Mes racines / my roots

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Geneviève Saint-Pierre,

Soeur Geneviève Saint-Pierre, m.i.c.

Ce texte est reproduit avec la permission des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée Conception

Notre Soeur Geneviève Saint-Pierre naît à Montréal le 28 novembre 1911. Deux petites soeurs, Madeleine et Françoise, la précèdent. Elle sera donc la 3ième fille d'une famille de cinq enfants.

Sa mère Émilienne Bélanger et son père Guillaume Saint-Pierre, tous deux natifs de Montréal, sont d'excellents chrétiens. Elle est baptisée le même jour à la paroisse St-Louis de France, de Montréal. Sa date de naissance n'a rien de privilégiée, même pas un saint sur le calendrier pour ce jour-là, mais la Sainte Vierge s'en occupe -par une heureuse méprise on la fêta toujours le 27 novembre, fête de la Vierge de la Médaille Miraculeuse.

Bébé exemplaire, pas pleurnicheuse, elle fait entendre tout le temps un petit ramage qui lui vaut de la part de sa maman un joli surnom qui lui est toujours resté: «Gazouillère» devient «gazouillis» et de diminutif en diminutif, cela aboutit à «Gazou» , surnom auquel elle fait honneur toute sa vie.

Les adultes autour d'elle s'extasient sur ses réparties d'enfant et disent qu'elle est fine! Ce qu'elle entend très souvent sans comprendre la portée du compliment. Un jour d'été à la campagne un Monsieur qui passe lui dit : «Comment t'appelles-tu toi?» Sans arrière pensée elle répond : «Moi m'appelle Caillou St-Pièye, moi fine.» On rit beaucoup de sa réponse et par la suite on se garde de lui faire trop de compliments. Elle grandit et comme elle demeurait dans le centre-ville, on la met externe à l'Académie Cherrier. C'est là qu'elle fait sa Première Communion à l'âge de six ans et reçoit le sacrement de Confirmation quelques jours plus tard à l'église St-Louis de France. Jésus a déjà conquis ce jeune coeur.

Pendant la période des vacances, les parents amènent les enfants à la campagne, notamment St-Hilaire où durant onze étés Geneviève jouit de la belle nature. Elle visite l'église du village y emmenant les deux plus jeunes, Jean et Denyse. Elle les place dans le premier banc, puis leur donne un petit sermon de son cru. Puis chacun y va de son bonjour au petit Jésus. Âme raffinée et sensible, tout dans la nature l'émerveille et devient pour elle source de joie. «C'est sous l'ombrage du mont St-Hilaire, nous dit-elle, que j'ai le mieux senti et goûté Dieu.»

Les vacances terminées, elle devient pensionnaire chez les Dames du Bon Pasteur à l'Académie St-Louis-de-Gonzague. Elle y fait ses classes péniblement car délicate de santé et très nerveuse à la pré-adolescence, le médecin doit prescrire le repos et le grand air. À l'été, c'est la villégiature à Old Orchard Beach, dans le Maine, que les parents proposent et c'est là qu'elle y découvre la splendeur de la mer. De retour en ville on cherche pour elle une école éloignée du centre-ville de Montréal: Villa Maria est tout désignée avec ses grands jardins ombragés.

Geneviève est très reconnaissante pour ses années passées à ce pensionnat des religieuses de la Congrégation Notre Dame. Elle y apprend à mieux aimer la Vierge Marie et c'est là qu'elle vit la transition entre sa vie d'enfant et celle de la jeune fille qu'elle devient. Un jour, un missionnaire y présente un diaporama qui ravive chez elle la flamme apostolique. Sans le laisser paraître, elle garde en son coeur ses beaux désirs jusqu'aux vacances d'été à Ste-Adèle. Là, elle fait la connaissance du monde. Gazou devient la jeune fille populaire qui aime être rernarquée et fêtée.

