Mes racines / my roots

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La Cie P. W. Ellis de Toronto, demandeur:

Avocat pour la Cie P. W. Ellis de Toronto:
Re: recouvrement de $14,000 de leurs bijoux

  1. Date de l'enquête: 9 avril au 29 avril 1889: procès requis
  2. Nouvelles suivant l'enquête


  1. mardi 9 avril 1889, page 4

    L'AFFAIRE MALONEY
    Production d'une lettre importante

    On a continué l'enquête dans l'affaire de Andy Maloney, accusé du vol de $14,000 de bijoux, appartenant à P. W. Ellis et Cie., de Toronto.

    On se rappelle que M. C. Ellis avait ét examiné longuement par la poursuuite. Aujourd'hui a eu lieu la transquestion par M. Greenshields. Le témoin a produit des extraits de lettre donnant le détail des bijoux confiés à l'agent de la maison, Von Reinholtz. La valeur des articles disparus est sur la liste, mais ce n'est pas le prix de vente régulier. Les prix mentionnés sont ceux faits à la suggestion de Von Reinheltz, afin de lui donner toute la lattitude possible pour la vente dans le détail, ceux qu'un marchand de détail chargerait à un client. Ils étaient généralement de 25 % plus élevé. Nous aurions consenti à les vendre à sacrifice parce qu'ils n'étaient plus de mode. Ils n'étaient pas fait dans le but de tromper le public.

    Von Reinholtz pouvait vendre les marchandises à son nom ou au nôtre; mais il n'est pas vrai qu'il ait eu instruction de ne pas vendre en notre nom. Le propriétaire des bijoux n'était pas mentionné dans cette lettre. La raison pour laquelle le nom de notre commis, James Quirk, était là démontre que c'était pour la prompte expédition de l'affaire. Il y a trois associés dans notre maison de commerce et auparavant le temps de faire signer une vente par ma femme avait valu la perte de cette vente. C'est pendant mon séjour à Montréal durant le Carnaval que Reinholtz m'informe qu'il pouvait faire une bonne vente.

    A ce point de la cause le témoin produisit une lettre de Von Reinholtz à la maison Ellis démontrant qu'il avait reçu les bijoux, pour les convertir en achat de propriétés foncières. Il disait que par le plus grand des hasards il avait rencontré un homme qui désirait échanger deux maisons du coût de $5,000 sur la rue Cathcart pour des bijoux.

    M. St-Pierre réexamine longuement le témoin.

    Au moment de mettre sous presse la cause se continue.

  2. jeudi 11 avril 1889, page 2

    Le procès du bijoutier Maloney

    Le procès de Andy Maloney, bijoutier, s'est continué hier, en cours de police.

    Joseph Blouin, cocher, demeurant rue Jacques-Cartier, étant appelé à rendre son témoignage, dit qu'un soir, pendant la semaine du Carnaval, il conduisit Maloney à l'Avenue Argyle et qu'un autre cocher du nom de Thomas Morrisson les suivait, ayant dans sa voiture deux valises carrées.

    Maloney ordonna à son coher de passer la rue Cotté au "Beaver Hall Hill" et de revenir à la rue Craig pour se rendre de là à la rue St-Antoine, pendant que la rue Craig était en bon état.

    L'on s'attend que Von Reinholtz sera ici la semaine prochaine, à l'issue que le procès sera au Banc de la Reine.

    A. Piché, appelé comme témoin, a déclaré, hier après-midi, que lorsqu'il a transporté les valises de Von Reinholtz chez Andy Maloney, Von Reinholtz lui dit: "J'ai perdu $5,000 hier soir au jeu, et je dois les regagner ce soir."

  3. vendredi 12 avril 1889, page 4

    L'AFFAIRE MALONEY
    Suite de l'enquête

    On continue toujours l'affaire Maloney.

    Mlle Annie Porter dépose qu'elle tenait une maison de pension au 131 rue Mansfield. Elle identifie les deux valises en question. Elles ont été transportées chez elle par George Von Reinholtz et reprises par lui le 12 février dernier. Elle n'était pas présente quand on les a enlevées mais sa servante Louisa Mathews le lui a dit. Von Reinholtz est ensuite parti avec sa femme.

    Louisa Mathews, servante à l'emploi de Mlle Porter, jure que les deux valises qu'elle a vues dans le bureau du grand connétable sont les mêmes que celles apportées par Von Reinholtz. C'est ce dernier qui les a reçues à la porte de la pension et il a dit aux personnes du dehors "Entrez". Elle a alors reconnu Maloney comme le premier qui soit entré. Elle ne connaît pas les autres. Von Reinholtz était alors sous l'influence de la boisson.

    On décida alors d'ajourner à mardi prochain, malgré les objections du prisonnier qui se dit prêt à continuer les procédés immédiatement.

  4. mardi 16 avril 1889, page 4

    UN RESULTAT INATTENDU
    Harry Phillips arêté pour même affaire que Maloney

    l'affaire Maloney vient d'entrer dans une nouvelle phase par l'arrestation de son caution et ami Harry Philips, sous accusation de vol. La déposition a été faite par M. C. Ellis, qui accuse Phillips d'avoir cvolu pour $14,000 de bijoux à la maison de W. P. Ellis & Cie, de Toronto. Le mandat a été confié au détective Cullen qui a fait l'arrestation de l'accusé à sa sortie du Théâtre Royal, hier soir. M. E. Guerin, son avocat, a fait immédiatement application devant le juge Desnoyers, pour le faire admettre à caution, mais ce dernier a refusé. L'enquête a commencé, cette après-midi. M. Guérin et James Baxter ont eu une entrevue avec l'accusé à la station centrale, mais on n'a pu en connaître le résultat. Les détectives sont réticents au sujet de cette affaire. Ils disent que Von Reinholtz, l'ancien agent, de la maison Ellis, sera présent pour rendre témoignage contre les accusés.

