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Les criminels Tories

Le bon vieux temps

D'après des articles parus dans le journal La Patrie en mars 1885.


    LE BON VIEUX TEMPS

    Exploits des Tories en 1849 - La mort de Mason - Incendies.

  1. Les brigands incendiaires Tories: 25 avril à août 1849

    Après avoir incendié les édifices du parlement sur la place du marché Ste-Anne, dans la nuit du 25 au 26 avril 1849, les Tories semèrent la terreur pendant plusieurs mois dans les rues de Montréal. Malheurs aux Canadiens-français qui s'aventuraient alors dans les faubourgs de la partie-ouest pendant l'obscurité, car ils couraient le risque de se faire assommer par des bandes de brigands postés aux coins des rues ou aux portes des auberges. La presse signalait des assauts commis en plein jour sur la personne de nos concitoyens les plus distingués et la justice était impuissante à réprimer ces crimes.

    Les Tories comme des Vandales parcouraient les rues tumultueusement la torche incendiaire à la main.

  2. Arrestation de quelques incendiaires Tories et réaction de ces derniers: 15 août 1849

    Dans la matinée du quinze août on arrêta plusieurs personnes sous la prévention d'avoir été les auteurs de l'incendie du parlement, entr'autres John Orr, Robert Cooke, John Dier, fils, John Ewing et Alexander Courtnay.

    Les prisonniers furent conduits devant les magistrats de police MM. McCord, Wetherall et Ermatinger. Tous furent remis en liberté en fournissant des cautionnements à l'exception Courtnay dont le cas était des plus graves.

    Courtnay, un individu à face patibulaire, dont le nez avait été complètement dévoré par une maladie, était un des principaux meneurs de la "mob" qui avait attaqué et brûlé le parlement.

    Courtnay tenait une auberge au coin de la rue Notre-Dame et de la place Jacques-Cartier (dans la maison occupée aujourd'hui par le magasin de M. Christin.)

    Ce fut avec mille difficultés que l'on put transférer le prisonnier du palais de justice à la prison. La voiture dut être escortée par les militaires qui éloignaient à la pointe de la baïonnette la foule qui voulait le délivrer.

    Les Tories, les Orangistes et les Britton Clubs, tinrent des conciliabules et résolurent la mort de M. L. H. Lafontaine, le premier ministre.

    Ces sociétés de brigands se sont mis sur pied, mercredi matin, le 15 août, à la première nouvelle des arrestations pour s'opposer à l'exécution de la justice.

    Des groupes se formèrent dans la rue Notre-Dame, à bonne heure dans l'après-midi et les chefs parcouraient les divers quartiers de la ville pour trouver du renfort. L'aspect des choses annonçait une disposition à l'émeute, surtout dans les groupes qui se formaient dans les rues et aux portes des auberges. On semblait n'attendre que les ténèbres pour agir. En effet, vers huit heures, le groupe principal stationné devant l'hôtel de Orr, rue Notre-Dame (la maison occupée aujourd'hui par l'étude de MM. Loranger et le magasin de tabac de M. Goldstein) commença à s'ébranler et à manifester les sentiments qui l'animaient par des vociférations féroces. Quelques individus de cette troupe de bandits prononcèrent des discours incendiaires.

    Un détachement de ce groupe poursuivit M. Tully, un brave patriote irlandais, jusqu'à la demeure de M. Stafford et voulut s'emparer de lui pour le pendre à une lanterne. Heureusement M. Tully réussit à s'échapper. Quand les tories furent fatigués de crier, ils se mirent à élever des barricades sur la rue Notre-Dame, en arrachant les pavés et les entassant à une hauteur de trois à quatre pieds.

    La canaille n'eut pas le temps d'armer sa barricade, car un détachement du 23ième régiment de ligne arriva pour la défaire à son nez.

  3. Attaque par les Tories de la maison de L. H. Lafontaine défendue par ses amis armés: plusieurs blessés graves dont un mort parmi les émeutiers: soir du 15 août 1849

    Une partie des émeutiers se mit à crier: chez Lafontaine, chez Baldwin! et elle se dirigea vers le faubourg St-Antoine. Il était environ dix heures du soir.

