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Incendie criminel du Palais de Justice

Le bon vieux temps

D'après des articles parus dans le journal La Patrie en décembre 1884.


    LE BON VIEUX TEMPS

    L'incendie du vieux palais de Justice. - Lepage et Mercure. - L'ancienne prison.

  1. Félix Mercure, appréhendé pour vol en 1844

    Félix Mercure, en 1844, tenait un magasin de nouveautés et de confections, rue St-Paul, presque en face de la rue St Vincent. Mercure passait pour un homme à la conscience élastique et il avait des notions les plus étranges sur le meum et tuum.

    Il avait déjà trempé dans plusieurs opérations véreuses qui avaient nui considérablement à son crédit dans le commerce. Un jour au commencement de l'année 1844, il fut appréhendé par la police sous la prévention d'avoir volé à ses voisins MM. Stevenson Brothers, une quantité considérable de coton. Mercure, dit-on, pénétrait les dimanche dans l'établissement voisin et y commettait des vols. Il avait une manière toute particulière d'opérer. Il n'enlevait jamais une pièce entière, il se contentait d'en emporter la [?]. En faisant des perquisitions dans sa maison, la police découvrit les marchandises volées qui furent déposées comme pièces de conviction dans le grenier du palais de justice, en attendant le procès.

    La procédure en cour du Banc de la Reine commença pendant l'hiver. Mercure avait pour avocat M. L. T. Drummond, qui debutuit [sic] avec éclat au barreau. Il obtint l'ajournement de son procès aux assises subséquentes et, en attendant, il fut remis en liberté après avoir founi des cautionnements suffisants.

  2. L'incendie criminel du palais de justice par Carolus Lepage le 17 juillet 1844

    Dans la nuit de jeudi à vendredi, le 17 juillet 1844, vers une heure du matin, le feu éclata dans l'étage supérieur du palais de justice, qui fut complètement détruit. Les pompiers travaillèrent avec leur activité et leur énergie ordinaires pour arrêter l'incendie. Pendant leur travail ils étaient surpris de voir que les boyaux étaient coupés en plusieurs endroits d'une manière mystérieuse.

    On fit une investigation et on apprit que le feu avait été mis à l'édifice par la main d'un incendiaire. Celui-ci c'était servi de "carottes." On appelait carottes dans le bon vieux temps des matières combustibles ficelées ensemble sous la forme du légume dont elles portaient le nom.

    L'auteur du crime, un jeune homme nommé Carolus Lepage, qui disait qu'il était récemment arrivé de Plattsburg, New York, fut arrêté le lendemain ainsi que Mercure, accusé de complicité.

    Lepage subit son procès aux assises et fut condamné à quatorze années de pénitencier, mais Mercure, grâce au talent de M. Drummond, fut acquitté sur le chef d'accusation d'incendie.

  3. Mercure et Lepage entre 1844 et 1858

    Mercure resta en prison sous la prévention du vol commis chez MM. Stevenson. Après trois ans d'incarcération, il fut remis en liberté lorsque les témoins à charge eurent disparu de Montréal.

    M. Schiller, greffier de la Couronne, qui était en 1844, commis dans le bureau de la couronne, nous dit qu'une semaine avant l'incendie du palais de justice il reçut la visite de Mercure qui lui fit cadeau d'une magnifique montre et d'une chaîne en or, disant qu'il venait d'acquitter une dette de reconnaissance pour des services rendus par son père.

    M. Schiller informa M. Delisle, le greffier de la couronne, du cadeau qu'il avait reçu et ce dernier lui conseilla de rendre la montre et la chaîne à Mercure, dont les intentions ne paraissaient pas honnêtes.

    Après avoir passé quatorze ans au pénitencier de Kingston, Lepage retourna à Montréal où il fit sa première visite à M. Schiller.

    L'incendiaire du palais avoua plus tard qu'il s'était vissé au talon de ses bottes une lame tranchante en acier et que tout en faisant semblant d'aider les pompiers, il coupait les boyaux à coups de talons. Mercure est mort misérablement à Montréal vers 1854.

    Le page, pendant qu'il purgeait sa sentence au pénitencier, s'occupait beaucoup de la construction d'une machine à laquelle il prétendait donner le mouvement perpétuel. Lepage vit aujourd'hui dans quelques villes des Etats-Unis.

  4. La vieille prison, utilisée pour les séances des cours criminelles: 1844 à 1852

    Après l'incendie du palais de justice, les assises de la Cour du Banc de la Reine, et les sessions de la paix, furent tenues temporairement dans la vieille prison et les cours civiles avaient leurs séances dans le vieil hôtel du gouvernement, aujourd'hui l'Université Laval. En 1850 on construisait le palais de justice actuel avec les proportions qu'il a aujourd'hui.

    La vieille prison servit aux séances des tribunaux jusqu'à sa démolition en 1852.

    On voit encore les vestiges des fondations de la vieille prison sur le terrain situé entre l'hôtel de ville et les bureaux de la cour de police.

    La nouvelle prison de la rue Ste Marie fut inaugurée en 1836.

    La Patrie, mercredi 17 décembre 1884, page 4.





Jacques Beaulieu
jacqbeau@canardscanins.ca
Révisé le 3 avril 2018
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