    D'autres disent que des révélations importantes seront faites et éclareront come une bombe dans le camp des chevaliers de l'as de pique.

  5. mercredi 17 avril 1889, page 3

    L'AFFAIRE PHILIPPS
    L'accusation contre le fameux "gambler"
    Sa victime raconte l'histoire du vol
    Un souvenir de l'affaire Fahey-Naegele

    L'arrestation du fameux Harry Phillips, que nous avons annoncée hier soir, a causé une certaine sensation surtout parmi les amateurs de "sport" dont il est bien connu.

    Voici la déposition dans laquelle Von Reinholtz raconte comment il a fait la rencontre de Maloney et de Harry Philipps et les mpyens dont on s'est servis pour lui enlever les bijoux dont il était le dépositaire.

    "Vers le milieu de février dernier, je suis arivé à Montréal, comme représentant de la maison P. W. Ellis et Cie de Toronto. J'avais en ma possession pour un fort montant de bijoux.

    "J'ai fait la connaissance de andy Maloney et de Phillips. Le premier me dit qu'il avait deux maisons sur la rue Cathcart ainsi qu'un cheval qu'il désirait échanger pour des bijoux. J'ai envoyé une dépêche à cet effet à mes patrons.

    "L'entrevue eut lieu à ma chambre dans une maison de pension sur la rue Mansfield. Maloney, dans l'intervalle, avait changé d'idée, et ne voulait échanger que le cheval. Il fut convenu que je mettrais de côté une certaine quantité de bijoux et que je les apporterais chez Maloney sur la rue Craig. Rendu là Phillips et un autre proposèrent un "freeze out" aux cartes et la partie triangulaire commença.

    Il avait été convenu que chaque joueur déposerai cinq cents piastres. Phillips finit par gagner chacun de nos enjeux. Pendant ce temps, nous buvions assez copieusement. Phillips me dit alors qu'il avait pour plusieurs mille piastres de diamants et qu'il consentait à les jouer contre la balance des bijoux que j'avais avec moi. Il gagna enfin quoique la partie eût duré jusqu'à une heure avancée dans la matinée. En me levant de table, connençant à réaliser ce que je venais de faire, je déclarai à Phillips que ces bijoux ne m'appartenaient pas.

    "Il me répondit qu'il fallait que je quittasse le pays le soir même, et après m'avoir remis environ $150 et m'avoir acheté un billet de passage pour Boston, je me rendis à cette dernière place. Phillips devait faire courir toutes espèces de bruit au sujet de ma disparition et déposer certains effets m'appartenant sur le bord du fleuve, pour faire croire que je m'étais suicidé ou que j'avais été la victime de quelque malfaiteur.

    "A ma demande, cependant, cette idée a été abandonnée.

    "Plusieurs dépêches adressées de ma part à Phillips, restèrent sans réponse. Je lui demandais de remettre les marchandises à la maison Ellis.

    "Quelques jours plus tard, j'apprenais l'arrestation de Andy Maloney et moyennant certaines conditions, je suis revenu donner ma déposition."

    Au cours d'une entrevue avec les représentants des journaux, Harry Phillips a dit qu'il ne connaissait rien de toute l'affaire. Il ne se rappelle pas avoir jamais vu le nommé Reinholtz, agent de la maison Ellis, de Toronto. Il n'a jamais joué aux cartes avec lui, et lorsqu'il joue aux cartes ou fait autre chose, il ne change jamais son nom.

    Un journaliste ayant fait allusion au rôle que le prisonnier a joué dans la fameuse affaire Fahey, Naegelé et Bureau, auxquels sa maison avait servi de quartiers généraux, Phillips a répondu qu'à son départ pour l'Angleterre où il devait agir comme cornac au boxeur Sullivan, il avait donné instructions à un agent d'immeubles de louer sa propriété pendant son absence et que Fahey l'avait sollicité, à maintes reprises, de lui en donner la change, en attendant. Il céda aux instances réitérées de l'ex-détective qui prit carte blanche dans la maison.

    La prisonnier ajoute, qu'apprenant les menées et la conduite de Fahey, il accourut à Montréal pour lui faire rendre compte de l'abus de confiance, dont il s'était rendu coupable, mais ses amis le supplièrent de l'épargner, vu les accusations graves qui pesaient déjà contre lui.

    Le juge Desnoyers a refusé d'admettre Phillips à caution.

  6. mercredi 17 avril 1889, page 4

    L'AFFAIRE PHILIPPS
    Von Reinholtz continue sa déposition

    Cette après-midi, on a continué l'enquête dans l'affaire Philipps.

    Von Reinholtz continue sa déposition.

    Il dit qu'il est allé rencontré Maloney et Philipps à la chambre et comme on ne s'entendait pas au sujet de l'échangqu'on devait faire, il fut entendu que Mike Maloney, Philipps et moi jouerions une partie de poker au freeze out.

    Chacun devait déposer un enjeu de $500 et celui qui le perdrait devait se retirer et la partie continuait entre les deux autres. Ni Mike Maloney ni moi n'avions d'argent pour jouer Mike emprunta sa mise de Andy Maloney.

