourchettes, ainsi qu'un buffet de bois de pin. À ceci s'ajoutait un cochon moyen.

Onze enfants naquirent de cette deuxième union, mais sept moururent en bas âge. Trois filles et un garçon se marièrent. Les deux garçons et la fille nés du premier mariage se marièrent aussi. Nous ne parlerons ici que des garçons, mais auparavant eut lieu le partage des biens entre les enfants nés du premier mariage. À cet effet, un nouvel inventaire des biens fut dressé le 19 mars 1782. On trouvera un extrait de celui-ci à la page 281; il est très révélateur des moeurs et des modes de vie de l'époque.

Selon cet inventaire, la maison avait dû être reconstruite et agrandie, comme on le verra par la description détaillée qui figure aussi à la page 69. Les terres sont dessinées sur une feuille jointe à l'inventaire qui indique que chaque héritier avait droit à 34 arpents de terre; elles sont ainsi décrites:

Ensuitte les immeubles de laditte communauté, consistant en une terre scise sur le costé du sud de l'Isle Bizard, de cinq arpents trois perches de front, sur vingt arpents de profondeur, tenant par devant a la rivière des Prairies, d'autre bout par derrière aux continuations cy après désignées, joignant d'un costé a Paul Richer, et d'autre costé a Philippe Darragon;

Quatre arpents quatre perches et neuf pieds aussy de terre de front, sur treize arpents de profondeur, trois desquels font les continuations de la terre dudit Darragon, et le surplus au bout de celle cy dessus, tenant par devant au bout en profondeur de la susditte terre, a trente arpents du bord de la ditte rivière des Prairies, par derrière a Paschal et François Pilon, joignant d'un costé a Nicolas Robillard; sur laquelle terre et continuations, le tout cy devant inventorié, il se trouve quatre vingt cinq arpents et demi en superficie de terre nette, le reste en bois debout et fardoches; trente huit arpents de vieilles clôtures de touttes espèces, sans aucuns fossets...

L'inventaire indique aussi que Joseph, deuxième fils né du premier mariage, avait fait l'acquisition d'une terre à Saint-Eustache et qu'il avait payé des droits pour la construction de l'église à cet endroit. Il se maria deux ans plus tard, en 1784, avec Marie-Joseph Massy. S'établirent-ils d'abord à Saint-Eustache? Nous ne le savons pas, mais tous leurs enfants furent baptisés à Sainte-Geneviève et, en 1816, ils firent l'acquisition d'une terre (sur le lot no 132) et d'une maison situées du côté nord de l'île Bizard ( tableau III).

L'aîné des fils de Jacques Théoret et Marie-Louise Barbari, aussi prénommé Jacques, épousa en 1784, Marguerite Legault, fille de Jean-Baptiste Legault dit Gredin et Suzanne Cardinal. Ce furent les trisaïeux de Médard, Maurice, Fernand et Wilfrid Théoret (voir tableau II ).

Enfin, Louis Théoret, né du deuxième mariage de son père, épousa en 1790 Marguerite Brayer dit Saint-Pierre, fille d'Eustache Brayer et Marguerite Nadon. C'est lui qui hérita des terres exploitées par son père, en contrepartie d'une rente viagère comprenant(4): 30 minots de farine, 250 livres de lard, 50 livres de boeuf, 12 livres de graisse, un minot de sel, une livre de poivre, six pots de rhum, un minot d'oignons, 50 choux pommés, un demi-minot de pois, un quart de minot de fèves, et autres légumes pour la soupe, 30 livres de tabac, quatre livres de tabac en poudre, 12 livres de chandelles, 24 livres de sucre du pays, des oeufs pour leurs besoins dans la saison, 20 cordes de bois franc et sec, du cuir de vache tanné, plus 120 livres en argent pour leur entretien, le tout par année. Il devait aussi fournir le paccage d'un cochon, faire blanchir et raccommoder tout le linge des donateurs, leur donner une paire de draps pour leur lit tous les deux ans, entretenir leur lit en bon état, fournir un cheval et une voiture convenable pour leurs besoins, ainsi que deux vaches laitières suffisamment bonnes, livrables le premier mai et qu'il reprendra le premier novembre de chaque année. Il devait en outre leur assurer les soins d'un chirurgien et les secours spirituels dont ils auraient besoin. Après leur décès, il était tenu de faire dire cinquante messes basses pour le repos de leur âme. Il s'engageait de plus à entretenir sa cousine, Agathe Beaune, jusqu'à l'âge de 18 ans. C'était tout un programme.

Louis Théoret et Marguerite Brayer dit Saint-Pierre furent les trisaïeux de Vitalien, Joseph-Louis, Origène et Gérard Théoret. Ils fondèrent une branche importante de la famille Théoret de l'île Bizard (voir tableau IV ).

Au tableau I, il nous reste à parler de la lignée des Jean-Baptiste Théoret qui figure à la gauche du tableau et qui descendait aussi des mêmes ancêtres que les autres Théoret de l'île Bizard. Ces Jean-Baptiste Théoret de père en fils habitèrent Pointe-Claire et Sainte-Geneviève. Toutefois, Tite Théoret, à la sixième génération, épousa Marie Sénécal, fille de Charles Sénécal et Casildy Brisebois de l'île Bizard, où il était forgeron en 1871. Il partit sans doute pour la Californie au moment de la ruée vers I'or, car il y mourut comme il est indiqué au registre de la paroisse en 1883, lors du remariage de sa veuve avec Charles Nuckle, fils de John Nuckle et de Rose Laberge. Enfin, à droite du tableau, au niveau de la troisième génération, on voit André Théoret, marie avec Elisabeth Legault, puis avec Véronique Ducharme, mais ils n'habitèrent pas l'île Bizard.

Afin de pouvoir faire la généalogie de l'ensemble de la famille Théoret sans s'y perdre, nous allons considérer les trois tableaux suivants comme trois familles distinctes, mais il ne faut toutefois pas oublier qu'elles descendent toutes de trois frères et demi-frères, tous nés de Jacques-Amable Théoret (1735-1806) à la troisième génération des Théoret au Canada et la première dans l'île Bizard.

tableau II

Voyons d'abord la branche de Jacques Théoret marié à Marguerite Legault. Celui-ci occupait une terre située près de celle de son demi-frère, Louis Théoret. Le ménage eut 12 enfants, dont cinq moururent en bas âge. L'aînée de la famille, Catherine, épousa Jacques-Amable Claude, étant l'ancêtre de la branche des Claude qui descend jusqu'à nous. Une autre fille, Pélagie, épousa Eustache Brayer dit Saint-Pierre (voir Famille Saint-Pierre Tableau I ). Basile se maria avec Anastasie Claude; il fut marguillier de 1855 à 1857 et donna naissance, par son fils Magloire, à une branche de la famille Théoret à Sainte-Geneviève.

