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L'affaire Shortis (Deuxième partie)

Extraits de La Patrie
concernant l'affaire Shortis
(deuxième partie: du 9 mars au 30 septembre 1895)
placés par ordre chronologique
_______




  1. samedi 9 mars 1895, page 8

    SHORTIS

    Arrivé à la prison de Montréal ce matin

    Shortis est arrivé ce matin, à Montréal, par le convoi du Grand Tronc à la gare Bonaventure à 8.40 hrs, escorté de deux constables de Beauharnois. Le meurtrier a été conduit immédiatement à la prison de Montréal.

    L'auteur du sanglant drame de Valleyfield parait bien résigné et a exprimé sa satisfaction de se voir transporter dans sa nouvelle geôle.

    On ne sait pas encore si Shortis subira son procès au terme de la Cour Criminelle du mois de juin.

  2. mercredi 20 mars 1895, page 8

    SHORTIS

    Son père est arrivé à Montréal

    Le père du meurtrier Shortis est arrivé à Montréal ce matin. Il a eu dans la matinée une entrevue avec l'avocat de l'accusé.

    Il pourra voir son fils aujourd'hui ou demain à la prison.

  3. mercredi 10 avril 1895, page 4

    SHORTIS
    Ses avocats veulent obtenir un bref d'"habeas corpus"

    A l'ouverture de la Cour Criminelle, ce matin, MM. H. C. St-Pierre et J. N. Greenshields, les avocats de Shortis, le meurtrier de Valleyfield, ont présenté une motion au président du tribunal, M. le juge Wurtele, afin d'obtenir un bref d'"habeas corpus." Les savants avocats ont longuement discuté la motion et, finalement, le juge leur a dit qu'il donnerait sa décision à l'ouverture de la cour demain matin.

    Les défenseurs de Shortis veulent envoyer une commission en Irlande afin de prouver que l'aliénation mentale est héréditaire dans la famille du prisonnier.

  4. jeudi 11 avril 1895, page 6

    SHORTIS
    M. le juge Wurtele refuse le bref d'"Habeas corpus"
    Le prisonnier subira son procès à Beauharnois

    Ce matin, la Cour Criminelle était bondée de spectateurs venus pour voir Shortis qui devait comparaître devant M. le juge Wurtele.

    A 10 heures et 30, le président du tribunal est monté sur le banc, et le meurtrier de Valleyfield a été appelé à la barre.

    Tous les regards étaient fixés sur lui, mais il ne paraissait voir personne.

    Il était élégamment mis et d'une propreté remarquable.

    Quand il est monté à la boîte, il a beaucoup toussé et il ne paraissait pas d'occuper beaucoup de son sort.

    MM. St-Pierre et Greenshields, ses défenseurs, ont argumenté tour à tour sur le bref d'"habeas corpus" présenté hier, et finalement ont expliqué au juge qu'ils avaient fait venir leur client devant la Cour Criminelle pour prouver qu'il était actuellement détenu à la prison de Montréal.

    Le président du tribunal, après avoir entendu la discussion de part et d'autre, a renvoyé l'application et ordonné que Shortis soit reconduit à Beauharnois pour y subir son procès.

    Il est fort probable que les avocats de la défense s'adresseront au gouvernement afin d'obtenir un changement de venue.

    Une foule énorme encombrait les couloirs et lorsque le meurtrier est sorti, plusieurs murmures d'indignation se sont fait entendre.

    En montant dans la voiture destinée à son transport à la prison, Shortis souriait et il a dit à l'un des gardes: "What a gang of fools." Il était revêtu du même patelot qu'il portait lorsqu'il a été amené à Montréal après la sinistre tragédie.

    Son père s'est embarqué ce matin, en route pour Montréal, et il assistera au procès de son fils.

  5. vendredi 19 avril 1895, page 2

    ON VEUT PLAIDER FOLIE

    MM. H. C. Saint-Pierre et G. N. Greenshields, avocats de Shortis, ont présenté au juge Wurtele une requête de la part du père du prisonnier, demandant la permission d'envoyer des médecins aliénistes le visiter dans sa cellule à la prison, afin de justifier le plaidoyer de folie et d'irfresponsabilité morale que la défense amènera au procès.