    Philipps et moi sortîmes de la chambre pour négocier mon enjeu. Nous nous entendîmes et rentrâmes ensuite de nouveau dans la chambre. Nous commençâmes alors a jouer et Mike fut le premier qui perdit sa mise et se retira. Ce fut ensuite à mon tour de perdre.

    Pendant la partie nous avons bu plusieurs coups de whiskey et de bière.

    Au moment de mettre son presse la cause se continue.

  7. jeudi 18 avril 1889, page 4

    LES CHEVALIERS DE L'AS DE PIQUE
    DIAMANTS CONTRE DIAMANTS
    UNE PARTIE DE POKER ARROSÉE DE CHAMPAGNE
    Télégrammes échangés entre Von Reinholtz et Philipps

    Nous donnons aujourd'hui la suite du témoignage de Von Reinholtz.

    Après avoir perdu ces $500 je partis alors chercher mes bijoux et revins vers minuit. Peu après on nous servit un souper fin flanqué de plusieurs bouteilles de champagne. Après avoir fait honneur à ce copieux repas, Philipps et moi nous nous entendîmes pour jouer une série de freeze out pour des enjeux de $1,000; ses diamants contre mes bijoux. Nous jouâmes et après maintes reprises Philipps gagna finalement les bijoux. Si nous nous en étions remis à notre premier arrangement il nous aurait fallu jouer quatorze parties. Nous en finîmes qu'à sept heures le lendemain matin. Andy Maloney, est allé se coucher après le souper, mais Mike est demeuré. Quand la partie fut finie, Andy Maloney, je crois, apporta une plume et de l'encre et je dressai un état des bijoux. Je crois plutôt que c'est Philipps qui apporta la plume et l'encre.

    Je ne peux me rappeler si Andy Maloney était présent, mais Mike l'était. Ce dernier dit alors qu'il n'avait jamais vu de sa vie une partie aussi considérable. Je reconnais l'état qu'on me présente maintenant comme celui que j'ai signé. Les mots "payé en plein tel que par envoi, Geo. Von Reinholtz" sont de ma main. Je puis écrire beaucoup mieux que cela, quand je suis sobre. Aussitôt après avoit signé cet état je me levai et demandai à Harry Philipps la permission de lui parler en particulier. Nous entrâmes alors dans une autre chambre, Philipps fermant la porte. Je lui dis: "Philipps, ces bijoux ne sont pas à moi; ils appartiennent à P. W. Ellis & Cie, de Toronto. Que puis-je faire?

    Quitter le pays, me répondit-il, et je ferai tout en mon pouvoir pour vous aider. Sa figure exprima une telle expression que je crûs qu'il doutait de la vérité de mon avance. Je lui montrai alors ma lettre d'introduction que je produis. Nous revinmes dans la salle de jeu et sortimes ensuite dehors. Je crois que Mike et ANdy Maloney nous ont accompagnés et eon alla prendre le déjeuner. J'étais alors dans in tel état d'esprit que je ne me rappelle pas s'ils nous accompagnaient. Je compris la dngereuse position dans laquelle je me trouvais.

    Philipps m'accompagna pendant toute la journée et nous nous promenâmes tout le temps en voiture. Philipps me demanda de temps en temps cette lettre d'instruction. Il semblait lui porter beaucoup d'intérêt. Nous arrêtâmes au bureau d'un M. Baxter, sur la rue St. Jacques, plusieurs fois. La plupart du temps je demeurais dans la voiture, mais je suis entré deux fois et j'attendis dans l'antichambre oendant qu'il s'entretenait en particulier. Philipps emportait toujours avec lui la lettre d'instruction de M. P. W. Ellis & Cie. Nous allâmes à plusieurs reprises à l'hôtel Balmoral et autres restaurants.

    Après une visite à l'hôtel Balmoral, Philipps sortit avec deux billets pour Boston et me dit "j'ai les billets et je dois aller avec vous." Je lui répondis qu'il fallait que je me couche, car je mourais de sommeil. Philipps me dit: Non, vous allez prendre un bain turc et cela vous fera plus de bien que de vous coucher. Nous y allâmes, tel que convenu. De là nous nous rendîmes au restaurant Beau où ANdy Maloney vint nous joindre. Philipps commanda le souper. Quand Maloney entra dans la chambre, Philipps lui dit: "Ces bijoux n'appartiennent pas à Von Reinholtz" Maloney s'écria "mille tonnerres! est-ce bien vrai?" Philipps répondit "Oui, j'ai lu la lettre d'instruction de Ellis & Cie, de Toronto." Maloney reprit: "Tout ce qu'il peut faire est de quitter le pays" et se tournant vers moi Andy dit "ne vous effrayez pas, nous allons faire tout en notre possible pour vous aider."

    Mike Maloney entra alors et fut mis au courant de l'affaire, je crois. Andy Maloney semblait particulièrement anxieux de me faire prendre le train, ce soir-là même. Il me répéta "Il vous fait prendre le train." Je n'ai jamais rencontré d'homme plus obligeant de ma vie. Il fit hâter les garçons de table parce qu'il pensait qu'on n'eût pas beaucoup de temps pour le train. Après le souper nous embarquâmes en voiture et je gagnai ma maison sur la rue Mansfield où après avoir pris mon sac de voyage et payé ma pension je me dirigeai, toujours accompagné par eux, à la gare du Pacifique. Soit en route soit au restaurant Beau, Philipps ou ANdy Maloney me suggérèrent de disparaître d'une manière mystérieuse. A cet effet je donnai ma bourse à Andy Maloney. Il me dit qu'il la déposerait sur le bord du fleuve ou autre endroit de manière à ce qu'on put croire à un suicide.