Mais Joseph Théoret marié avec Josephte Lalonde est celui des fils de Jacques Théoret qui nous intéresse particulièrement. Joseph Théoret fut marguillier de 1840 à 1843 et il mourut en 1846. Sa femme, Josephte Lalonde, était portée comme chef de famille au recensement de 1851. Sa famille occupait alors une terre de 100 arpents dont 93 étaient en culture; on peut voir sa production agricole et son cheptel à la page 104. Deux filles de Joseph Théoret et Josephte Lalonde épousèrent successivement Venant Théoret, père de Valérie qui fut maire de l'île Bizard de 1912 à 1916.

Orphire Théoret épousa Cléophée Chaurette; ils s'établirent dans l'île comme cultivateurs. Ce furent les arrière-grands-parents de Réal Théoret. Sur leurs sept enfants, trois seulement se marièrent, tous avec des descendants de la famille Sénécal. En effet, Eliza épousa Honoré Sénécal, fils de Fabien. Son frère Médard épousa Anna Sénécal, fille de Joseph. Nous avons vu au chapitre de la famille Sénécal que celle-ci mourut peu de temps après son mariage. Médard Théoret ne se remaria pas et n'eut pas de fils.

Enfin, Patrick épousa en 1887 Cordélie Sénécal, fille de Charles. Il fut commissaire d'école de 1897 à 1899, ainsi que conseiller municipal de 1896 à 1899 et de 1917 à 1921. Plusieurs de ses filles se marièrent et s'établirent dans l'île et certaines vivent encore.

Ainsi, mentionnons Eva qui épousa Rosaire Lavigne, Eliza mariée avec Albert Charron (donc la mère de M. Roger Charron), Ida mariée avec Léo Cardinal, et Alice, devenue Mme Wilfrid Brunet. C'est cependant Médard, marié avec Clérinda Legault, qui assura la descendance des Théoret de cette branche. Il était cultivateur sur la terre no 86 héritée de ses parents et encore cultivée à l'heure actuelle par son fils Réal. On dit que cette terre est cultivée par la famille depuis 131 ans. Médard Théoret fut commissaire d'école de 1933 à 1935. Mort à l'âge de 39 ans, ce fut sa femme qui éleva les enfants. Son fils, Réal, épousa en 1951 Rita Labrosse, fille d'Aimé Labrosse (voir Famille Labrosse dit Raymond Tableau I ). Ils figurent actuellement parmi les derniers cultivateurs de l'île Bizard; ils ont plusieurs enfants, dont un garçon est marié avec Lucie Brosseau, petite-fille d'Albert Théoret et Anna Sénécal. Un autre fils de Médard Théoret, Jacques, est établi à Montréal.

Prenons maintenant la branche de Maxime Théoret. Celui-ci épousa en 1856 Philomène Théoret, fille de Joseph Théoret et Marguerite Prézeau, mais elle mourut trois ans plus tard, après la naissance d'un fils qui ne survécut pas. Le 6 février 1860, Maxime Théoret épousa en deuxièmes noces Marie Cardinal, petite-fille de Louis Cardinal et Marie-Geneviève Robillard (voir Famille Cardinal Tableau I ). Maxime Théoret fut conseiller municipal en 1873, commissaire d'école de 1879 à 1882 et de 1888 à 1891, et marguillier de 1880 à 1883. Onze enfants naquirent de sa deuxième union, mais six moururent en bas âge et deux autres, au moins, restèrent célibataires, dont Necter qui fut conseiller municipal de 1907 à 1910.

Une fille de Maxime, Émilia, épousa Adélard Theoret, fils de Bernard et d'Emilie Boileau, devenant la mère d'Ozias, Arthur, (voir Tableau III ). Enfin, Joseph épousa en 1904 Maria Tessier, fille de Séraphin Tessier et de Délima Ladouceur. Joseph Théoret, généralement connu sous le nom de Joseph-Maxime parce qu'il était le fils de Maxime, fut d'abord commissaire d'école de 1902 à 1905, maître de chapelle à l'église et secrétaire-trésorier de la municipalité de 1925 à 1942. À vrai dire, sa femme, qui était institutrice, lui donnait un sérieux coup de main: c'est elle qui transcrivait les procès-verbaux du Conseil municipal.

Ce furent les parents de Maurice, Gustave, Fernand et Wilfrid Théoret, ainsi que de Mme Joseph-Louis Théoret, qui tous, sauf Gustave, habitent encore l'île Bizard. Maurice Théoret fut conseiller municipal de 1960 à 1964 et Fernand Théoret est actuellement notre plus ancien conseiller municipal, occupant cette fonction depuis 1967.

tableau III

Nous avons vu au début du chapitre que Joseph Théoret, deuxième fils né du premier mariage de Jacques Théoret, avait épousé Marie-Joseph Massy en 1874, qu'il avait acheté une terre située sur le lot cadastral no 132 en 1816(5), établissant ainsi les assises de la branche des Théoret du nord de l'île.

Joseph Théoret et Marie-Joseph Massy eurent quatorze enfants, dont la moitié moururent en bas âge. Trois filles se marièrent, mais elles ne présentent pas beaucoup d'intérêt en ce qui concerne la descendance dans l'île Bizard. Trois garçons se marièrent aussi. Le plus jeune, Arsène, alla s'établir à Sainte-Geneviève.

Joseph, l'aîné des garçons, épousa en 1812 Angélique Paiement. En 1851, ils exploitaient une terre de 60 arpents dont 51 étaient en culture. Leur récolte et leur cheptel figurent au tableau de la page 104.

Joseph Théoret eut l'honneur d'être l'un des trois premiers marguilliers de la paroisse Saint-Raphaël, au moment de sa fondation. Il eut donc à s'occuper de l'érection de la première église. Lui et sa femme habitaient la maison de pierre située à l'entrée du pont de l'île Bizard. Ils sont les ancêtres d'une branche importante de la famille Théoret, comprenant entre autres les descendants de Bernard Théoret. Ils eurent 14 enfants, onze survécurent et dix se marièrent, parmi lesquels quatre filles. Deux épousèrent des Legault dit Deslauriers. Une autre, Esther Clophée, épousa Joseph Bouin dit Dufresne, fils de Jean-Baptiste, de Saint-Benoît, l'ancêtre de la famille Dufresne de l'île Bizard; Joseph Dufresne et Esther Clophée Théoret durent hériter de la maison de pierre et de la terre no 79 dont ils étaient les propriétaires en 1877; la maison est encore connue sous le nom de maison Dufresne. Enfin, la quatrième, Christine, fille de Joseph Théoret et Angélique Paiement, garda le nom de Théoret puisqu'elle épousa Joseph Théoret, fils de Joseph et de Geneviève Viau de Pointe-Claire.

