Mes racines / my roots

Henri Césaire Saint-Pierre


Adéline Albina Lesieur


Napoléon Mallette


Louis Émery Beaulieu


Guillaume Saint-Pierre


Joseph Bélanger


Geneviève Saint-Pierre


Jeanne Beaulieu Casgrain


Jean Casgrain


Simone Aubry Beaulieu


Marcel Malépart


Jaque Masson


Édouard Trudeau


Rolland Labrosse


Jacques Cousineau



Recherche
de
"Mes racines"

sur
JacquesBeaulieu.Ca


Retour
à la page
initiale

de
JacquesBeaulieu.Ca
Joubert (1842) et Masson (1803)

Le bon vieux temps
Ambroise Joubert et Joseph Masson

D'après un article paru dans le journal La Patrie en novembre 1884.


    LE BON VIEUX TEMPS

    Enterrement d'un ancien chef de police et d'un patriote de 1837 - Le premier millionnaire Canadien-Français - Son arrivée à Montréal en 1803.

  1. Ambroise Joubert, chef de police à Montréal en 1842

    Ce matin on a porté au cimetière de la Côte des Neiges les restes d'un patriote de 1837. On remarquait dans le cortège funèbre une vingtaine de septuagénaires et d'octogénaires qui avaient pris une part active à la rébellion. Le défunt s'appelait Ambroise Joubert et il était âgé de plus de quatre ingts ans.

    Joubert avait été un des Fils de la Liberté et il avait plus d'une fois payé de sa personne dans leurs luttes héroïques contre les partisans de l'oligarchie britannique. En 1838 il fut fait prisonnier et exilé aux Bermudes. Après l'amnistie il revint à Montréal où il fut nommé chef de police en 1842. Le traitement de cet officier était alors tellement maigre qu'il donna sa démission pour devenir huissier du département du trésor, charge qu'il occupa jusqu'au moment de sa mort. M. Joubert laisse une réputation de bon citoyen et de bon chrétien.

    Paix aux cendres du vieux patriote.

  2. Joseph Masson, arrivé à Montréal en 1803

    Dans le printemps de 1803 un gamin de douze ans portant dans un mouchoir rouge toute sa fortune composée d'une couple de chemises, de deux mouchoirs de deux paires de chaussettes et d'une paire de bottes françaises, descendait la Côte des Neiges. Il était exténué pour une longue marche sur des routes mal entretenues. Lorsqu'il fut rendu au pied de la côte près de la rue Sherbrooke, il s'arrêta et s'assit sur une grosse pierre. L'enfant ôta ses gros souliers de "beu," et se chaussa avec ses bottes françaises. Il mit ses vieux souliers dans le mouchoir qui renfermait toute sa garde robe. Il regarda pendant quelques minutes la ville de Montréal où il s'était décidé de chercher fortune. L'enfant était bien fatigué, car il venait de faire à pied le trajet entre St-Eustache et Montréal. Quelques jours auparavant un des plus riches négociants de Montréal était venu faire une "partie de sucre" à St-Eustache. Le marchand avait demandé à un de ses amis du village s'il ne pouvait pas lui trouver un jeune homme honnête et laborieux, pour l'engager comme messager dans son magasin. Celui à qui il s'adressait était le parrain de l'enfant et il recommanda chaudement son filleul.

    Il fut alors entendu que Joseph (c'était le nom de l'enfant) aurait la place et qu'il serait envoyé à Montréal la semaine suivante. Il fallait ces huit jours au petit "habitant" pour se monter une garde-robe convenable pour ses nouvelles occupations. Joseph après s'être reposé quelques instants, reprit sa marche. Il passa par la rue de la Montagne, s'engagea dans la rue St-Joseph et se rendit à un magasin de la rue St-Paul, près de la rue St-Jean-Baptiste. Ce magasin était celui de M. Robertson, importateur considérable. Joseph entra en fonctions immédiatement. C'était lui qui balayait le magasin, allumait et entretenait les feux, faisait les commissions et se rendait généralement utile dans la maison. Son patron ne tarda pas à découvrir chez l'enfant une intelligence extraordinaire. Il était laborieux, et il montrait déjà une aptitude merveilleuse pour les affaires.

    L'éducation de Joseph était pratiquement nulle, ses connaissances étant bornées à l'alphabet. Au lieu de s'amuser avec ses compagnons et de contracter des habitudes de dissipation, il donnait à l'étude le temps dont il pouvait disposer après ses heures de travail. Il fréquentait assidument les écoles du soir où il puisa les connaissances nécessaires à un jeune homme qui cherche fortune dans le commerce.

    A l'âge de quinze ans Joseph qui possédait la confiance de son patron fut nommé commis. En cette qualité il fit preuve d'un talent et d'un tact extraordinaire comme vendeur. Tous les ans son traitement était augmenté. A vingt ans il devenait teneur de livres de l'établissement. Plus tard c'est lui qui faisait les achats en Europe.

    Un jour la maison Robertson eut des embarras financiers. Les créanciers d'Angleterre et d'Ecosse entrèrent en arrangement avec M. Robertson à condition qu'il prit deux associés. Parmi ces associés était Joseph dont le génie mercantile faisait déjà l'admiration de tous les négociants de Montréal.

    Joseph se rendit ensuite en Angleterre et paya intégralement toutes les créanciers. Cet acte d'honnêteté valut à Joseph un éclatant témoignage d'estime de la part des fournisseurs de la maison. On lui offrit en Angleterre un banquet et un splendide service à thé en argent massif. Depuis ce jour le crédit de la maison canadienne n'eut plus de limites et ses affaires grandirent tous les ans dans des proportions colossales. Joseph mourut en 1847 laissant à ses enfants une fortune de £300,000. Le héros de cette histoire était l'honorable Joseph Masson, père de Son Honneur le lieutenant-gouverneur de la province de Québec. La maison qu'il établit sur des bases si solides est aujourd'hui la maison Thibodeau & Frères.

    La Patrie, samedi 8 novembre 1884, page 4.





Jacques Beaulieu
jacqbeau@canardscanins.ca
Révisé le 3 avril 2018
Ce site a été visité 11306949 fois
depuis le 9 mai 2004