    M. McMaster ne s'est pas opposé à ce qu'il fût fait droit à cette requête, mais il a exprimé l'opinion que le procureur général avait seul juridiction pour accorder la permission demandée. Le juge Wurtele consultera les statuts et les règlements de la prison avant de donner sa décision. Dans l'intervalle, à la demande du juge, M. McMaster se mettra en relation avec le procureur-général afin d'obtenir lui-même ce que la défense demande. Si le procureur-général refuse - ce qui n'est pas probable - le juge Wurtele agira.

  6. lundi 6 mai 1895, page 4

    SHORTIS
    son avocat demande un changement de venue

    M. J. N. Greenshields a écrit, samedi, au procureur-général pour demander un changement de venue pour le procès de Shortis. Le meurtrier de Valleyfield sera examiné aujourd'hui par les médecins, à la prison.

  7. jeudi 9 mai 1895, page 6

    L'AFFAIRE SHORTIS
    La demande d'un examen médical devra être faite à Beauharnois

    M. Greenshields a présenté, ce matin, sa motion demandant un examen médical de Shortis, le meurtrier de Valleyfield.

    L'hon. juge Wurtele a décidé que, après avoir demandé l'avis du procureur général, il n'avait pas de juridiction. En effet, par un arrêté en conseil, la prison de Montréal sert aussi de prison pour le district de Beauharnois. Par conséquent, l'application devra être faite au juge de ce dernier district.

    M. Greenshields se propose de renouveler sa demande devon l'hon. juge Bélanger, à Beauharnois.

  8. mardi 28 mai 1895, page 4

    SHORTIS
    Sa demande pour un changement de venue

    M. McMaster n'a pu se rendre en Cour aujourd'hui. L'un de ses enfants est assez sérieusement malade. Aussi la requête de M. St Pierre demandant changement de venue, de Beauharnois à Montréal, pour le procès de Shortis, n'a pu être plaidée ce matin.

    Cette requête sera-t-elle accordée? Plusieurs répondront oui, d'autres disent non.

    Par l'extrait du Progrès de Valleyfield que nous avons publié samedi, nos lecteurs savent à quoi s'en tenir au sujet des sentiments de la population du comté de Beauharnois.

    >P> Shortis obtiendrait justic aussi bien là qu'à Montréal, dit notre confrère. A tout évènement sub judice lis est.

  9. mardi 28 mai 1895, page 4

    TELEGRAPHIE
    A BEAUHARNOIS

    L'avocat Foster demande un changement de venue dans l'affaire Shortis

    Beauharnois, 28. - A midi, M. Geo. Foster, avocat de la famille Shortis a fait application devant M. le juge Bélanger dans le but d'obtenir un changement de venue dans la cause du meurtrier de Valleyfield.

    Vu que les avocats de la Couronne n'étaient pas prêts à produire leur affidavit; le président du tribunal rendra sa décision samedi.

    Un grand nombre de personnes encombraient la salle d'audience.

  10. mardi 4 juin 1895, page 4

    SHORTIS
    Il se fait extraire deux dents

    Hier après-midi, le docteur Louis Franchère, dentiste de la rue Saint-Denis, s'est rendu auprès du meurtrier de Valleyfield et lui a extrait deux dents.

    Shortis souffrait depuis quelques semaines d'un violent mal de dents, et c'est à la demande de sa mère que le dentiste s'est rendu à la prison.

  11. vendredi 7 juin 1895, page 4

    EN DELIBERE
    Les avocats de Shortis demandent un "changement de venue"

    Beauharnois, 7. - Ce matin, les avocats St Pierre, Greenshields et Foster sont arrivés ici dans le but de plaider devant M. le juge Bélanger le "changement de venue", dans l'affaire de Shortis, le meurtrier de Valleyfield.

    On a passé l'avant-midi, à argumenter sur différents points de loi, et les avocats de l'accusé aussi bien que ceux de la Couronne ont déployé tout ce que leur talent contenait.

    A deux heures, le président du tribunal a répondu aux avocats qu'il prenait la demande en délibéré et qu'il rendrait sa décision dans quelques jours.