Parmi les garçons, l'aîné Benjamin épousa Christine Dubeau et s'établit dans l'île Bizard où il exploitait une terre en 1851, mais il dut quitter l'île peu de temps après cette date. Le deuxième, Antoine, marié à Eulalie Poudrette dit Lavigne, n'eut aucun enfant né dans l'île; cependant, par un article paru dans La Patrie le 16 janvier 1937, on sait que ce couple eut neuf enfants, dont huit vivaient encore au moment où l'article fut écrit; c'était un cas remarquable de longévité; ces huit personnes comptaient ensemble 661 ans. Tous vivaient en Ontario, sauf le dernier, Joseph Théoret, âgé de 75 ans, qui vivait à Verdun. La plus vieille était âgée de 92 ans. L'inspecteur de police, Alfred Bélanger, qui était alors en charge de la circulation à Montréal, était le fils d'une demoiselle Théoret, mariée à Joseph Bélanger et vivant à la Chute-à-Blondeau en Ontario. Il existe donc toute une branche de Théoret, en Ontario ou à Verdun, qui descend de Joseph Théoret et Angélique Paiement de l'île Bizard, par leur fils Antoine.

Nous arrivons à Bernard Théoret (1819-1891), marié à Émilie Boileau en 1841. En 1851, ils exploitaient une terre de 76 arpents dont 68 étaient en culture. On peut voir leur récolte et leur cheptel au tableau de la page 104. Bernard Théoret fut marguillier de 1870 à 1873. Il avait eu treize enfants, mais une grave maladie dut frapper la famille vers les années 1862 à 1864; elle perdit en effet six enfants en l'espace de deux ans, dont les trois filles aînées âgées de 19 à 21 ans. Une seule fille survécut, Mélina qui épousa en 1877 Casimir Cardinal, fils d'Augustin Cardinal et d'Angèle Théoret, devenant ainsi la grand'mère d'Armand, Léo et Lionel Cardinal. Isaïe épousa Nathalie Martin, fille de Sévère Martin et Julie Prézeau; celle-ci mourut jeune et il se remaria en 1888 avec Rachel Legault, fille d'Herménégilde. Aucun enfant ne naquit dans l'île.

Parmi les garçons de Bernard Théoret, nous trouvons ensuite Eusèbe, marié avec Zéphirine Théoret, fille de Thomas Théoret de Sainte-Geneviève. Eusèbe Théoret fut commissaire d'école de 1894 à 1898, conseiller municipal de 1903 à 1909 et marguillier de 1914 à 1917.

Son fils Siméon épousa en 1905 Alma Théoret, fille de Vitalis et d'Alexina Lavallée, qui vit encore. Siméon Théoret fut commissaire d'école de 1911 à 1914, conseiller municipal de 1920 à 1926 et marguillier de 1929 à 1932. Siméon et Alma Théoret sont les parents de Rodolphe et Rhéaume Théoret, bien connus dans l'île, de Roger et Roland Théoret, ce dernier exerçant la profession de notaire, ainsi que de Céline Théoret, qui fut institutrice dans l'île de 1935 à 1946 et de Béatrice Théoret, mariée à Lucien Charron, qui éleva M. Claude Charron, le député actuel de Saint-Jacques.

Bernard Théoret (6e génération) eut un autre garçon, Adélard, qui épousa en 1886 Émilia Théoret, fille de Maxime ( Tableau II). Adélard Théoret joua un rôle très actif au niveau local. Il fut en effet commissaire d'école de 1897 à 1903, ayant occupé le poste de président de 1899 à 1902, il fut aussi conseiller municipal de 1904 à 1907 et marguillier de 1926 à 1929. Il eut treize enfants, dont Ozias qui fut conseiller municipal en 1926 et de 1928 à 1942; marié à Alzire Sénécal, il n'eut pas d'enfants. Arthur n'eut pas d'enfants non plus et Henri resta célibataire. Patrick et Josaphat s'établirent à Montréal. Maria épousa Aimé Labrosse; ce fut la mère de Mme Réal Théoret et de Mme Arthur Trudel. Clara épousa Wilfrid Saint-Pierre en 1923 et elle vit encore dans l'île. Enfin, Marie-Anne épousa Joseph Proulx et devint la mère d'une nombreuse famille dont la plupart des membres sont établis dans l'île (voir Famille Proulx Tableau III ).



Revenons maintenant au niveau de la sixième génération. Nous passerons rapidement sur Félix marié avec Marie Osanne Théoret et sur François-Xavier marié avec Émilie Meloche, car ils n'ont pas donné naissance à une branche importante. Nous arrivons ainsi à Venant ou Venance Théoret, marié avec Marcelline Janvry en 1848. Le recensement de 1851 indique que Venant Théoret occupait alors une exploitation située près de celle de son père et comprenant 57 arpents dont 45 étaient en culture. Il fut marguillier de 1873 à 1876. En 1877, il exploitait la terre no 78. Il eut 18 enfants, mais en perdit sept en bas âge. Un seul d'entre eux semble s'être établi dans l'île, Venant marié à Marcelline Brosseau. Celui-ci fut conseiller municipal de 1873 à 1876, commissaire d'école de 1883 à 1886 et marguillier de 1888 à 1891. Deux de ses garçons se marièrent et s'établirent à Montréal.

Toujours au tableau III), nous allons maintenant considérer la branche issue de Toussaint Théoret, marié avec Marie-Agathe Labrosse dit Raymond en 1816. Celle-ci était la fille de Jacques Labrosse, l'un des ancêtres de la famille Raymond dit Labrosse de l'île Bizard (voir Famille Labrosse dit Raymond Tableau I).

Le 23 mars 1818, Joseph Théoret père et Marie-Joseph Massy firent donation(6) à leur fils Toussaint et à sa femme, Marie-Agathe, d'une terre de trois arpents de front sur vingt arpents de profondeur, tenant devant au lac des Deux-Montagnes, au nord-est à Hyacinthe Clément et d'autre côté à Amable Claude. Or, on sait qu'à cette date la terre où se trouve située la maison de pierre de la famille Théoret au nord de l'île appartenait à Jacques-Amable Claude. La terre donnée à Toussaint Théoret se trouvait donc juste à côté, plus à l'est. C'était la propriété achetée par son père en 1816. La donation fut faite en contre-partie d'une rente viagère due à Joseph Guitard, ainsi qu'une somme de 450 livres chacun, à son frère Arsène et sa soeur Christine.

Lors du recensement de 1831, Toussaint Théoret exploitait une terre de 60 arpents, dont 58 étaient en culture. On peut voir leur production agricole et leur cheptel au tableau de la page 80.