Sa vie de couventine lui donne des provisions de forces et de piété mais l'été à Ste-Adèle, c'est la frénésie du plaisir qui l'emporte. Son désir de vie religieuse persiste et le soir, elle demande au Seigneur de la faire sortir de ce tourbillon. Sa 8e année scolaire est une année de grâce. Hantée plus que de coutume par son désir de vie missionnaire, elle demande conseil à un oncle maternel le père Joseph Bélanger, s.j. alors à Gaspé. II lui répond que c'est trop jeune pour discerner sa vocation à 15 ans. Elle continue donc sa correspondance avec lui, sous le sceau du secret.

Plusieurs compagnes mentionnent la générosité comme un des traits caractéristiques de Geneviève. C'est tout l'un ou tout l'autre. Un jour, au parloir, sa mère lui dit d'être inquiète de la santé du papa. Il est le seul gagne-pain de la famille. À la bénédiction du St-Sacrement, Geneviève supplie le Seigneur de sauver son papa, puis s'offre à sa place -faisant son sacrifice en pleurant. Son père guérit mais le Seigneur ne veut pas la mort de Geneviève. II veut sa vie. Dans l'intimité de son coeur, elle se donne à Lui pour toujours.

Mais l'été vient et Gazou oublie ses belles promesses, ne vivant que pour de nouvelles conquêtes. Sa vocation mise en veilleuse, elle essaie de s'étourdir - se dit que ce n'est pas encore le temps. De fait, le dernier été avant sa graduation elle redouble d'ardeur dans ses parties de plaisir. Puis au couvent, la vie régulière reprend. Le Jeudi-Saint, l'heure d'adoration nocturne est une nuit de grâce. Portée par sa générosité, tout feu tout flamme, elle formule une prière qu'elle répète l'heure durant, demandant qu'à pareille date l'an prochain elle soit dans un couvent de son choix car il n'y a que les M.I.C. pour qui elle sente de l'attrait et elle ne les connaît pas. Le Seigneur la prend au mot. Le jour même, Sr Marie-Immaculée avec une compagne s'annonce pour une séance d'information sur leurs missions de Chine et interpelle cette belle jeunesse. Geneviève est toute bouleversée. Devant l'évidence de l'appel du Maître, elle prend la décision d'entrer au couvent.

Vient la fin de l'année, c'est la graduation et le début officiel de sa vie dans le monde. La période de vacances avec son lot de plaisirs lui sourit à nouveau et à nouveau elle ajourne sa décision. Mais pour se donner bonne conscience, elle prépare avec sa très bonne amie Madeleine Loranger un projet de bénévolat à l'Hôpital Ste-Justine. Elle quête pour ramasser des fonds pour un refuge, coud pour l'Assistance maternelle, continue ses leçons de piano, assiste à des conférences scientifiques et littéraires, mais cela ne lui procure pas la paix. Alors son amie lui propose de faire une retraite avec elle chez les Soeurs du Sacré-Coeur, question de se distraire. Le père d'Orsonnans, s.j. prédicateur, leur remet une feuille à remplir sur les avantages et désavantages de la vie religieuse et du rnariage. Geneviève trouve plus d'avantages dans la vie religieuse et tire la conclusion qu'elle se doit d'entrer en religion. Elle soumet sa feuille à reculons et le Père de lui dire: «Allez tout de suite à la chapelle vous offrir au Bon Dieu.» Ce qu'elle fait en pleurant.

De retour à la maison elle demande à l'oncle prêtre d'annoncer la nouvelle à sa mère. Il le fait de bonne grâce. La marnan acquiesce mais demande d'attendre jusqu'en janvier, pour mieux préparer le papa. Janvier s'amène et ses parents donnent leur plein consentement, mais Geneviève leur dit qu'elle attendra un peu se trouvant trop jeune, elle vient d'avoir 18 ans! La voyant si insouciante et si mondaine, sa mère lui montre la beauté et la grandeur d'une vie consacrée au Seigneur. Elle lui offre d'aller en retraite à Pont-Viau. Geneviève s'y rend de mauvaise grâce rnais, surprise, tout lui plaît dans le couvent. Sur-le-champ elle demande son admission et retourne chez elle libérée du poids lourd qui l'oppressait depuis si longtemps. Et c'est le sourire aux lèvres qu'elle se présente au noviciat le 1er mars 1930. Ce qu'elle trouve sous le toit de l'Immaculée, nous dira-t-elle, dépasse toutes ses attentes. Elle fut l'inspiratrice de la vocation de notre Sr Madeleine Loranger, sa grande amie.