  12. jeudi 13 juin 1895, page 4

    SHORTIS
    Il devra subir son procès à Beauharnois

    Pas de changement de venue

    La demande présentée au juge Bélanger par les avocats de Shortis pour obtenir un changement de venue vient d'être renvoyée par la cour.

    Le meurtrier de Valleyfield devra subir son procès à Beauharnois.

    Une dépêche spéciale que nous recevons au dernier moment nous apprend que la population de Beauharnois est satisfaite de la décision du juge Bélanger. On a voulu soulever des préjugés mais cela n'a pas réussi.

    Il est probable qu'il y aura bientôt un terme de la cour criminelle à Beauharnois.

  13. vendredi 21 juin 1895, page 4

    SHORTIS
    Ce que l'on pense de sa folie

    Shortis continue à faire des siennes à la prison de Montréal. Le meurtrier de Valleyfield se plaint des gardes, de la nourriture et cite devant le gouverneur de la prison ceux des gardiens qui ne veulent pas se plier à ses exigences.

    Vraiment les journaux à la recherche de nouvelles à sensation donnent trop d'importance à ce meurtrier. Le gouvernement provincial est bien disposé à l'égard du prisonnier et la preuve en est bien dans la nomination d'une commission chargée d'aller en Irlande chercher des preuves de folie de Shortis.

    On ne peut cependant empêcher le peu de dire que décidemment Shortis a des amis puissants et que, s'il est réellement fou ou maniaque, on aurait pu relever des preuves en Canada, sans aller chercher si loin.

    Nous ne voulons certainement pas préjuger l'opinion publique contre l'accusé. Mais nous devons dire que tous ces retards et ces atermoiements donnent une pauvre idée de nos médecins spécialistes et de l'esprit de fair play et de justice qui anime nos populations.

    S'il fallait faire des enquêtes semblables dans tous les cas qui sont soumis à nos tribunaux criminels, on finirait toujours par découvrir des cas de fol;ie dans bien des familles, nous disait ce matin, un personnage haut placé. Cependant, il est mieux que la justice s'éclaire et soit en connaissance de tous les faits.

  14. samedi 29 juin 1895, page 8

    L'AFFAIRE SHORTIS

    On commence déjà à s'occuper du logement des étrangers que cette cause célèbre attirera à Beauharnois.

    Un cottage a été loué pour les avocats de la Couronne et ceux de la défense. Ce cottage sera sous les soins de M. John Kelly, hôtelier.

    Un fil télégraphe reliera la prison au réseau du Great North Western Telegraph.

    Des opérateurs seront placés dans une des salles du Palais de Justice pour transmettre à Montréal tous les incidents du procès.

  15. mardi 16 juillet 1895, page 3

    SHORTIS
    On commence l'enquête en Irlande

    Hier matin, on a commencé à Waterford, Irlande, l'examen des témoins sur la famille de Shortis et sur l'enfance du meurtrier de Valleyfield.

    On croit que cette enquête durera trois ou quatre jours.

    Le bref nommant la soumission rogatoire est "rapportable" dans un mois au greffe de la cour à Beauharnois.

  16. mardi 16 juillet 1895, page 4

    SHORTIS
    L'enquête du commissaire commencera aujourd'hui

    C'est aujourd'hui, d'après les dernières nouvelles reçues à la Cour de Police, que doit commencer en Irlande l'enquête du juge Dugas dans l'affaire Shortis.

    MM. MacMaster et Greenshields seront présents et nombre de parents et d'amis du meurtrier de Valleyfield seront interrogés par le magistrat enquêteur.

  17. vendredi 2 août 1895, page 4

    SHORTIS
    M. le juge Dugas s'embarque pour revenir au Canada

    MM. le juge Dugas et J. N. Greenshields se sont embarqués ensemble hier pour revenir au Canada.

    Lors de l'enquête tenue à Waterford trente témoins ont été interrogés par les avocats des deux parties et M. le juge Dugas présidait.

    Deux des témoins questionnés par M. Greenshield ont juré que le meurtrier de Valleyfield a fait feu sur eux en 1892.

    On a établi la folie de la mère de l'accusé.