Le 10 novembre 1832, Toussaint Théoret et sa femme firent l'acquisition(7) de la juste moitié nord-est d'une terre de 60 arpents située à côté de la leur, avec une maison et autres bâtiments construits dessus, le tout pour la somme de 5000 livres. Or, c'est sur cette moitié de terre que se trouve située la maison de pierre actuelle au coin de la rue Théoret (no 1883, chemin du Lac). Dans l'acte de vente de 1832 et d'autres actes notariés précédents qui remontent jusqu'en 1814 et où il était question d'une maison sur cette terre, on ne précisait pas si la maison était de pierre ou de bois. Étant donné la période de construction d'autres maisons de pierre au nord de l'île, nous supposons que celle-ci aurait été construite après l'acquisition par Toussaint Théoret et Agathe Labrosse, donc entre 1832 et 1847. Depuis lors, elle a toujours appartenu à la famille Théoret jusqu'en 1962.

Toussaint Théoret fut marguillier de 1862 à 1865. Il eut onze enfants, dont Toussaint, l'aîné, d'abord marié à Esther Janvry, puis avec Angélique Filion. En 1851, celui-ci était établi sur une terre de 90 arpents, dont 82 étaient en culture (voir tableau à la page 104). N'ayant eu qu'un seul garçon, celui-ci prit encore le prénom de son père et grand-père, Toussaint, et il épousa en 1859 Edwige Paquin, fille de Hyacinthe. Toussaint Théoret fils fut conseiller municipal de 1879 à 1882, commissaire d'école de 1877 à 1878 et de 1899 à 1901, et marguillier de 1892 à 1895.

Sur les dix enfants de Toussaint Théoret et Edwige Paquin, cinq moururent jeunes. Adèlneige épousa Napoléon Théoret, notaire.



Hector, cultivateur, épousa Léonie Nantel en 1884; il fut commissaire d'école de 1907 à 1910, ayant été président de 1908 à 1909, marguillier de 1919 à 1922, conseiller municipal de 1914 à 1916 et maire de 1916 à 1917; sa femme, Léonie Nantel, fut l'organiste de la paroisse pendant vingt ans; elle fut aussi présidente des dames de Sainte-Anne; ce furent les parents d'Eva Théoret (Mme Ovide Lecavalier) qui présidait à titre de doyenne le dîner du bon vieux temps donné dans l'île en 1974.

Enfin, Vitalis Théoret épousa en 1882 Alexina Lavallée de Saint-Joseph-du-Lac qui n'avait encore que seize ans. En cette occasion, son père lui acheta la terre no 136 avec la maison de pierre qui s'y trouve encore au numéro 1799 du chemin Bord du lac. Vitalis Théoret et Alexina Lavallée eurent douze enfants. Parmi les filles, Alma épousa Siméon Théoret dont nous avons déjà parlé. Blanche épousa Joseph Couvrette de Sainte-Dorothée et donna naissance à douze enfants, dont M. Origène Couvrette qui monta une entreprise d'autobus scolaires dans l'île Bizard. Albertine épousa M. Félix Raymond dit Labrosse qui fut forgeron au village pendant quinze ans, au coin des rues Cherrier et de l'Église. Elle fut la mère de six garçons dont cinq sont mariés; deux d'entre eux sont des commerçants bien connus à Sainte-Geneviève: Gérard qui y tient une quincaillerie et Gaétan qui dirige le magasin 5-10-15. Mme Félix Raymond habite encore l'île Bizard. Aurore est restée célibataire après s'être dévouée pour prendre soin de ses vieux parents; elle habite encore l'île Bizard.

Parmi les fils de Vitalis Théoret, Albert épousa Elphéa Brunet de Pointe-Claire; il est hôtelier à Montréal. Hormidas épousa Régina Laporte et Léo, marié avec Marguerite Chénier, habite Saint-Hermas. Georges se maria avec Marie-Jeanne Payment et prit la succession de son père pour la terre no 136 et la maison de pierre qu'il habita lui-même pendant un certain temps, puis il la vendit, mais sa fille, Mme Philippe Clermont, possède encore une partie des terres familiales sur le lot no 136.

Le deuxième fils de Toussaint Théoret et Agathe Labrosse (6e génération) était Bernard; celui-ci épousa en 1846 Marie Poudrette dit Lavigne, fille de Jacques Poudrette et soeur de la femme de son cousin Antoine parti pour l'Ontario et dont nous avons parlé précédemment; il semble bien que Bernard soit aussi parti pour l'Ontario où l'on retrouve, nous a-t-on dit, des descendants du petit Bernard Théoret que l'on croit être le frère d'Arsène.

Quant au troisième fils, Casimir, il était encore mineur quand son père lui fit donation(8), le 11 août 1847, d'une terre d'environ un arpent et demi de largeur sur vingt arpents de profondeur, sur laquelle se trouvait une maison en pierre, dont les donateurs se réservaient la jouissance, ainsi que de la laiterie y attenant. Il n'y a pas de doute qu'il s'agissait de la moitié de terre dont il a été question précédemment. L'acte de donation comporte de nombreuses clauses et conditions, notamment:
1) le paiement d'une rente viagère due à François Massy, dont nous avons déjà fait mention à la page 81.
2) une rente viagère au profit des donateurs (voir p. 81);
3) les donataires devront fournir aux donateurs une bonne fille qu'ils nourriront et entretiendront; ils devront:
4) prendre bien soin de leurs père et mère quand ils seront malades ou infirmes;
5) atteler et dételer les chevaux des parents et amis qui viendront visiter les donateurs, et les soigner avec leur fourrage;
6) faire dire quatre messes chantées et vingt-quatre messes basses pour le repos de l'âme de chacun des donateurs, après leur décès;
7) loger leur frère Arsène dans la maison de pierre jusqu'à ce qu'il se marie.

On peut voir au tableau de la page 104, la récolte et le cheptel de Casimir Théoret en 1851.

Le 29 janvier 1852, Arsène Théoret, le plus jeune garçon de la famille, s'apprêtait à son tour à prendre femme. Celle qu'il convoitait était la petite-fille de Pierre Brayer dit Saint-Pierre et Françoise Boileau (voir Famille Brayer dit Saint-Pierre Tableau I). Voici la dot qu'elle recevait en cette occasion: un lit de plume tout garni, une brebis, six poules et un coq, une armoire de six pieds et demi de hauteur, une table, une huche, un banc à seaux, un lave-mains, six chaises, six couteaux, six fourchettes et six cuillères, six assiettes, un canard, une théière, un pot à boire.



