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Comment on faisait le feu

Le bon vieux temps

D'après des articles parus dans le journal La Patrie en décembre 1884.


    LE BON VIEUX TEMPS

    Comment on faisait du feu - Les premières allumettes - Les gages du bon vieux temps.

  1. Comment on faisait le feu dans les années 1820

    Nous avons donné hier quelques détails sur le système d'éclairage usité à Montréal dans le bon vieux temps. Nous serons peut être intéressant aujourd'hui si nous expliquons la manière dont nos grands pères obtenait le feu.

    Les allumettes chimiques n'étant qu'une invention moderne, le feu, comme du temps d'Adam, se prenait dans les veines du caillou.

    A Montréal, en 1820, on battait encore le briquet comme le voisin de Pierrot de la chanson Au clair de la lune.

    Dans la cuisine on trouvait la boîte à feu renfermant l'amadou.

    Cette boîte était en tôle d'une hauteur et d'un diamètre d'environ cinq pouces. Le couvercle se glissait dans l'intérieur et étouffait l'amadou lorsque l'allumette souffrée avait pris feu. L'amadou était préparé en faisant brûler du vieux linge et l'étouffant avant qu'il fut entièrement consumé. Lorsque le feu était éteint dans le poêle ou dans le foyer on avait recours au briquet.

    On battait un briquet d'acier contre un morceau de silex ou de pierre à fusil au-dessus de l'amandou de la boîte à feu jusqu'à ce qu'une étincelle l'enflamma. Alors on prenait une longue allumette souffrée et on la plongeait dans la boîte jusqu'à ce qu'elle prit feu. En hiver les poêles ne s'éteignaient jamais et en été des tisons couvaient presque toujours sous la cendre de l'âtre.

    On ne recourrait au briquet que lorsque les feux étaient complètement éteints dans la maison. Le fumeur portait toujours son briquet de poche avec un morceau de "tondre", usage qui s'est conservé encore dans nos campagnes.

  2. Comment on faisait le feu dans les années 1830

    Vers 1830 des briquets phosphoriques furent introduits en Canada. C'était de petites boîtes cylindriques en ferblanc s'ouvrant aux deux extrémités. Dans la partie inférieure étaient une centaine d'allumettes souffrées ou trempées dans une composition chimique. Dans la partie supérieure se trouvait une très belle petite fiole bouchée à l'éméri contenant du phosphore préparé. On trempait l'allumette dans le phosphore et elle s'enflammait aussitôt. Un briquet phosphorique se vendait deux chelins.

    Les allumettes souffrées, taillées dans le cèdre, jusqu'en 1845 se vendaient dans les rues par des gamins qui criaient: Bonnes allumettes! trois paquets pour deux sous!

  3. Les allumettes chimiques: introduites vers 1840

    L'allumette chimique à sa première apparition à Montréal s'offrait au public sous la forme d'un petit peigne. Nous croyons que ces allumettes chimiques primitives se fabriquent encore à Charlebourg, près de Québec.

    Vers 1840 on vendait des allumettes chimiques importées d'Angleterre. Ces allumettes étaient très minces et on les enflammait en les frottant entre une feuille double de papier sablé.

    L'allumette chimique ordinaire a été vulgarisée à Montréal vers 1847 ou 1848.

  4. Les salaires dans les années 1825 à 1835

    Un mot maintenant sur les gages des ouvriers et des employés du bon vieux temps.

    En 1825 le plus riche cultivateur de Deschambault celui qui passait pour payer le salaire le plus élevé à ses employés, M. Bouchard, donnait à son garçon de ferme $12 par année avec pension. Il lui donnait en sus une paire de souliers de "beu" une paire de culottes d'étoffe du pays et une paire de mitaines.

    Il y a cinquante ans un journalier s'engageait de 15 à 20 sous par jour et nourri, pour faire les travaux les plus durs sur une ferme.

    Un bon commis dans un magasin de campagne de première classe, gagnait un salaire insignifiant la première année. Lorsqu'il recevait un salaire annuel de £25 c'était le maximum du salaire.

    A Québec les meilleurs charpentiers de navires ne recevait que 50 à 75 cents par jour.

    Un des employés de la corporation de Montréal, l'inspecteur des chemins, avait un traitement de $400 par année.

    Les salaires dans toutes les classes de métiers, étaient à peu près dans les mêmes proportions.

    La Patrie, mercredi 3 décembre 1884, page 4.





Jacques Beaulieu
jacqbeau@canardscanins.ca
Révisé le 3 avril 2018
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