    Dans la voiture Harry Philipps me donna mon billet pour Boston et $170 en argent canadien. Philipps se tenait en dehors de la gare, mais Andy Maloney m'a accompagné jusqu'au char dortoir et a fait tout en son possible pour me donner du courage.

    Le portefeuille qui m'est montré contient certains papiers qui m'appartiennent et est le même que je donnai à Andy Maloney pour faire supposer une disparition mystérieuse. Il y a dedans mes cartes de visite et un reçu pour une chaine en or engagée chez Moss. Je partis ce soir là pour Boston à 8 ½ par le Pacifique. Le lendemain je téléphonai à Philipps "Ne faites rien pour faire croire à une disparition mystérieuse, car j'ai écrit." Je quittai Boston pour New-York, le même soir. J'écrivis de New-York pour savoir de quelle manière je devais agir pour faire rendre les bijoux à la maison Ellis, ne voulant pas qu'elle subit aucune perte par ma faute. Je ne reçus pas de réponse. Le samedi suivant, pensant que Philipps était à Boston, je lui envoyai un télégramme et reçus la réponse suivante:

    Boston, 16 février

    Geo Von Reinholtz, G. C., Hotel. Je pars dimanche après-midi pour l'ouest.

    H.

    Et une autre lettre que je ne peux retrouver. Je lui répondis: "Vous devriez venir ici avant d'aller dans l'ouest."

    La communication suivante que j'ai eue avec Harry Philipps porte la date du 17 mars, de New-York, alors que j'avais appris l'arrestation de Andy Maloney. Voici ce que j'écrivais: "J'ai entendu parler du trouble; rendez les marchandises et je n'irai pas témoigner contre vous; sinon je devrai m'y rendre. Dites à Ellis d'essayer à arranger les choses."

    Ce télégramme était adressé à Philipps, à l'hôtel Balmoral, Montréal. Depuis que j'ai quitté Montréal jusqu'à avant hier je n'ai plus revu Philipps, Andy et Mike Maloney, ni leurs représentants.

    M. Greenshields fit alors application pour qu'on admit Philipps à caution vu qu'on n'avait pas pu prouver qu'il y avait vol de la part de l'accusé et que c'était Von Reinholtz lui-même qui avait proposé de jouer.

    M. St Pierre s'opposa et dit que la partie jouée n'était pas une partie honnête et qu'il y avait eu conspiration entre Philipps, Mike et Andy Maloney pour obtenir les bijoux.

    Son Honneur a pris la motion en délibéré.

    M. St Pierre a donné avis qu'il demanderait un nouveau cautionnement pour Maloney, vû qu'il avait raison de croire que celui donné l'avait été par des personnes qui n'étaient pas solvables.

    Von Reinholtz a été de nouveau examiné, ce matin. Il dit qu'il a visité les deux valises et qu'il les reconnait comme les siennes ainsi que leur contenu.

    Quand je montrai la lettre d'instruction d'Ellis à Philipps il dit: je pensais que ces bijoux étaient volés eet dans la soirée il fit la même remarque et se tournant vers Andy Maloney, il dit: "Est ce que je ne vous l'ai pas dit? C'est la raison pour laquelle je ne voulais pas échanger mes diamants contre ses bijoux." Ce dernier lui répondit: "C'est vrai, vous me l'avez dit." On ne m'a rien payé pour ces bijoux et je n'ai reçu aucune considération. Avant que les marchandises fussent arrivées, j'en ai vendu à Andy Maloney un lot consistant en un jonc en diamant, des braçelets et une paire de boucles d'oreilles, je lui ai donné une facture signée par moi. Ces bijoux n'ont rien à faire avec les autres. Je produis une déclaration signée et écrite toute entière par moi des faits que j'ai énumérés dans la présente déposition.

    Hattie Johnson est ensuite assermentée et dépose. Je connais les accués Maloney et Philipps. Je ne peux jurer si le portefeuille qui m'est maintenant exhibé est le même que j'avais chez moi. Quant à celui-là je l'ai eu avant mon départ pour Hot Springs. Il a été laissé sur mon bureau par Andy Maloney. Je crois qu'une des femmes demeurant chez moi, et nommée Georgie Wilson l'a ramassé. Je ne sais pas ce qu'elle en a fait. Cette fille ne demeure plus chez moi et je ne sais pas où elle est. Je ne me souviens pas que Andy Maloney y ait dit de qui il l'avait eu.

    Jacob Moss, prêteur sur gages, est ensuite assermenté. Le 12 février dernier a été déposé chez moi, par Reinholtz, une chaine en or portant le No 979 dans mes livres. Il a obtenu pour cette chaîne une somme de $13. C'est un de mes commis nommé Michael Nugent qui a fait cette entrée. Elle n'a pas été rachetée et est encore en ma possession. Je connais Baxter, courtier.

    M. St Pierre pose alors la question suivante qui est la cause d'un brouhaha général:

    Est-ce que vous savez si jamais Jas Baxter a eu ce billet en sa possession?

    L'avocat de la défense objecte et le prêteur qui depuis longtemps ennuyait M. St. Pierre par ses sorties burlesques recommence de nouveau. L'avocat poussé à bout cherche à lui imposer le silence et lui fait remarquer que le tribunal n'a que faire de ces "discours de juif."