SA VIE MISSIONNAIRE

D'autres témoignages reçus de ses compagnes de vie nous parlent de sa foi profonde, de sa dévotion au Sacré-Coeur, de son dynamisme dans l'apostolat et de sa persévérance pour surmonter les obstacles.

Oeuvrant pendant 43 ans dans le dornaine de l'éducation, Geneviève transmet généreusement tout ce qu'elle a reçu, autant la science acquise que ses talents innés en mathématiques et en musique. Trente-quatre ans durant avec la jeunesse philippine de Padada, Mati, Las Pinas, Greenhills et Gagalangin, du niveau élémentaire jusqu'à celui du baccalauréat «Mother Genevieve» accueille, accompagne, enseigne comme professeur ou directrice. Son ardente nature stimule les membres de la Jeunesse Étudiante Catholique. Le gouvernement de la Ville de Padada lui décerne une plaque d'Honneur au Mérite pour ses services au peuple et la reçoit comme « Fille de Padada » . Selon une compagne de cette mission, Geneviève aurait voulu mourir et être ensevelie à Padada auprès du peuple auquel elle avait donné le meilleur de sa vie.

Durant ses années de congé au pays natal, Sr Geneviève s'implique dans l'animation missionnaire pour les visites des oeuvres de la Ste-Enfance et de la Propagation de la Foi et la promotion de notre revue Le Précurseur .

Experte en comptabilité, le travail de l'économat ne lui pèse pas : au Canada comme aux Philippines, elle s'y donne pendant 28 ans. Auprès de ses soeurs, Geneviève est la supérieure dévouée et proche de chacune. Elle rend ce service communautaire pendant 22 ans. Femme de relation, elle est chaleureuse pour les humbles comme pour les grands de ce monde. Sr Yolanda Oducado se souvient qu'à l'âge de 7 ou 8 ans, sa joie était d'aller sur la rue pour y rencontrer Sr Geneviève revenant d'une classe de catéchèse à l'école publique. Elle se jetait alors dans les bras tout grands ouverts de «Mother Genevieve» .

Revenue au pays en 1983, notre chère compagne a 72 ans. Elle rend encore de nombreux services communautaires comme responsable du Centre Délia-Tétreault et comme organiste à la Maison-Mère et plus tard à notre maison de St-Jean.

Arrivée au Pavillon Délia-Tétreault de Pont-Viau cette année 2003, à l'âge de 91 ans, Geneviève y vit son vieillissement avec grâce et un brin d 'orgueil - s'exerçant à rester en forme physiquement et mentalement. On se rappelle ses parties de bridge ou de canasta, et ses maintes allées et venues dans la grande maison. Amante de la nature, elle a la joie cette année encore d'aller au Lac Joly en excursion d'une journée. Un très grand bonheur lui est encore réservé: celui d'accueillir toute sa famille pour un repas de fête ici à Pont-Viau.

Vers la mi-août, une crise cardiaque la terrasse mais elle la surmonte quoique demeurant paralysée d'un côté. Le Créateur qui forma si bien le coeur de Gazou lui donne encore du temps pour gazouiller sa reconnaissance et par des paroles à peine audibles, elle murmure à ses visiteuses « je vous aime » .

Comment résumer en quelques pages près de 92 années de vie intense? On ne peut qu'attester que l'idéal jeune et vivace de notre Geneviève à 18 ans n'a jamais changé et que maintenant il se réalise en plénitude. Avec toi, chère grande missionnaire, nous disons LOUANGE À TOI, SEIGNEUR JÉSUS!

Sr Antoinette Castonguay, m.i.c.


Secrétariat général
30 octobre 2003
AC/rs


Jacques Beaulieu
jacqbeau@canardscanins.ca
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