Mes racines / my roots

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Fonds de solidarité

Fonds de solidarité / Ouganda

une oeuvre à continuer

Nous avons pensé reproduire un article que le père Édouard Trudeau avait publié dans le numéro 464 du Brigand (octobre -novembre -décembre 2000) suite à un court séjour au Canada, du 4 octobre au 12 novembre de la même année. Il avait voulu profiter de ce voyage pour rencontrer ses nombreux amis et bienfaiteurs qui soutenaient ses oeuvres apostoliques. Voulant élargir les bases de son fonds de solidarité pour venir en aide aux réfugiés et leur permettre surtout de continuer leurs études, il avait bien voulu rédiger le présent article qui expose les objectifs de ce fonds d'entraide et les résultats obtenus à la date de sa publication. Comme il terminait son article par ces mots: "C'est une oeuvre à continuer", nous avons pensé le reproduire. Le 'Jesuit Solidarity Fund' existe toujours et des confrères jésuites - dont le père John Legge - vont assurer la relève.

Son origine et son développement

En août 1977, je quittais Montréal pour mon troisième stage en Afrique de l'Est. J'y suis depuis ce temps-là! Peu après mon arrivée à Nairobi, Kenya, alors que je résidais avec l'aumônier de l'Université de Nairobi, j'ai eu l'occasion d'entrer en contact avec plusieurs réfugiés qui venaient quêter à la paroisse universitaire.

Ces réfugiés venaient d'Ouganda ou d'Éthiopie. En Ouganda, Ida Amin Dada avait établi un régime de terreur, une véritable dictature. Un autre groupe, celui d'Éthiopie, s'enfuyait du pays à cause de la dictature marxiste du colonel Mengistu. Ces deux dictateurs sont maintenant, l'un en Arabie, l'autre au Zimbabwe. L'un et l'autre mériteraient de passer à la cour internationale de justice!

Mon séjour de 12 ans en Éthiopie fut la raison pour laquelle je rencontrai plusieurs Éthiopiens, dont certains avaient été mes anciens élèves. Ils furent mes premiers amis-réfugiés en 1978. Évidemment, ces families d'Éthiopiens m'en amenèrent d'autres à ma résidence et à la chapelle universitaire.

Aux Éthiopiens vinrent s'ajouter les nombreux réfugiés d'Ouganda. Parmi eux il y avait aussi des réfugiés du Rwanda, d'abord réfugiés en Ouganda en 1959-60, alors que 300000 Rwandais s'enfuirent en Ouganda ( en majorité des Tutsis).

Les jésuites de l'Afrique de l'Est, formés en Région de l'Afrique de l'Est en 1976, travaillaient dans 5 pays: Éthiopie, Soudan, Kenya, Tanzanie, Ouganda. C'est peut-être la région du monde où il y a le plus de réfugiés.

C'est à cette période que je proposai au supérieur régional une levée de fonds pour aider les réfugiés, avec l'aide du Bureau des missions jésuites de Montréal.

Les réponses et contributions furent au-delà de toutes mes espérances. Les dons reçus à Montréal me furent transférés régulièrement à Nairobi. Ils furent dépensés surtout pour les réfugiés. Le budget annuel de ces services aux réfugiés était déterminé selon le montant reçu à chaque année.

Dès le début, les requêtes prioritaires des réfugiés furent l'éducation de leurs enfants, les frais médicaux, la nourriture et parfois le loyer. Après vingt ans d'expérience avec les réfugiés, je remarque que leurs priorités sont les mêmes. D'ABORD LEURS ENFANTS ET LEUR AVENIR. Le meilleur investissement est encore et plus que jamais l'ÉDUCATION.

Deuxième étape

En 1985, après avoir complété le projet du "Catholic Higher Institute of East Africa", pour lequel j'étais venu au Kenya en 1977, le provincial me demanda d'aller en Ouganda, comme supérieur local. Je partis pour le diocèse de Moroto, chez les Karamojongs, tribu de nomades, dans la région la plus pauvre de tout l'Ouganda. Région semi-désertique. Ma position de secrétaire de l'évêque et de chancelier du diocèse, ainsi que d'aumônier de l'École Normale et du "Moroto High School", me permit de constater les besoins extraordinaires de ces jeunes. Pour une population de 400000, il y avait seulement deux petites écoles secondaires! Pas de bibliothèque, pas de laboratoire, professeurs en petit nombre ou pauvres.