    M. Guérin se lève à son tour et a une passe d'armes assez vive avec M. St Pierre. M. Moss déclare qu'il l'a entendu dire par M. Elves Stransberger mais qu'il ne le sait pas personnellement.

  8. samedi 20 avril 1889, page 2

    L'AFFAIRE PHILIPPS
    Suite de l'enquête

    Michael Migent commis j'ai M. Moss, dépose que c'est lui qui a fait l'entrée au sujet de la chaîne. Il ne peut pas reconnaître Von Reinholtz.

    Georgie Wilson, demeurant sur la rue Fortier dépose qu'elle reconnait le portefeuille qu'on lui montre. Elle l'a vu il y a deux mois chez Hattie Johnson au No 180 rue St-Constant. C'est avant que cette dernière partit pour Hot Springs. Elle me donna le portefeuille pour le détruire mais je ne le fis psa.

    Elle m'a dit qu'il lui avait été donné mais elle ne m'a pas mentionné le nom. Je l'ai donné au détective Robinson. Je ne sais pas à qui appartient ce portefeuille. J'ai revu les deux prisonniers sur la rue plusieurs fois depuis que je l'ai remis à Robinson. Ils ne m'ont que peu parlé de l'affaire. Quand j'avais le portefeuille en ma possession, j'y ai trouvé des papiers et cartes de visite de Von Reinholtz. Je n'ai jamais vu beaucoup de bijoux chez hattie Johnson à l'exception de trois joncs qui lui ont été donnés par Andy Maloney. Je sais que Andy Maloney et Hattie Johnson ont vécu comme mari et femme pendant plusieurs années. Je sais qu'ils sont allés à Hot Springs ensemble. Leur voyage a duré plus de quatre semaines.

    J'ai entendu parler des valises, car tout le monde en parlait dans la maison.

    La première fois a été par le détective Cullen, qui m'a demandé si j'en connaissais quelque chose. J'avais entendu parler que des bijoux avaient été exposés pour inspection, je n'en savais rien par moi-même mais pour l'avoir entendu dire par Hattie Johnson et les autres filles. Cette dernière m'a dit qu'elle avait remis les trois jonc à Maloney à son retour de Hot Springs.

    A quatre heures M. Guérin demanda de nouveau que son client fut admis à caution, mais le juge ne parut point partager ses vues.

  9. samedi 20 avril 1889, page 6

    L'AFFAIRE PHILIPPS
    Témoignages peu importants

    L'enquête dans cette affaire continue toujours.

    Ce matin, le détective Cullen a été entendu et dépose qu'il a été en possession du portefeuille produit qui lui a été remis par le détective Cullen.

    Gaston St Julien, commis chez Lionnais, ingénieur, dépose qu'il se rappelle avoir vu les deux valises produites. Son patron occupe seul maintenant le bureau autrefois occupé par James Baxter, courtier. Ces valises ont été apportées par un charretier. Il connaît Maloney de vue et se rappelle l'avoir vu là. Il ne sait pas qui a apporté les valises et qui les a reçues. Les valises ont été mises derrière la porte.

    Je suis sorti et je suis resté absent pendant environ dix minutes. Quand je suis revenu, elles étaient partiel. Je sais qu'elles contenaient des bijoux. M. Lionnais m'a parlé des valises depuis et m'a dit qu'ils les avaient renvoyées pour ne pas être mêlé à cette affaire.

    M. J. D. Hall, employé de la Cie de télégraphe Great North Western, produit des télégrammes sont nous avons déjà parlés et qui ont été échangés entre Philipps et Von Reinholtz.

    L'enquête est alors ajournée à lundi prochain.

  10. mardi 23 avril 1889, page 4

    L'AFFAIRE PHILIPPS

    On a continué, cette après-midi, à 3 hrs, l'enquête dans l'affaire Philipps-Maloney. Le premier témoin examiné est M. Hall, employé du bureau de télégraphe, qui a produit les originaux des télégraphes envoyés par Von Reinholtz à Philipps.

    Au moment de mettre sous presse l'enquête se continue.

  11. jeudi 25 avril 1889, page 4

    L'affaire Philipps

    L'enquête dans cette affaire a continué aujourd'hui encore. Un charretier du nom de François Daoust a identifié Von Reinholtz comme celui qu'il a conduit le jour de la fameuse partie de freezeout

  12. vendredi 26 avril 1889, page 3

    Petites nouvelles

    - L'enquête Maloney Philipps s'est continuée hier après-midi. Aucun incident particulier à signaler.

  13. vendredi 26 avril 1889, page 4

    VON REINHOLTZ SUR LA SELLETTE
    Ce que vaut une paire de dix
    Les maisons de jeu de la ville

    On a continué l'enquête, ce matin, dans la cause Philipps. La poursuite ayant terminé sa preuve, la défense a débuté par la transquestion de Von Reinholtz, le principal témoin de la poursuite. Il dépose comme suit:

    Je suis allé chez Maloney à une invitation qu'il m'a faite à l'hôtel Balmoral et en ajoutant qu'il avait de belles chambres. Je suis allé là pour jouer; je savais qu'il était gambler de profession depuis ma première visite à Montréal. Je l'avais rencontré dans une maison de jeu de la rue St Laurent. Dans cette maison on réservait une cognotte sur les mises. Je l'ai rencontré deux ou trois fois. Chez Maloney il n'y avait pas de cagnotte; je n'ai joué qu'une seule fois avec lui.