Quant aux parents de l'époux, ils donnèrent(9) à Arsène Théoret, leur fils, une terre de trois arpents de front sur vingt arpents de profondeur, du côté du lac des Deux-Montagnes, à côté de celle de Casimir Théoret (au nord-est). Il s'agit donc encore de la première terre exploitée à cet endroit par Joseph Théoret et Marie-Joseph Massy, sur le lot cadastral no 132. La rente viagère consistait en un demi-minot d'oignons et une tresse d'ail, 60 livres en argent, un agneau gras à la Saint-Michel tous les deux ans, trois couples de gros poulets, 15 livres de sucre du pays, douze douzaines d'oeufs, une bonne vache laitière vêlée du printemps et hivernée par le donataire et huit cordes de bois. D'autres conditions étaient aussi attachées au contrat concernant la fourniture d'un cheval et d'une voiture, et autres services de ce genre.

Les vieux jours de Toussaint Théoret et de sa femme étaient donc assurés. Leurs filles étaient aussi mariées. L'une d'elles, Angèle, avait épousé Augustin Cardinal, devenant l'ancêtre de la plus importante branche des Cardinal de l'île (voir Famille Cardinal Tableau I). Une autre, Hélène, avait épousé Jean-Baptiste Proulx dit Clément de Saint-Benoît qui pourrait être le témoin de Globensky concernant la bataille de Saint-Eustache (voir p. 88).

Qu'arriva-t-il entre-temps à leur fils Casimir établi dans la maison de pierre? Il avait du vendre sa propriété à son frère Arsène vers 1855, pour aller s'établir à Sainte-Justine de Newton, Québec, où il a laissé des descendants.

Lors de rétablissement du cadastre en 1877, Arsène Théoret possédait à lui seul les 200 arpents du lot 132. Il fut marguillier de 1875 à 1878 et vécut jusqu'en 1913.

Son fils Vitalis hérita de la maison de pierre et de la terre sur laquelle elle était construite. Il avait épousé en 1874 Célina Wilson, fille de John Wilson et Marguerite Poudrette dit Lavigne. Voici ce que celle-ci apporta en mariage(10): un lit de plume tout monté et garni, une armoire, une table, six chaises, un banc de seaux, deux seaux ferrés, une cuvette, une laveuse, 12 assiettes, 12 tasses, 12 soucoupes, une théière, un sucrier, un pot à lait, deux plats de faïence, 12 couteaux, 12 fourchettes, 12 cuillères, une soupière, un chaudron, un canard, une saucepanne, une poële à frire, un potager, 12 vases à lait de fer blanc, un pot à boire, deux fers à repasser, une huche, une autre armoire, un rouet, un balai, une vache, trois brebis, un cochon maigre, six poules et un coq, ainsi qu'une génisse de deux ans, plus une somme d'argent.

Vitalis Théoret, fils d'Arsène, fut marguillier de 1899 à 1902, commissaire d'école de 1901 à 1902 et conseiller municipal de 1905 à 1908. Il eut 12 enfants de sa première femme qui mourut à l'âge de 31 ans. Vitalis Théoret resta longtemps seul, mais sur ses vieux jours, il décida de se remarier avec Virginie Madran. Selon nos informations, Vitalis Théoret aurait été le premier propriétaire d'une automobile dans l'île Bizard.



Trois filles de Vitalis se marièrent. Blanche devint Mme Ozias Cardinal (voir Famille Cardinal Tableau I), Bertha épousa Félix Pilon et Alexina dite Minette épousa Gatien Claude (voir Famille Claude Tableau I). Cinq garçons se marièrent aussi. L'aîné, Raoul, épousa Ida Martin, fille de Gilbert et Adèle Boileau. Il fut commissaire d'école de 1913 à 1918, marguillier de 1928 à 1931 et maire de l'île Bizard de 1930 à 1937. Il fut aussi préfet du comté de Jacques Cartier. Cultivateur, il habitait la maison de pierre ancestrale, au numéro 1883, Bord du Lac. Aimé Théoret, son fils, fut commissaire d'école de 1945 à 1954, ayant été président de la Commission scolaire de 1953 à 1954; il fut aussi conseiller municipal de 1947 à 1949. Lionel Théoret, son frère, fut conseiller municipal de 1956 à 1958; il exerce encore le métier de cultivateur, se consacrant surtout aux tomates et aux fraises, et, bien qu'il possède un outillage mécanique, il aime encore à employer son cheval pour les travaux des champs. Les autres fils de Raoul Théoret, Onil et Elie, ont quitté l'île. Enfin, Hermine, la seule fille, épousa M. Aurèle Boileau, fils de Damien, en 1946. Pendant longtemps, ces derniers passèrent leur été dans l'île.

Vitalien Théoret, autre fils de Vitalis, eut deux enfants nés dans l'île, mais il s'établit ensuite à Verdun. Avila épousa Adouilda Paquin de Saint-Placide; ils eurent un garçon, Armand, établi à Sainte-Geneviève, mais une de leur fille, Irène, mariée à M. Paul Lorrain, habite l'île Bizard.

Albert Théoret, fils de Vitalis, marié en 1912 avec Anna Sénécal, fut le chef d'une très nombreuse famille, la plus grande de l'île Bizard à l'époque, dit-on; elle comprend quinze enfants dont la plupart sont établis dans l'île ou dans la région. Albert Théoret fut commissaire d'école de 1935 à 1938. Sa femme, Anna Sénécal, est décédée en 1974 à l'âge de 85 ans. Ce furent les derniers descendants de la famille Théoret à cultiver les terres originaires des Théoret du nord de l'île, c'est-à-dire la partie est du lot 132, à l'endroit où devait se trouver leur première maison, là où habite encore la fille d'Albert Théoret, Mme Gisèle Brosseau, au numéro 1903, Bord du Lac. La maison et la terre ont été vendues au club de golf Royal Montréal. On peut voir au Tableau III les fils et petits-fils mariés d'Albert Théoret.

Parmi les autres fils d'Arsène Théoret et Marcelline Brayer dit Saint-Pierre (6e génération), Palma marié à Albina Ladouceur s'établit à Sainte-Geneviève où il eut aussi une très nombreuse famille. Enfin, Abraham monta une beurrerie à Sainte-Geneviève, à l'endroit où se trouve actuellement le salon mortuaire. Ce fut le père de M. Georges Théoret, commerçant bien connu à Sainte-Geneviève, et le grand-père de M. André Théoret, maire de Sainte-Geneviève de 1960 à 1963 et de Pierrefonds de 1966 à 1969.

tableau IV

Nous avons vu dans la première partie du présent chapitre que Louis Théoret, fils né du deuxième mariage de Jacques-Amable avec Catherine Lefebvre, avait reçu en donation une terre de trois arpents de front sur vingt-quatre arpents de profondeur, en contre-partie d'une rente viagère payable à ses parents.