C'est là, à Moroto, que je commençai à aider les jeunes qui ne pouvaient pas aller à l'école. Les religieuses du Sacré Coeur (les Dames du Sacre Coeur, comme on les appelait chez nous) dirigeaient le seul pensionnat pour jeunes filles. Vous les aidez depuis ce temps, car je donnai priorité à cette école, bien dirigée par une religieuse bien de chez nous, de Longueuil. C'était d'autant plus apprécié que ces nomades-guerriers s'opposent à l'éducation des jeunes filles.

Depuis 1986, nous avons aidé quelques centaines de ces jeunes filles à "Kangole Girls Secondary School". Ce sont toujours les religieuses du Sacré Coeur, maintenant des Ougandaises, qui dirigent cette école, la meilleure dans tout le Nord-Est du pays.

En 1988, nouveau départ, nouveau défi. Le père Plamondon, notre supérieur provincial (province de l'Afrique de l'Est depuis 1986), m'envoie à Kampala, capitale de l'Ouganda, pour y établir et bâtir la première résidence jésuite en Ouganda, Xavier House.

C'est cette communauté jésuite qui fonda officiellement le "JESUIT SOLIDARITY FUND". Comment?

Nous avons réalisé que ce n'était pas sage de dépenser chaque année tous les dons reçus. II fallait prévoir pour les jours, peut-être pas très lointains, ou moi, le directeur et quêteux par excellence, disparaîtrait. Nous avons donc commencé à mettre de côté à chaque année un certain pourcentage des dons. Ce fonds, éventuellement propriété de la communauté, pourra être utilisé -les intérêts seulement -annuellement.

Quels sont les objectifs de ce Fonds?

  1. l'éducation des jeunes pauvres (orphelins du SIDA surtout), les handicapés et les réfugiés;
  2. l'aide à quelques familles de réfugiés: loyer, soins médicaux, nourriture, etc.
  3. autres secours d'urgence: soins médicaux pour enfants qui viennent à notre porte, chaque jour; billets de nourriture et loyer.

Depuis plus de dix ans, nos bienfaiteurs n'ont cessé d'être généreux, et nos services ont augmente. Voici, en gros, quelques statistiques:

Dépenses: Élèves Families + réfugiés
1992-93 70000 US 500 100
1993-94 130000 650 130
1994-95 167000 800 150
1995-96 224000 1000 175
1996-97 145000 700 150
1997-98 84000 550 100
1998-99 92256 500 100

Il serait trop long de vous donner mes commentaires au sujet de la diminution des élèves.

La raison principale était mon âge et ma santé. Car je suis sans secrétaire; je n'ai pas l'énergie de mes 60 ans, quand je suis reparti pour l'Afrique! Heureusement que mon voisin de chambre est prêt à prendre la relève. II enseigne à l'université de Kampala. Jésuite canadien-anglais, d'Edmonton; il fut d'abord missionnaire au Bhoutan dans les Hymalayas, puis est ici depuis dix ans. C'est lui qui me remplace quand je viens au Canada... chaque année maintenant! De plus, le JRS - Jesuit Refugee Service (ou Service jésuite aux réfugiés)-, organisme non gouvernemental international reconnu, est installé à Kampala avec un bureau spécial pour les réfugiés urbains, en plus d'être actif dans deux centres de réfugiés au nord du pays et au nord-est.

Bilan ou évaluation

Objectivement, s'il m'est possible d'être objectif, je crois qu'il est positif. Depuis 15 ans, plus de 5 000 jeunes ont pu faire leurs études primaires et/ou secondaires. Plusieurs ont obtenu une bourse du gouvernement pour l'université. Il nous est impossible de financer des études universitaires.

Parmi nos anciens et anciennes, nous avons des prêtres, des religieux et religieuses (y compris des jésuites), des professionnels, avocats, médecins, gardes-malades, professeurs au primaire et au secondaire, etc., même une ambassadrice, fille de Nomades, qui a étudié à la "Kangole Girls School" mentionnée plus haut.

GROS MERCI -GROS MERCI À TOUS LES COLLABORATEURS-BIENFAITEURS.

C'EST UNE CEUVRE À CONTINUER!

Édouard TRUDEAU, S.J.
Administrateur
"Jesuit Solidarity Fund"



Jacques Beaulieu
jacqbeau@canardscanins.ca
Révisé le 3 avril 2018
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