    Quand j'ai joué dans le tripôt de la rue St-Laurent, on était cinq ou six, dont un entrepreneur, un bijoutier et deux gamblers de profession, y compris Maloney. Ce n'est pas ce dernier qui m'a conduit dans cette maison, mais un nommé Leroux qui m'avait parlé de maisons de jeu.

    Dans ma première visite en cette ville, dans le mois de septembre, je suis allé là trois ou quatre fois.

    Dans le mois de novembre j'ai demeuré à Montréal environ deux semaines. J'allais là le soir. Je suis aussi allé dans une autre maison de jeu sur la rue Notre-Dame tenue par un nommé Leroux dont j'ai parlé précédemment. J'ai joué là deux fois et je suis pas allé ailleurs. Lors de ma première visite en septembre je suis demeuré ici un mois. Je suis descendu premièrement au Windsor, ensuite au St-Lawrence Hall, puis au Balmoral. A ce dernier hôtel j'ai rencontré deux commis-voyageurs américains qui m'ont invité avec instance d'aller dans cette maison de jeu de la rue Notre-Dame tenue par Leroux. Nous avons joué là pendant à peu près 2½ heures à une limite de une piastre et j'ai gagné à peu près $5 ou $6. Pendant ce voyage, je n'étais pas à l'emploi de la maison Ellis de Toronto; mais la dernière fois seulement je suis venu ici en cette qualité.

    Dans cette maison de la rue Notre-Dame, j'ai trafiqué un jonc orné de diamants pour jouer et dans la rue St-Laurent j'ai emprunté de l'argent sur ma montre. Jusqu'alors j'avais tout perdu mon argent, je ne sais pas au juste combien, mais certainement moins de cent piastres. Dans la suite j'ai racheté ma montre, car j'ai gagné d'un seul coup la somme de deux cents piastres à Mike Maloney. J'avais déposé ma montre dans un pawn shop et je l'ai racheté le soir même. J'ai gagné cette somme dans l'espace de une heure. Au dernier moment j'ai emporté un enjeu de quatre cents piastres; je n'avait qu'une paire de six dans la main et Mike Maloney essaya à me bluffer.

    Il en fut pour ces frais car j'emportai le tout. Nous jouions alors au Stud pocker et c'est une assez bonne main à ce jeu, surtout quand notre adversaire n'a pas de paire.

    Ve soir là j'avais gagné presque tout le temps, car je n'avais, sur moi au commencement de la partie, qu'une somme de $20 ou $30. Après la partie nous sommes allé prendre le souper chez Beau et nous y avons bu une bouteille de champagne.

    Dans ce voyage du mois de novembre Maloney m'a souvent invité à aller jouer chez lui, il m'a souvent demandé si je voulais jouer, mais il n'a jamais joué lui-même.

    Quand nous avons joué cette célèbre partie de freeze out au mois de février dernier, Maloney n'a pas voulu jeter dehors Philipps et moi.

    Je me rappelle que Maloney a ouvert la porte donnant sur la grande salle de jeu et nous a dit de ne pas faire tant de bruit. Mike Maloney, Harfry Philipps et moi étaient là quand il a fait cette remarque. Andy Maloney a ajouté de plus qu'il ne faisait pas d'argent dans cette partie là et au meilleur de ma connaissance je crois que Philipps et moi nous l'assurâmes que nous le rembourserions pour l'usage de sa chambre. Il ne m'a pas dit de m'en aller avec mes valises.

    A midi et demi la cour s'ajourne.

  14. samedi 27 avril 1889, page 6

    L'AFFAIRE PHILIPPS
    Suite du témoignage de Von Reinholtz
    Sévère transquestion
    La vie du témoin

    Reinholtz continuant son témoignage d'hier dit: Je n'ai jamais été régulièrement employé par P. Ellis et Cie. Cette maison me regardant comme un employé de première classe s'était servie de moi dans plusieurs circonstances. Je fais affaire pour eux depuis le commencement du mois de décembre 1888. C'était alors le commerce sur les terrains que je faisais pour eux et pour lequel j'eus des bijoux pour commission. Je découvris en arrivant à Toronto que P. W. Ellis et Cie possèdaient des bijoux. Je n'ai jamais dit que j'étais le propriétaire des bijoux mais j'ai pu dire que j'en avais le contrôle pour les vendre. Le transport n'était ni à mon nom ni à celui de la maison Ellis, mais à celui de John James Quirk. Le 12 février dernier je n'ai pas déclaré aux accusés que je possédais $100,000 de bijoux mais que je poouvais m'en procurer un montant égal afin de les trafiquer, vu que Andy Maloney m'avait dit que je pourrais facilement les écouler ici et que Harry Philipps et Baxter possédaient des propriétés pour plus de $100,000. Dans la lettre que j'ai écrite à M. Ellis demandant qu'on envoie les valises, je fis allusion à Maloney.

    Pour deux raisons je me suis servi de la phrase suivante dans cette lettre: "Par une chance des plus extraordinaires j'ai rencontré un homme qui a exprimé le désir d'échanger des propriétés contre des bijoux." La principale raison est que je voulais cacher à P. W. Ellis & Cie le fait que Andy Maloney était un gambler car s'il l'eut appris il aurait pu avoir objection à la transaction. La seconde raison est que Andy Maloney exprimait le désir de faire cet échange cette même après-midi là et que Harry Philipps m'avait assuré que Andy Maloney valait $80,000. J'ai déjà dit pourquoi j'avais menti à mon patron pour le tromper. Maloney m'avait minutieusement décrit les maisons qu'il possédait. Je m'étais informé de la chose auprès de pensionnaires où je demeurais et leurs dires confirmèrent ceux de Maloney. Ces pensionnaires étaient MM. Kyte, Macdonald et Honeyway. Je les connaissais depuis quelques jours seulement.