    En arrivant vis-à-vis de la maison de M. Lafontaine, qui est isolée dans un verger, (rue de l'Aqueduc, entre les rues St-Antoine et Dorchester), les émeutiers, au nombre d'environ 200, foncèrent la porte d'entrée de la cour qui s'ouvre sur la rue, les plus effrontés entrèrent dans la propriété et commencèrent à lancer des pierres sur la maison.

    M. Lafontaine était pas chez lui ce soir là et la garde de sa maison avait été confiée à une poignée d'amis déterminés, armés de fusils et de pistolets. La petite garnison de la place était sous le commandement de M. E. P. Taché.

    Il y avait avec lui MM. C. J. Coursol, Jos. Beaudry, Moïse Brossard, Harkin et plusieurs autres dont les noms ont été ooubliés par la personne qui fournit ses rnseignements.

    Lorsque les cris de l'émeute furent entendus par les défenseurs de la maison, ceux-ci éteignirent toutes les lumières et ouvrirent les fenêtres. Quelques coups de feu furent tirés par les assaillants, qui retraitèrent à la première fusillade de la garnison. Les émeutiers ramenaient avec eux un jeune Mason atteint au côté d'une blessure mortelle et six autres grièvement blessés. Mason était le fils d'un forgeron de la rue Craig, près de la rue St-Urbain. Il expira le lendemain matin.

    Avant de mourir, il avoua que l'intention des émeutiers était d'incendier la maison du premier ministre et de le pendre lui-même à un arbre de son jardin puis de trainer son cadavre dans les rues. La corde qui devait servir à l'exécution était portée par un des bandits qu faisait partie de l'expédition.

    Un escadron de la cavalerie provinciale, sous le commandement du capitaine Sweeney vola au secours des assiégés dans la maison de Lafontaine, mais il était trop tard, les brigands n'étaient plus revenus à la charge.

    A minuit la ville rentra dans le repos.

  4. Réplique des Tories: plusieurs nouveaux incendies criminels jusqu'au 22 août 1849

    L'enquête sur le cadavre de William Mason fut ouverte par les coroners Jones et Coursol dans la demeure de son père, et transférée à l'hôtel Cyrus, Place Jacques-Cartier, [là où est aujourd'hui l'hôtel Richelieu]. Pendant que M. Lafontaine donnait son témoignage, les Tories répandirent de l'huile dans l'escalier et y jetèrent d'autres matières inflammables et y mirent le feu. Le feu se propagea avec uen rapidité terrible et envahit l'étage supérieur où siégeait le corps des jurés. La maison devint la proie des flammes et les jurés durent reprendre leur séance dans le corps de garde de la rue Notre-Dame, en face du monument Nelson. L'intention évidente était de venger la mort de Mason.

    Ils avaient mis le feu à l'édifice pour obliger M. Lafontaine à sortir précipitamment au milieu de la foule et pour le massacrer au milieu de la confusion générale. Mais heureusement ils furent frustrés dans leur projet d'assassinat. Pendant l'incendie de l'Hôtel Cyrus M. Lafontaine se réfugia dans le corps de garde où il passa le rste de la journée sous la protection des militaires.

    Les funérailles de Mason, qui eurent lieu samedi le 18, furent l'occasion d'une démonstration des Tories. 530 personnes figuraient dans les rangs de la procession funèbre qui pour se rendre au cimetière anglais, passa par les rues Craig, Bonsecours et St-Paul, faisant un détour par la place Jacques-Cartier afin de passer devant l'hôtel où se tenait l'enquête du coroner.

    Les porteurs avaient de larges bandoulières en étoffe rouge et les crêpes aux chapeaux étaient attachés avec des rubans rouges.

    Le verdict du jury du coroner n'accusa personne de la mort du jeune Mason.

    Après la démonstration le tories promenèrent les torches incendiaires dans le quartier français. Pendant la nuit du 22 août ils mirent le feu à la boulangerie de M. Bowie sur la rue St-Laurent et aux maisons de MM. L. F. Pelletier, Poitras, Pierre Ferté et Mme Beauchamps. Le lendemain ils essayèrent de brûler les écuries du capitaine Sweeney, sur la rue St-Denis, et la résidence de M. Peter Dewis, en arrière de l'ancien archevêché.

    La Patrie, mercredi 11 mars 1885, page 4.





Jacques Beaulieu
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