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Préséance des juges

Le bon vieux temps

D'après des articles parus dans le journal La Patrie en février 1885.


    LE BON VIEUX TEMPS

    Des juges en gribouille - Arrivée des quelques exilés de 1838 - Le barreau en 1848 - La Roche à Falardeau.

  1. Question de préséance pour les juges: juillet 1848

    Le 1er juillet 1848, il y eut une discussion des plus sérieuses entre les juges qui devaient présider ce jour-là la cour du Banc de la Reine.

    Au moment de prendre leurs sièges, les honorables juges eurent à régler une question de préséance. Le juge Bédard, après avoir exercé les fonctions judiciaires à Québec depuis 1836, avait été appelé au banc de Montréal. Il prétendait que, sa nomination au Banc de la Reine à Québec, étant antérieure à celle des juges Day et Smith, il devait avoir la préséance sur ces deux collègues. La discussion en chambre fut des plus animées, les juges anglais étant d'avis que le juge Bédard perdait ses droits de préséance à Montréal par le fait qu'il avait donné sa démission à Québec pour accepter sa nomination à Montréal. Le juge-en-chef Rolland se rangea de l'avis des juges Day et Smith.

    La querelle entre les juges avait duré depuis dix heures du matin jusqu'à midi. Pendant ce temps-là, avocats, témoins, jurés et prisonniers faisaient pied de grue.

    Le juge Bédard ne voulut pas se soumettre à la décision de ses confrères et refusa de monter sur le banc. La presse s'empara de la question et les jurisconsultes du temps publièrent de longues correspondances où chacun traita le point litigieux à sa propre idée. Le sujet fut soumis à l'exécutif qui confirma l'opinion des juges Rolland, Smith et Day. Le juge Bédard ne se tint pas pour battu et porta la question devant le Conseil Privé de Sa Majesté. Le plus haut tribunal de l'empire finit par donner gain de cause au juge Bédard en accordant la préséance dans la nouvelle commission suivant le rang que donnait la commission originale.

  2. Retour de plusieurs patriotes exilés en Australie en juin 1848

    L'année 1848 fut signalée par l'arrivée de plusieurs exilés de 1838.

    On lit dans la Minerve du 30 juin 1848:

    "Les cinq dernières victimes des troubles de 1837 viennent d'arriver à Montréal. Ces martyrs politiques ont enfin toucher le sol de leur patrie après une absence de près de 10 ans. Ce sont MM. C. G. Bouc, Jos. Guimont, David Bourbonnais, J. B. Trudel et Etienne Languedoc. Arrivés à Québec le 17 juin sur le Camelia ils en sont repartis sur le Charlevoix où le capitaine Ryan avec sa générosité ordinaire, leur a offert un passage gratis. Ils ont quitté la colonie pénale (Sydney) le 10 janvier.

  3. Résolutions demandant une charte pour le barreau du Bas Canada: mai 1848

    Ce ne fut que le 5 mai 1848 que les avocats de Montréal se décidèrent de demander une charte à la législature pour le barreau du Bas Canada. L'assemblée où furent passées les résolutions était présidée par M. J. D. Lacroix. Le secrétaire était M. Louis Labrèche-Viger.

    Le comité spécial chargé de l'exécution des résolutions était composé de MM. Toussaint Pelletier, Alexander Buchanan, C. R., W. Meredith, C. R., John Rose, C. R., Aimé Dorion, C. Dunkin et Romuald Cherrier.

  4. L'origine du nom "La Roche à Falardeau": juin 1848

    Un drame des plus émouvants se passa le 1er juin 1848 aux chutes des chaudières à Ottawa. Deux hommes de chantiers, J. B. Boudreau et un nommé Falardeau descendaient la rivière Ottawa sur une section de radeau, (crib) lorsqu'ils s'éloignèrent de l'estacade qui devait les conduire dans la glissoire. Le radeau fut entraîné par le courant et se dirigea vers la cataracte. Les eaux de l'Ottawa étaient très hautes et s'abîmaient dans le gouffre avec un bruit terrible. Les deux malheureux recommandèrent leur âme à Dieu en face d'une mort des plus affreuses. Avant de tomer dans l'abîme le "crib" se brisa. Falardeau réussit à se sauver en se lançant sur une roche à une centaine de verges au-dessus du précipice.

    Boudreau se perdit dans le gouffre.

    Falardeau était vivant sur un rocher inaccessible aux embarcations de tous genres. Il était là, condamné à mourir d'inanition et de désespoir. Une foule considérable de spectateurs se tenait sur le pont suspendu et sur les bords du précipice, sans pouvoir porter secours au malheureux.

    Falardeau était sur son rocher depuis dix heures qui semblèrent dix éternités, lorsqu'un individu eut une idée des plus ingénieuses. C'était de faire parvenir une ficelle au malheureux au moyen d'un cerf-volant.

    Lorsque Falardeau saisit la ficelle, on lui passa une corde puis finalement un cable au moyen duquel il effectua son sauvetage.

    Depuis ce jour le rocher où ce drame a eu lieu a été connu sous le nom de la Roche à Falardeau.

    La Patrie, jeudi 26 février 1885, page 4.





Jacques Beaulieu
jacqbeau@canardscanins.ca
Révisé le 3 avril 2018
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