Louis Théoret, né le 3 mai 1774, épousa le 19 janvier 1790 Marguerite Brayer dit Saint-Pierre, fille d'Eustache Brayer et de Marguerite Nadon. Il n'avait donc pas 16 ans à son mariage, ce qui est assez étonnant, car les garçons se mariaient habituellement plus tard que les filles. Leur premier-né naquit au mois d'octobre 1790 et ils eurent en tout 15 enfants, mais sept moururent en bas âge.

En 1815, l'aîné des enfants de Louis Theoret, qui portait aussi le prénom de Louis, se maria avec Thérèse Proulx, fille de Jean-Baptiste et de Josephte Perreault. En cette occasion, son père lui fit don d'une terre de deux arpents de front sur quarante-deux arpents de profondeur, située à côté de celle qu'il exploitait. La donation fut faite en contre-partie de la rente viagère suivante(11): 20 minots de blé, 12 minots de pois, 10 minots d'avoine, deux veltes de rhum, cinq cordes de bois franc, un agneau, le tout livrable en décembre chaque année. Cette rente viagère dut finir par coûter cher au fils, car Louis Théoret père vécut jusqu'en 1864. Le fils mourut d'ailleurs dix ans plus tard. Il est vrai qu'il n'avait que seize ans de différence avec son père.

En 1831, Louis Théoret (père ou fils?) exploitait une terre de 128 arpents, dont 108 étaient en culture, du côté sud de l'île Bizard. On peut voir sa production agricole et son cheptel à la page 80. En 1851, Louis Théoret fils exploitait une terre de 80 arpents dont 64 étaient en culture. Son fils Charles, marié à Émilie Poudrette dit Lavigne, exploitait lui-même une terre de 117 arpents, dont 99 étaient en culture. Comme celui-ci n'a pas laissé de descendants dans l'île, nous ne nous y arrêterons pas.

Passons donc au deuxième fils de Louis Théoret et Marguerite Brayer dit Saint-Pierre, Eustache né en 1796. C'est celui-ci que son père engagea en 1815 au traversier Jean-Baptiste Massy, qui effectuait le service de bac entre l'île Bizard et Sainte-Geneviève (voir chapitre des bacs et traversiers). En 1820, Eustache Théoret épousa Marguerite Labrosse, fille de Jacques Labrosse, ancêtre de la famille Raymond dit Labrosse. Parmi leurs neuf enfants, deux garçons se marièrent, Louis et Eustache, mais tous deux semblent avoir quitté l'île vers les années 1860-1870. Le troisième fils de Louis Théoret, Étienne, quitta aussi l'île vers le milieu du siècle dernier.

Voyons maintenant la branche de Joseph Théoret (1804-1891), marié en 1826 à Marguerite Prézeau. C'est la plus importante dans l'île pour les descendants de Louis Théoret et Marguerite Brayer dit Saint-Pierre.

Joseph Théoret, fils de Louis, fut l'un des premiers marguilliers de la paroisse Saint-Raphaël de l'île Bizard, de 1840 à 1843. En 1851, il exploitait une terre de 180 arpents, dont 152 étaient en culture; on peut voir sa production agricole et son cheptel à la page 104. Nous avons la chance de disposer d'une photo de Joseph Théoret et de Marguerite Prézeau; ce sont les plus anciennes photos que nous ayons retrouvées. Ils eurent dix enfants dont sept survécurent au bas âge. Leur fille aînée, Émilie, épousa Jules Boileau, fils de François, elle fut donc la grand-mère de Trefflé Boileau. Une autre fille, Philomène, épousa Maxime Théoret en 1856, mais elle mourut trois ans plus tard sans laisser de descendant.

Venant, fils de Joseph, épousa en 1857 Christine Théoret qui mourut en 1866; il se remaria alors avec la soeur de cette dernière, Célanie. Deux garçons étaient nés du premier mariage, Wilfrid, qui fut médecin, et Trefflé qui fut ordonné prêtre le 26 mars 1887. Du deuxième mariage, naquit un seul garçon, Valérie, qui épousa sa cousine, Alexina Théoret, fille de Louis-Roch Théoret et de Philomène Cardinal; Valérie Théoret fut commissaire d'école de 1901 à 1904 et de 1910 à 1913; il fut conseiller municipal de 1901 à 1904 et de 1916 à 1918, ayant occupé le poste de maire de 1912 à 1916. Enfin, une fille, née du deuxième mariage de Venant Théoret, épousa Joseph Paquin, fils d'Emery de Saint-Joseph-du-Lac; ce sont les parents de Mme Lionel Théoret. La branche descendant de Venant Théoret s'arrête à la septième génération, Valérie Théoret n'ayant pas eu d'enfants. Il occupait la terre no 34 qu'il céda ensuite à Vitalien Théoret.

Louis-Roch ( 1835-1916), aussi fils de Joseph, épousa, le premier octobre 1855, Philomène Cardinal, fille de Joseph Cardinal et Marguerite Sauvé. Il fut conseiller municipal de 1878 à 1881 et marguillier de 1891 à 1894. Louis-Roch Théoret et Philomène Cardinal eurent douze enfants, dont quatre moururent en bas âge. Deux filles épousèrent deux fils de Joseph Sauvé et Adéline Saint-Pierre: Cordélia se maria en effet avec Albert Sauvé en 1886 et Philomène épousa Thimothée Sauvé deux ans plus tard, en 1888. Alexina épousa Valérie Théoret comme nous l'avons vu. Parmi les garçons, Napoléon épousa Célina Leroux, Trefflé épousa Artilie Lauzon; il fut conseiller municipal de 1917 à 1920 et de 1921 à 1923. Euclide fit une carrière remarquable à Beauharnois et il eut l'insigne honneur de se voir décerner le titre de Commandeur de l'Ordre de Saint-Alexandre-le-grand, par le pape Pie XII. On trouvera sa biographie à la fin du présent chapitre.



Enfin, l'aîné de la famille que nous avons laissé volontairement en dernier, Joseph (1856-1928), épousa en 1883 Exérine Poudrette dit Lavigne, fille de François-Xavier et Marcelline Poudrette. Il est le seul à avoir laissé une descendance dans l'île. Avec sa femme, ils fondèrent une famille de seize enfants, mais huit moururent en bas âge et deux autres à l'âge de 25 et 29 ans. Il restait donc quatre filles et deux garçons qui tous se marièrent, mais seul Vitalien présente de l'importance quant à la descendance dans l'île.

