Mes racines / my roots

Henri Césaire Saint-Pierre


Adéline Albina Lesieur


Napoléon Mallette


Louis Émery Beaulieu


Guillaume Saint-Pierre


Joseph Bélanger


Geneviève Saint-Pierre


Jeanne Beaulieu Casgrain


Jean Casgrain


Simone Aubry Beaulieu


Marcel Malépart


Jaque Masson


Édouard Trudeau


Rolland Labrosse


Jacques Cousineau



Recherche
de
"Mes racines"

sur
JacquesBeaulieu.Ca


Retour
à la page
initiale

de
JacquesBeaulieu.Ca
Le bon vieux temps

Le bon vieux temps
- les années 1850 -

D'après des articles parus dans le journal La Patrie en novembre 1884.


    LE BON VIEUX TEMPS

    L'auberge des Trois Rois - Le prix des vivres il y a cinquante ans - Comment on se chauffait - Une vilaine débâcle.

  1. L'auberge des Trois Rois vers 1835

    Une auberge célèbre dans le bon vieux temps était celle des Trois Rois, une maison à deux étages située à l'encoignure de la rue St-Paul et de la place de la vieille douane (aujourd'hui le département du Revenu), à l'angle en face du magasin de ferronerie de MM. Frothingham & Workman. Dans une niche pratiquée dans la mansarde de l'auberge, il y avait une grande horloge. Trois statues en fer représentaient des rois du moyen âge se tenaient sur le cadran et frappaient les heures sur des timbres fixés au dessus de leurs têtes.

    Il nous est difficile de déterminer la date de la fondation de cette hotellerie. Un citoyen octagénaire nous dit que cette maison a été fondée dans l'autre siècle par un Italien nommé Delvecchio qui y avait fait une petite fortune. L'auberge des Trois Rois était très achalandée parce qu'elle était située en face du marché. Au commencement du siècle la place de la vieille douane était le seul marché à Montréal.

    Il y a environ quarante ans l'auberge des trois rois était tenu par un Canadien-français nommé Cajetan Leblanc. Vers 1849 l'auberge se ferma et Leblanc, qui établit un musée de curiosités sur la rue St Paul entre les rues St. Jean-Baptiste et St. Gabriel, y transporta les trois rois qui continuèrent leur sonnerie sur la façade de la maison jusqu'en 1853 ou 1854. Les curiosités du musée furent alors vendues et dispersées. Nous n'avons rencontré personne qui put nous dire ce qu'étaient devenus les Trois Rois.

  2. Le prix des vivres vers 1835

    Il n'y avait pas d'abattoirs à Montréal dans le bon vieux temps, les viandes étaient apportées au marché par les cultivateurs qui les dépeçaient avant de venir en ville et les exposaient à la vente par morceaux pesés d'avance. Un bon quartier de mouton se vendait 3 trente sous, ou on avait une douzaine d'oeufs pour quinze sous, le boulanger chargeait quinze sous pour un gros pain.

  3. Le prix du bois de chauffage vers 1835

    Prolétaires qui payez aujourd'hui $6 le tonneau pour votre charbon et $5 ou $6 la corde pour le bois de chauffage, vos grands pères chauffaient leurs résidences pour la modique somme de $6 par année. Ils allaient au bord de l'eau et là pour $3 ils achetaient un "dessous de cage" qui leur donnait assez de bois pour tout l'hiver. Ils dépensaient ensuite $3 pour transporter, scier et fendre ce bois.

  4. Le prix et la rareté de plusieurs articles vers 1835

    Si le combustible était à bon marché dans le bon vieux temps, les poêles étaient beaucoup plus chers qu'aujourd'hui.

    Il n'y avait pas de fonderie dans le bas Canada et les poêles s'importaient d'Angletere. Un poêle à deux étages un poêle à fourneau coûtait de $40 à $50 et on n'en voyait que chez les riches. Le poêle ordinaire était en tôle.

    L'article de la chaussure doit avoir une mention spéciale. Il y a cinquante ans il n'y avait qu'un cordonnier à Montréal, un nommé Gaudry, qui tenait un magasin sur la rue St-Paul. C'était le seul endroit où il fallait aller pour une paire de bottes françaises.

    La classe aisée se chaussait avec des souliers de "beu" et les bottes françaises ne se portaient que le dimanche et les jours de fête. La paire de bottes qu'on achetait à quinze ans devait durer toute la vie. Plusieurs citoyens ont inséré dans leur testament une clause par laquelle ils léguaient une paire de bottes à leurs enfants. La chapellerie n'était représenté à Montréal que par un seul négociant nommé Ricard, rue St Paul.

  5. Une vilaine débâcle vers 1845

    Il y a environ quarante ans il y eut une vilaine débâcle à Montréal. L'eau monta avec beaucoup de rapidité, des banquises de glace énormes furent poussées sur les maisons de la rue des commissaires, en face du marché Ste Anne et au coin de la rue McGill. L'amas de glaces était ellement élevé que plusieurs personnes qui se trouvaient dessus écrivirent leurs noms sur les gouttières de maisons ayant deux étages. Un entrepôt fut rasé et le gardien y perdit la vie. L'eau avait complètement submergé la rue St Paul et avait envahi des écuries de louage dans le soubassement du théâtre Molson. Le théâtre Molson était situé là où est aujourd'hui l'aile-est du marché Bonsecours. Pour sauver les chevaux on dût les hisser avec des cordes à travers le plancher du théâtre.

    Une belle goélette qui faisait le service entre Montréal et les ports du golfe avait été surprise par les glaces au commencement de l'hiver précédent. Lorsque vint la débâcle, les glaces la charroyèrent sur la place Jacques Cartier et elle s'échoua à l'entrée de la rue St Paul, où elle interrompit la circulation pendant environ huit jours. La goélette fut placée sur un lit et relancée dans le St-Laurent sans avoir essuyé d'avaries.

    La Patrie, vendredi 7 novembre 1884, page 4.





Jacques Beaulieu
jacqbeau@canardscanins.ca
Révisé le 3 avril 2018
Ce site a été visité 12159380 fois
depuis le 9 mai 2004