  18. samedi 17 août 1895, page 8

    SHORTIS
    Les papiers n'ont pas été perdus

    On a fait beaucoup de bruit à propos de la perte des papiers de l'enquête faite en Irlande dans l'affaire Shortis.

    Or, il est en preuve que ces documents n'ont jamais été perdus; au jour fixé par le juge Bélanger, ces papiers étaient rendus à Beauharnois.

    Ils ont été écartés avec d'autres documents mais retrouvés après quelques recherches.

    Ce matin, les avocats de la Couronne ont demandé au juge Bélanger d'enlever les scellés apposés sur ces papiers importants afin que la cour puisse en prendre connaissance.

  19. samedi 21 septembre 1895, page 8

    SHORTIS
    Son père envoie $1,000 à la famille Leboeuf

    M. Shortis, le père du meurtrier de Valleyfield, a envoyé à la famille Leboeuf, l'une des victimes de son fils, la somme de mille dollars.

    La cause commencera le 1er octobre prochain à Beauharnois.

    La couronne sera représentée par MM. Donald McMaster et J. L. Laurendeau.

  20. lundi 23 septembre 1895, page 4

    SHORTIS
    Son père et sa mère arrivés hier soir à Montréal

    M. et Mme Shortis, père et mère du malheureux jeune homme qui attend son procès, incarcéré dans la prison de Montréal, depuis l'horrible boucherie humaine à Salaberry de Valleyfield, sont arrivés hier soir, à bord du steamer "Laurentian".

    Ces infortunés parents ont fait le voyage d'Irlande à Montréal pour se procurer la triste satisfaction de suivre les assises devant lesquelles sera traduit leur enfant.

    M. et Mme Shortis sont de respectables personnes, à la mine aisée et bien intelligents, paraissant compter de cinquante à soixante ans d'âge.

    Ils ont été reçus au débarcadère, non pas par M. St-Pierre ou M. Greenshields, les avocats du prisonnier, selon qu'ils avaient l'air de s'y attendre, mais par M. Hannah, agent de la compagnie Allen, et un couple de journalistes.

    Malgré leur profonde affliction qui faisait perler des larmes aux yeux du père et sangloter la mère, ils ont bien voulu répondre à quelques questions, avant de se rendre au Windsor, où ils sont descendus. Et d'abord, M. Shortis a admis avoir fait à la famille du pauvre Leboeuf cette gratification de mille piastres dont il a déjà été parlé.

    Il se déclare satisfait du ton de la presse canadienne-anglaise, mais il se plaint de l'attitude hostile, comme il l'appelle, de la presse canadienne-française.

    L'impartialité de cette appréciation est discutable. Les motifs de la conduite différente qui l'a provoquée pourraient ??? être discutés

    M. Shortis déclare qu'il a été prouvé jusqu'à l'évidence, par l'enquête faite en Irlande, que son fils est atteint de folie.

    Quant à l'objection qu'un fou aussi dangereux ne devrait pas être expédié, en toute liberté, en pays étranger, il y répond en affirmant que les antécédents de son fils ne faisaient aucunement prévoir que sa folie aboutirait à ce degré de malice.

    Le procès de Shortis commencera à Beauharnois le 1er octobre prochain.

    Comme nous l'avons annoncé, MM. J. K. Elliott et Laurendeau, substituts du procureur général, occuperont pour la Couronne.

  21. mercredi 25 septembre 1895, page 4

    IL RECOIT SA NOMINATION

    Ce matin, notre confrère, M. Alex. Cotté de la Presse a reçu du procureur-général, sa nomination comme interprète lors du procès de Shortis, à Beauharnois.

  22. vendredi 27 septembre 1895, page 4

    CE FAMEUX CHEQUE
    Mme Leboeuf recevra les $1,000

    M. Greenshields, l'un des avocats de Shortis, nous a déclaré que le chèque de $1,000 que le père du meurtrier a décidé de donner à la veuve de Maxime Leboeuf, a été signé hier.

    L'argent serta confié, aujourd'hui même au curé de Valleyfield pour être remis à Mme Leboeuf.