Vitalien Théoret (1883-1973) épousa en 1907 Maria Boileau, fille de Napoléon Boileau et d'Emma Sénécal. Mais dès avant cette date, vers 1900, il avait pris en charge l'exploitation de son père qui, sa santé étant compromise, avait vu en son fils un travailleur fort et infatigable. L'acceptation d'une telle responsabilité n'était pas une mince tâche, car, à ce moment-là, les grands-parents de Vitalien Théoret vivaient encore, de même que son père et sa mère, ses frères et soeurs. Il est inutile d'énumerer les engagements et les charges que de telles responsabilités comportaient. Vitalien Théoret se mit donc courageusement à l'oeuvre, mais ce ne fut pas sans de grandes difficultés et souvent même de très dures épreuves qu'il fit face à la situation.

Vitalien Théoret et Maria Boileau eurent quatorze enfants, dont dix sont encore vivants. Ils avaient rêvé d'établir autant que possible leurs fils sur des terres, c'est pourquoi Vitalien Théoret acheta vers les années 1912 une partie du lot no 37. Quelques années plus tard, soit en 1921, il devint aussi propriétaire de la terre de son oncle, Valérie Théoret, soit le lot no 34. Il se trouvait alors à posséder quelque 225 arpents de terre, soit 40 arpents en boisé et environ 185 arpents en terre cultivable. Après une vingtaine d'années à la direction de l'exploitation, assombries par de nombreuses mortalités, Vitalien Théoret et son épouse virent enfin quelques lueurs d'espoir. Animé par la force et le courage que donne la foi, Vitalien Théoret aimait le travail, la justice et l'honnêteté. Combien de fois ne l'a-t-on entendu dire: Un homme ne devient jamais riche à être oisif ou malhonnête ou L'an prochain, tout ira beaucoup mieux. Avec son épouse qui le seconda par son travail et ses innombrables sacrifices et renoncements, ils parvinrent à faire de leur vocation une réussite stupéfiante. D'une personnalité très humble, ne recherchant aucunement les honneurs, Vitalien Théoret fut cependant commissaire d'école de 1918 à 1921 et conseiller municipal de 1924 à 1930 et de 1938 à 1946.

Les années passaient et après avoir eu à faire face aux difficultés de la crise économique des années 1930, il légua à quatre de ses fils destinés à continuer le noble travail d'agriculteur. De fait, tous leurs enfants sont demeurés dans l'île et ils sont tous propriétaires de leur maison dans les limites du village, tout près de leurs parents. Vitalien Théoret et Maria Boileau passèrent donc une vieillesse heureuse, entourés de leurs dix enfants et en particulier de leur fils Armand qui était resté célibataire. Ils ont été un des très rares couples parmi les grandes familles de l'île Bizard qui ont eu une aussi longue vie conjugale: soixante-six ans et quelques mois. Vitalien Théoret décéda en 1973 dans sa quatre-vingt-onzième année, ayant établi un record de longévité dans la famille Théoret, depuis la première génération; sa femme le suivit 17 jours plus tard, étant décédée le 10 septembre 1973. Leur vie se résume ainsi: une vie conjugale remplie de travail courageux et énergique, entièrement consacrée à leur famille, et avec la satisfaction du devoir accompli.(12)

L'aînée des filles de Vitalien Théoret, Hélène, épousa Auré Brunet en 1926; Jeanne épousa Thomas Deslauriers en 1941, mais elle mourut quatre ans plus tard; Alice épousa en 1938 Roger Claude, fils de Bénoni; celui-ci étant décédé, elle se remaria en 1946 avec son beau-frère, Donat Claude. Cécile épousa en 1948 Ildège Cuerrier et Thérèse devint Mme Émile Legault en 1949.

Émile épousa en 1939 Germaine Lecavalier; ce sont les parents entre autres de M. Jacques Théoret, directeur adjoint de la polyvalente de Pierrefonds. Antoine Théoret épousa en 1944 Madeleine Bélanger, fille de Joseph et de Florida Bélanger. Camille Théoret épousa en 1941 Émérentienne Joly, soeur de Jean-Paul Joly; une de leur fille, Denise, a épousé en 1965 Hervé Boileau, fils de René Boileau. Camille Théoret fut commissaire d'école de 1957 à 1963. Léopold Théoret épousa en 1948 Juliette Provost; il fut secrétaire-trésorier de la Commission scolaire de 1957 à 1962. Enfin, Marcel Théoret épousa Claire Bélanger en 1949; leur fils, Michel, a épousé en 1973 Diane Charron, fille de Roger Charron.

Prenons maintenant le quatrième fils de Joseph Théoret, Jacques, marié d'abord avec Rose de Lima Drouin, puis avec Marie-Amable Verdon. Il fut conseiller municipal de 1887 à 1890. Il eut cinq enfants nés du premier lit, dont trois seulement survécurent: Agnès qui épousa Ludger Paquin, maire de l'île Bizard de 1898 à 1909, Marie-Louise qui épousa François-Xavier (Francis) Boileau, médecin, et Joseph-Dieudonné qui se maria trois fois: la première fois, il épousa Mathilde Boileau, fille de Jean-Baptiste, mais elle mourut en 1906, laissant deux enfants: Joseph-Louis et Origène. En deuxièmes noces, Joseph-Dieudonné Théoret épousa une institutrice, Rose Alba Frederick; elle lui donna une fille, Noëla; puis, il épousa en troisièmes noces Alice Legault, mère de Jeanne Alice (Mme Roger Charron) et d'une autre fille, Gisèle (Mme Paul Bernier).

Joseph-Dieudonné Théoret fut conseiller municipal de 1913 à 1916, maire de 1917 à 1923 et marguillier de 1930 à 1933. Son fils, Joseph-Louis, marié en 1939 avec Gabrielle Anita Théoret, fille de Joseph-Maxime Théoret et de Maria Tessier, fut aussi commissaire d'école de 1950 à 1951 et conseiller municipal de 1953 à 1956. Son frère Origène marié avec Simonne Huberdeau quitta l'île vers les années 1940-50. Notons encore que Mme Lucien Raymond est la fille de Joseph-Louis Théoret.

Au tableau IV, il nous reste à voir la branche de Toussaint Théoret (5e génération), marié en 1832 avec Julie Boileau, fille de François et de Josephte Brazeau. Ils eurent 16 enfants, parmi lesquels deux garçons qui épouserent trois filles de Félix Proulx et Anastasie Ladouceur; en effet, l'aîné Roch étant devenu veuf de Marie Rouleau épousa Émilie Proulx en deuxièmes noces. Son frère François-Xavier avait précédemment épousé Philomène, soeur d'Émilie; devenu veuf à son tour, il épousa une troisième fille de Félix Proulx, Brazelle. Roch Théoret fut conseiller municipal en 1873; une fille de son premier mariage, Alzina, mariée à Godefroy Wilson, fut la mère d'Ovide et Georges Wilson, entre autres. Napoléon qui était notaire n'habitait pas l'île, mais il fut cependant engagé comme vérificateur des comptes de la municipalité en 1890. Enfin, Emmanuel, qui fut conseiller municipal de 1874 à 1877 et marguillier de 1900 à 1903, épousa Elmire Meloche, dont il eut 14 enfants; trois fils et quatre filles restèrent célibataires; par contre, Toussaint se maria deux fois, et Gérard Théoret ainsi que son frère Jean-Paul naquirent de sa deuxième femme. Gérard Théoret fut marguillier en 1966 et commissaire d'école de 1969 à 1971.