    Question. - Pensez-vous qu'aucune personne à Montréal ou ailleurs pourrait reconnaître les maisons d'après la description que vous avez donné à vos pensionnaires?

    Rep. En décrivant la propriété, j'ai donné d'abord le nom de la rue et peut-être le numéro. Il peut y avoir d'autres détails que je ne me rappelle pas à présent. Je pense que c'était le numéro 13 ou 17, dans tous les cas, c'était un petit nombre impair.

    Ces valises étaient préparées avant que je parte de Toronto. Les bijoux n'ont pas été déposés dans les valises en ma présence. J'ai eu la liste le même jour que j'ai eu la lettre de P. W. Ellis & Cie. Les bijoux contenus dans ces valises étaient de vieux styles, vû que la maison avait l'habitude de ne pas exhiber à leurs clients les mêmes dessins deux années de suite. Après avoir joué les bijoux, je n'ai pas donné de sécurité à la maison Ellis pour ces bijoux. Je devais alors une somme de $650 sur laquelle je lui donnai un à compte de $250. Je ne suis pas canadien mais suédois. Il y a dix-sept ans que je demeure sur ce continent mais je ne me suis jamais fait naturaliser comme citoyen américain. J'ai vécu 8 ans à Augustine, dans l'étât de Géorgie, après mon arrivée de Suède. J'ai fait là le commerce des ferronneries mais je ne me propose pas de vous en raconter plus sur mes affaires privées maintenant. Ce ne vous regarde pas, M. Greenshield.

    M. Greenshields. - C'est ce que nous verrons, nous désirons tout savoir. Combien de temps avait fait le commerce, sur quelle rue et quel numéro?

    M. St. Pierre fait objection à la question et le tribunal décide de la permettre.

    Réponse - Je faisais affaire avec mon frère, je ne me rappelle pas le nom ni le numéro de la rue. Ma résidence privée était sur la rue Richmond, une des principales rues de la ville. J'ai vécu un an et demi avec mon frère. Je suis âgé maintenant de 34 ans et quand j'ai quitté Augustine, j'en avais 24. Je suis alors allé à New-York.

    Question. - Avec qui étiez vous employé avant d'être chez votre frère?

    Le témoin refuse de répondre pour des raisons personnelles et qui ne peuvent attaquer son caractère ni l'incriminer.

    Objection maintenue.

    En arrivant à New York je suis alors entré au théâtre dans la cinquième avenue, sous le nom de Reinholtz. Je commençai d'abord à jouer l'opéra et bientôt je devins un des principaux acteurs de la pièce; c'était dans "Pinafore", de Gilbert et Sullivan. J'entrai [?] dans une maison de commerce de New-York. J'avais été malade auparavant et j'avais beaucoup perdu la [?]. J'ai aussi perdu la voix pendant six mois.

    On lui demande où [?] père et le témoin refuse de répondre [?] qu'il ne soit psa mêler à cette affaire le nom de sa famille.

    Dans la pièce de Pinafore je n'ai jamais vu S. O. Mathews qui est maintenant en cour et qu'on me désigne. Il sait que Pinafore avait été joué à New-York auparavant.

    M. St Pierre s'objecte à la question vû que Mathews est inconnu et peut être complice des accusés.

    La cour maintient l'objection faite par l'avocat de la défense.

    Au moment de mettre sous presse, la cause se continue.

  15. lundi 29 avril 1889, page 4

    L'AFFAIRE PHILIPPS-MALONEY
    vient témoigner avec un sauf-conduit
    Fin de son témoignage

    On a continué, ce matin, l'enquête dans l'affaire Philipps-Maloney.

    Von Reinholtz continue son témoignage. Il dit qu'il devait $400 à M. Ellis dont il a parlées, samedi dernier, pour des médailles commémoratives du carnaval qu'il avaient vendues en cette ville. Il avait dépensé cette somme pour frais d'hôtel et peut-être pour jouer aux cartes. Il dit qu'il n'a pas eu de garantie de la maison Ellis pour venir témoigner dans cette cause mais qu'il possède un sauf-conduit de la Cour Supérieure, dont il a l'original en poche. C'est un ordre émané le 10 avril courant par Son Honneur le juge Loranger. Il ajoute qu'il a pu changer de nom aux Etats-Unis mais pas ailleurs. Il n'a jamais subi de procès pour aucun crime.

    Ré-examiné pa M. St Pierre, il dit que les cartes dont Philipps et lui se sont servies pour jouer la fameuse partie de freeze out le 12 février dernier, ont été prises dans un bureau chez Maloney. C'est d'ailleurs l'habitude que les maisons de jeu fournissent elles-mêmes les cartes.

    La déposition de Reinholtz est alors close et le témoin après avoir serré la main à ses amis a quitté la cour pour se rendre à Toronto, en attendant l'issue de l'examen préliminaire et donner son témoignage devant la cour du Banc de la Reine, s'il y a lieu.

    Hattie Johnson est alors de nouveau assermentée et dit qu'elle n'a rien à ajouter à ce qu'elle a déjà dit dans sa déposition antérieure.