  23. lundi 30 septembre 1895, page 3

    SHORTIS
    Son procès commence demain à Beauharnois

    Comme nous l'avons annoncé c'est demain que s'ouvre, à Beauharnois, le procès du meurtrier de Valleyfield.

    La première journée sera prise presqu'entièrement par le tirage au sort du jury, en supposant que l'on puisse réussir à le constituer, ce qui semble problématique.

    Nous publierons tous les jours le compte-rendu des séances de la cour d'assises.

    Nos lecteurs sont assurés d'avance d'être aussi bien, aussi complètement et aussi impartiellement renseignés qu'ils l'ont été pour l'affaire du meurtrier de St Henri.

    Nous pensons les intéresser en leur traçant aujourd'hui la grande ligne du procès.

    Cuthbert Francis Valentine Shortis, actuellement détenu à la prison de Montréal est accusé d'avoir dans la nuit du 1er mars de l'année courante assassiné John Lowe et Maxime Leboeuf à la filature de coton de Valleyfield.

    Le meurtrier avait été quelque temps employé comme secrétaire privé de M. Simpson, gérant de la fabrique.

    Il avait été remercié quelque temps avant la date du crime, pour irrégularité dans sa conduite.

    Il se plaignit du mauvais vouloir des directeurs de l'usine et prétendit que ceux-ci lui devaient des sommes qu'ils refusaient de lui payer et proféra des menaces à leur égard.

    On ne tint aucun compte de ses dires et on le laissait entrer quand il voulait dans les locaux de l'usine.

    Pendant la nuit où s'est déroulé le drame, le caissier de la fabrique, John Lowe, était occuper à compter et mettre sous enveloppes les salaires des employés, qu'il devait payer le lundi suivant.

    Il était aidé par deux employés, Hugh Wilson et Lowe.

    Il y avait 12600 dollars sur la table.

    A 10 heures du soir, Shortis vint frapper à la porte et demanda la permission d'entrer qui lui accordée après cependant lui avoir été d'abord refusée.

    Shortis raconte quelques histoires à ses anciens compagnons. Il prit, démonta et nettoya un revolver qui se trouvait sur la table du caissier, à portée de la main de ce dernier.

    Tout à coup, froidement, Shortis tire une balle sur Hugh Wilson. Il retourne son arme contre John Lowe, fils du maire de Valleyfield, et l'étend raide mort.

    L'autre Lowe se sauve dans la voute, emportant l'argent et, malgré les paroles mielleuses de Shortis il refuse de se montrer et d'ouvrir la porte.

    Le blessé Wilson s'était traîné en rampant dans la chambre des métiers.

    Shortis le suit à la trace sanglante en s'éclairant au moyen d'allumettes.

    Chemin faisant il rencontre Maxime Leboeuf, gardien de nuit et le tue.

    Pendant ce temps Wilson parvient jusqu'à la chambre des chaudières et donne l'alarme.

    Shortis fut arrêté de suite et confessa son crime.

    De grands efforts ont été faits pour démontrer sa folie.

    Le juge Dugas a été faire une enquête spéciale en Irlande et en est revenu dernièrement.

    Les avocats de la défense sont MM. J. N. Greenshields, C.R., H. C. St-Pierre, C.R., et Georges F. Foster.

  24. lundi 30 septembre 1895, page 4

    SHORTIS ET SHERDON
    L'ouverture des assises criminelles à Beauharnois et à Sherbrooke
    On plaide folie dans les deux cas

    Il est maintenant certain que Shortis, le meurtrier de Valleyfield, ne sera conduit à Beauharnois que demain matin, car le shérif n'a pas encore reçu l'ordre de remettre le prisonnier aux autorités du district de Beauharnois. Cet ordre cependant ne peut tarder à venir.

    La cour d'assises s'ouvrfe demain matin, mais avant les préliminaires d'usage, l'appel des jurés, le discours du président du tribunal, qui, affirme-t-on, sera M. le juge Mathieu qui aurait été nommé ad hoc, et la mise en accusation des prisonniers devant le Grand Jury et le rapport de ce dernier, il s'écoulera bien une journée avant que le meurtrier de John Lowe et Maxime Leboeuf soit appelé à la barre...

Suite de l'affaire Shortis




Jacques Beaulieu
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