Ainsi se terminent les commentaires sur la nombreuse famille Théoret qui ne manque pas de descendants pour assurer sa perpétuité dans l'île Bizard.

Euclide Théoret(13) (1871-1961)

Nous avons vu qu'Euclide Théoret était le fils de Louis-Roch Théoret et Philomène Cardinal et il passa sa jeunesse dans l'île Bizard. Ayant du goût pour les études, ses parents l'envoyèrent au Collège commercial de Sainte-Geneviève où il acquit une formation qui lui permit de faire une brillante carrière dans cette voie. Euclide Théoret ne cessa par la suite de se cultiver par lui-même et devint un grand érudit.

À l'âge de 21 ans, il épousa Anna Brouillet, âgée de 18 ans qui devait lui donner 15 enfants. C'est à Beauharnois qu'il fut appelé à fonder son foyer, ayant en 1895 été engagé comme comptable par la firme J. W. Kilgour, fabricant de meubles. Trois ans plus tard, il devenait directeur de tout le personnel de l'entreprise. À ce titre, il se préoccupa beaucoup des mesures sociales et, dès 1901, mit sur pied une association de bienfaisance pour les ouvriers; il créa une caisse de retraite pour les vieux employés entièrement constituée par une contribution de l'employeur, et, plus de dix ans avant toute loi provinciale sur les accidents de travail, Euclide Théoret réussit à persuader la direction de la firme d'indemniser ses accidentés. Il se préoccupa aussi d'améliorer les conditions d'hygiène, d'aération et d'éclairage de l'usine.

Il n'est donc pas étonnant que Kilgour, au moment où il constitua une société à fonds social limité en 1910, ait invité Euclide Théoret à faire partie des administrateurs-actionnaires, à titre de secrétaire-trésorier.

C'est donc comme patron qu'Euclide Théoret affronta la crise economique de 1931. Il chercha une formule équitable pour tous et qui fut acceptée aussi bien par les directeurs que par le personnel de l'entreprise: une diminution des heures de travail sans mise à pied. Son sens social et humain commandait le respect de tout le personnel et il n'y eut jamais, sous sa direction, un seul conflit de quelque nature que ce soit. Ce fait est si singulier, écrivait l'honorable juge Saint-Georges Morisset, qu'il devait être cité en exemple à tous les industriels de la province et du pays. Euclide Théoret puisait son inspiration dans l'encyclique de Léon XIII Rerum Novarum appelée la grande charte des travailleurs.

On comprend dès lors pourquoi Euclide Théoret fut souvent cité comme un modèle de patron et pourquoi, à l'occasion de son jubilé d'or patronal, en 1947, Sa Sainteté Pie XII lui fit l'honneur de le nommer Commandeur de l'Ordre pontifical de Saint-Grégoire.

Euclide Théoret se distingua aussi dans les affaires locales à Beauharnois où il fut successivement échevin, maire, président de la commission scolaire, et enfin, fondateur et président pendant de nombreuses années de la Caisse populaire. Il fut aussi président de la Ligue du Sacré-Creur et des Anciens Retraités de la Maison du Christ-Roi.

Sa générosité envers les oeuvres charitables et missionnaires et sa charité envers les pauvres sont devenues légendaires. Pendant les années de la crise économique, sa maison accueillait en moyenne deux ou trois chômeurs par jour pour les repas.

Élever une famille de quinze enfants dont tous devaient faire des études supérieures, voilà qui paraît de nos jours absolument impossible ou insensé. De quels principes Euclide Théoret et son épouse se sont-ils inspirés pour accomplir un pareil exploit? Une foi à transporter les montagnes, en tout premier lieu, et, en second lieu, l'esprit de sacrifice. En 1925, par exemple, certains ouvriers possédaient leur automobile, mais le patron n'en avait pas: il avait cinq enfants pensionnaires dans les couvents et collèges de Montréal.

Euclide Théoret prit sa retraite à l'âge de 84 ans, mais pour continuer à être utile, il ouvrit à son domicile un bureau de perception de mauvais comptes, ce qui lui permit de rendre service à de pauvres gens. Il s'était organisé de la sorte la plus belle vieillesse qui soit: il resta jeune, actif et bienfaisant jusqu'à la dernière minute de sa vie, quelques mois avant de célébrer son quatre-vingt-dixième anniversaire.

Sa vie se résume en ces trois mots qui expliquent son succès: un homme courageux et énergique, un père et un patron entièrement dévoué à ses enfants et à ses employés, et un chrétien convaincu.




(1) Dict. biog. du Canada.
(2) Notaire Hodiesne.
(3) Notaire Louis Joseph Soupras.
(4) Notaire Louis Joseph Soupras.
(5) Notaire Gagnier 19/3/1816
(6) Notaire J. Payment
(7) Notaire Berthelot.
(8) Notaire Hyacinthe Brunet
(9) Notaire Hyacinthe Brunet. 29/1/1852
(10) Notaire Hyacinthe Brunet. 23/7/1874
(11) Notaire Louis Thibodeau, 6/8/1815.
(12) Les notes relatives à la vie de Vitalien Théoret nous ont été fournies par son fils, Léopold.
(13) Biographie préparée d'après les notes fournies par l'abbé Pierre Eucher Théoret, fils d'Euclide.


Depuis la mise en ligne de ce document, j'ai reçu les courriels suivants de Claude Théorêt:

  1. Premier courriel:

    Dans le tableau III je suis un des enfants de Josaphat Théorêt né le 19 avril 1908. Ce dernier s'est établi à Montréal après son mariage avec Marie-Anna Saint Pierre. Cette dernière était née le 2 août 1910 et était fille de Bruneau Saint Pierre et de Rose Gadbois. Leurs enfants furent:

    1. Laurent né 10 novembre 1932,
    2. Bernadette née le 6 mars 1934,
    3. Pierre né le 9 juillet 1937,
    4. Lise née le 23 février 1939,
    5. Murielle née le 14 juin 1940,
    6. Claude né le 10 janvier 1943, et le dernier et non le moindre
    7. Bernard né le 15 juin 1946.



  2. Deuxième courriel:

    Voici un site des Théorêt qui a été élaboré avec beaucoup d'information:






Jacques Beaulieu
jacqbeau@canardscanins.ca
Révisé le 3 avril 2018
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depuis le 9 mai 2004