  16. lundi 29 avril 1889, page 4

    L'AFFAIRE PHILIPPS-MALONEY
    Les accusés relâchés sous caution de $2,000

    Ce matin, M. Greenshields a présenté, devant Son Honneur le juge Davidson, une requête pour habeas-corpus en faveur des accusés Philipps et Maloney. Le juge s'appuyant sur le chap. 145 des Statuts Refondus dit que ce dont étaient accusés les prisonniers n'était pas une félonie mais bien plutôt un délit et vû les difficultées de la cause, il serait prêt à accepter deux cautionnements de $1,000 pour chacun des accusés.

    Jusqu'au moment de mettre sous presse, les cautions n'étaient pas encore fournies, mais il est tout probable qu'elles le seront cette après-midi.

    Les accusés ont eu une longue entrevue avec Hattie Johnson.

    D'après la loi sous laquelle seront jugés Philipps et Maloney, ils ne peuvent être condamnés à plus de deux ans de prison.

  17. jeudi 2 mai 1889, page 4

    Les cautions de Maloney et de Philipps

    Ce sont MM. James Baxter et C. J. Laird qui ont donné caution pour Harry Philipps et J. C. Laird et George Koester pour Andy Maloney.

  18. vendredi 3 mai 1889, page 4

    L'AFFAIRE PHILIPPS-MALONEY
    Rumeur que l'affaire va s'arranger

    Des gens bien renseignés prétendent que la fameuse cause Maloney-Philipps ne viendra jamais devant les tribunaux vû que principal témoin, M. George Von Reinholtz n'a pas l'intention de demeurer longtemps au Canada. L'avocat de la Couronne nie le fait et dit qu'il est à préparer trois indictements.

    Le point principal sur lequel se base la Couronne est la section 5 de l'"Acte concernant les Complices". L'opinion générale parmi les employés de la Cour est que l'affaire ne sera pas poussée plus loin.

  19. samedi 4 mai 1889, page 6

    L'AFFAIRE PHILIPPS-MALONEY

    Harry Philipps nie qu'il soit allé à Boston pour rapporter les bijoux disparus de la maison Ellis.

    Les bijoux ne sont pas sortis de Montréal et ne seront rendus à Ellis pour aucune considération. Les rumeurs allant à dire que nous allons arranger l'affaire à l'amiable sont dénouées de fondement. Il n'y aura pas de quartier et je désire que la cause soit jugée sur son mérite. Je ne suis pas effrayé de l'issue du procès.

  20. jeudi 9 mai 1889, page 3

    - Les bruits que font courir les accusés Philipps et Maloney tendant à dire que les deux tiers des bijoux arrachés à Reinholtz n'ont pas encore été retrouvés sont, paraît-il une tactique pour en arriver à un compromis. La poursuite affirme que tous les bijoux sont retrouvés, malgré les dénégations des accusés.

  21. jeudi 23 mai 1889, page 3

    Andy Maloney a reçu hier du député-grand-connétable des bijoux pour la valeur de $375, qui lui avaient été vendus par Von Reinholtz avant la fameuse partie des freeze out. Ce sont les bijoux qui ont été saisis chez lui par les détectives Cullen et Robinson.

  22. mercredi 5 juin 1889, page 4

    COUR DU BANC DE LA REINE

    ... On a envoyé un sauf-conduit à Reinholtz, le principal témoin dans l'affaire Maloney-Philipps qui tout probablement commencera samedi prochain. On peut s'attendre à un procès intéressant.

  23. vendredi 14 juin 1889, page 3

    Le grand Jury

    ... Les jurés exposent que dans leurs délibérations dans la cause de Andy Maloney et Harry Phillips, certains faits sont venus à leur connaissance qui les justifient de demander les instructions nécessaires pour rapporter un verdict de vol contre George Von Reiholtz.

    M. le juge Church qui reçut ce rapport donna quelques explications sur ce dernier point, puis le jury après quelques minutes présenta un verdict de (true bill) contre George Von Reinholtz, pour vol de $14,000 de bijouteries appartenant à P. W. Ellis, de Toronto.

  24. samedi 31 août 1889, page 3

    COUR DU BANC DE LA REINE
    La cause Philips-Maloney

    La cour du Banc de la Reine pour le terme de septembre s'ouvrira lundi prochain à 10 hrs, sous la présidence de son Honneur le juge-en-chef Dorion. On doit s'occuper, entre autres, de la fameuse cause Philips-Maloney.

    M. St-Jean, l'avocat de la couronne dit que Von Reinholtz se rendra sans doute pour rendre témoignage.

    On sait que Reinholtz a été trouvé coupable de vol par le grand jury; il y a un "true bill" contre lui et rien de surprenant que cette circonstance ne l'empêche de paraître à Montréal.

  25. mercredi 18 septembre 1889, page 3

    L'affaire Phillips-Maloney

    Les substituts du procureur-général, MM. St Jean et Trenholme, ont reçu hier après-midi l'autorisation d'entrer un nolle prosequi dans la cause de Von Reinholtz, le principal témoin à charge contre Harry Phillips et Andy Malony, de sorte que ce dernier pourra venir rendre son témoignage sans crainte d'être molesté.

  26. jeudi 19 septembre 1889, page 4

    Le procès Maloney-Philips

    ... Malgré le nolle prosequi entré sur le dos de l'indictement contre Geo. Von Reinholtz, le témoin principal à charge dans la poursuite contre Philipps et Maloney, il n'est pas probable que la cause se déroule à ce terme de la cour Criminelle, car il paraîtrait que Reinholtz ne voudrait pas se risquer avec les conditions qu'on lui a faites.



Jacques Beaulieu
jacqbeau@canardscanins.ca
Révisé le 3 avril 2018
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