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La presse des matelots

Le bon vieux temps

D'après des articles parus dans le journal La Patrie en janvier 1885.


    LE BON VIEUX TEMPS

    La presse des matelots. Origine du mot chouayen.

  1. La presse des matelots de 1809 à 1820

    De 1809 à 1820 il arrivait fréquemment que des personnes disparaissent mystérieusement de Québec et on n'en entendait plus parler.

    Ces personnes étaient victimes de la presse des matelots pour les navires de Sa Majesté George IX. La presse était l'enlèvement par la force de n'importe quel homme propre au service maritime. Lorsque l'effectif d'un vaisseau de guerre était diminué par des désertions ou autrement les cadres étaient remplis par la presse, une journée ou deux avant le départ du navire.

    Lorsque la presse devait avoir lieu dix ou quinze matelots, armés de bâtons, de coutelas, et de pistolets faisaient irruption, la nuit, dans des auberges ou des maisons publics et empoignaient les hommes qu'il leur fallait. On baillonnait ces derniers et on les partait pieds et mains liés à bord du vaisseau. Alors, ni vu ni connu, je t'embrouille, le Canadien pressé, restait à bord et devenait un marin lui dans la flotte de sa Majesté, et parcourait la Méditerrannée, les mers de Chine et des Indes Orientales.

    Le parlement anglais en 1779 avait passé une loi à l'effet de permettre la presse des matelots.

    Lorsque les victimes se défendaient contre leurs barbares agresseurs elles étaient assassinées sans merci et leurs meurtriers n'étaient jamais traduits devant les tribunaux.

  2. Le meutre à Québec de Simon Latresse par un Press-Gang en septembre 1807

    Le Canadien du 19 septembre 1807 raconte comme suit, l'assassinat d'un montréalais à Québec par une bande de presse (press-gang):

    Le Canadien du 19 septembre 1807 dit:

    FUT ASSASSINÉ

    Samedi dernier vers 10 ½ heures du soir, Simon Latresse, par un soldat de la presse (Press Gang) du vaisseau de Sa Majesté le Blossom, commandé par George Picket, Ecuier. Latresse était à danser dans une maison du Faux-bourg St Jean, lorsque la Presse y entra sous les ordres du lieutenant Audrel. Un des deux soldats armés de pistolets et restés à la porte de la maison, lâcha un nommé Fournier qu'ils avaient pressé pour courir à Latresse qui s'étant échappé d'eux, par sa force et son activité, se sauvait à la course. Le soldat ne pouvant l'atteindre, lui tira un coup de pistolet; la balle lui traversa le corps et il fut porté à l'Hôtel-Dieu où il est mort dimanche dernier à minuit, après avoir souffert avec courage et résignation.

    Cet homme âgé de 25 ans, était Canadien, natif de Montréal. Il avait été voyageur dans les environs de Michillimakinac depuis sept ans jouissant d'un caractère fidèle et attaché à ses maîtres et laisse pour déplorer son malheureux sort, une mère veuve et âgée de 75 ans que seul, il soutenait des épargnes de ses gages.

    Jeudi dernier vers sept heures du matin, le vaisseau de Sa Majesté, le Blosssom, commandé par George Picket, écuier, est sorti de ce port, sans avoir livré aux magistrats les coupables du meurtre de Simon Latresse quoique requis de le faire."

  3. Le mot "chouayen" expliqué en juin 1809

    Le Canadien du 17 juin 1809 nous donne l'origine du mot "chouayen." On désignait ainsi les gens du parti du gouvernement dans les élections et voici comment cela est venu. On donnait, dit le Canadien à un quartier du faubourg St Jean, où il y a beaucoup de filles publiques, le nom de Fort Chouayen. C'est le nom d'un ancien fort du pays. Pendant la dernière élection de la haute ville, ce nom s'étendit à tout le faubourg et on appelait "chouayens" ou gens du fort chouayen tous les électeurs de ce faubourg qui dans cette élection étaient pour M. Dénéchaud. La signification de ce nom s'est ensuite étendue à tous les gens du parti du gouvernement qui étaient pour M. Dénéchaud elle a été entretenue depuis surtout dans la basse-ville et leur a demeuré appliquée; de sorte qu'actuellement ce sont eux qui sont particulièrement désignés par ce nom. On ne l'applique plus au faubourg St Jean qu'autant qu'on les croit de ce parti et si ce qu'on dit est vrai, il n'y a plus dans ce faubourg d'autre chouayen que M. Dénéchaud, et les filles du fort qui sont toujours du parti.

    M. DeBonne qui n'a jamais demeuré dans le faubourg St-Jean est un chouayen dans la signification actuelle, c'est le grand chouayen canadien, c'est-à-dire le premier canadien du parti du gouvernement."

    La Patrie, lundi 19 janvier 1885, page 4.





Jacques Beaulieu
jacqbeau@canardscanins.ca
Révisé le 28 novembre 2018
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