Mes racines / my roots

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Transcriptions d'articles de La Patrie

Extraits de La Patrie
mentionnant Henri Césaire Saint-Pierre
pour l'année 1887
placés par ordre chronologique
_______




  1. Chanteur au concert du "Canadien"

    mardi 4 janvier 1887, page 2

    Le concert du "Canadien"

    Un public aussi nombreux que choisi, garnissait hier soir la jolie salle du Queen's Hall. Le concert organisé par M. Lavigne, au bénéfice du club le "Canadien" a obtenu beaucoup de succès. Les musiciens de la Bande de la Cité, corps de musique du club, avaient revêtu pour la première fois, le costume original des raquetteurs canadiens. Ils ont tenu leurs auditeurs sous le charme en les prenant à la fois par les deux sens les plus délicats, l'ouïe et la vue. Les honneurs de la soirée reviennent d'abord à la charmante Mlle Tessier, qui a émerveillé le public par la suavité en même temps que l'ampleur de sa voix.

    Sa romance du mysoli a été magnifiquement rendue. Un vrai gazouillement de fauvette la termine et ces notes cristallines et douces conviennent parfaitement à sa voix. Inutile de dire qu'on l'a rappelée deux fois.

    M. Roger a fort bien chanté la "Pigeonne" de Beroicat. Sa voix est fort sympathique et il sait y mettre beaucoup d'expression.

    M. H. C. St Pierre a rendu le Torreador de Carmen avec le talent qu'on lui connait. Comme instrumentistes, nous avons entendu M. Martel, qui est trop connu pour qu'il soit nécessaire d'en faire l'éloge.

    M. Emile Kelson, élève de M. Emery Lavigne, et âgé seulement de 10 ans a révélé un talent de pianiste, tout à fait prodigieux chez un enfant de son âge.

    Les solos de piccolo et de corps ont beaucoup plu au public. Bref, le programme très bien composé par M. Ernest Lavigne, a été fort bien rendu et les auditeurs ont été enchantés de leur soirée.

    En terminant, nous ne pouvons oublier de mentionner l'éminent accompagnateur, M. Emery Lavigne, qui doit compter pour une large part dans le succès des chanteurs.



  2. Firme ST Pierre, Globensky et Bussières

    samedi 8 janvier 1887, page 2

    LA LOI

    Etat des causes inscrites en Cour Supérieure, en Cour de Révision et en Cour d'Appel pendant l'année 1886, d'après le tableau préparé par M. J. Cartier, employé au greffe de la Cour Supérieure de Montréal. D'après ce tableau les noms des avocats qui restent en deça de vingt causes ne sont pas mentionnés.

    ... Saint Pierre, Globensky et Bussière 95;...



  3. Signataire d'une requête à l'Hon John J. C. Abbott, C.R.

    jeudi 20 janvier 1887, page 2

    MAIRIE DE 1887

    A l'Hon John J. C. Abbott, C.R.,

    Nous soussignés, électeurs de la ville de Montréal, désirant que la chaire civique soit occupée cette année par un Canadien Anglais, vous prions d'accepter la candidature, vous promettant de faire tous nos efforts pour assurer votre élection.

    ...H C St Pierre...



  4. A la réception du Gouverneur Général avec son épouse

    samedi 12 février 1887, page 2

    LA RÉCEPTION DU GOUVERNEUR

    Malghré le mauvais temps, il y avait foule à la réception du Gouverneur, à l'Hôtel de Ville, qui s'est ouverte à midi.

    Les carabiniers Victoria faisaient la garde d'honneur.

    La réception a eu lieu dans la salle du conseil qui a été décorée de fleurs et de feuillages.

    Voici la liste des principaux citoyens qui ont présenté leurs hommages à Leurs Excellences:

    ... M et Mme H C St Pierre...



  5. Aux funérailles d'Elisabeth Dugal, veuve Olivier Loranger et la grand-mère de son épouse

    1. vendredi 25 février 1887, page 2

      Feu Madame Loranger

      Nous avons appris avec peine la mort de Madame veuve Olivier Loranger, arrivée hier après-midi. Cette mort a produit une impression des plus pénibles dans notre société montréalaise. Cette vénérable dame, qui était âgée de près de quatre-vingt-cinq ans, est morte des suites d'un accident, dont elle avait été victime lundi après-midi, dans l'église Notre-Dame. Elle se rendait à la réunion de la société des Dames de la Sainte Famille, lorsque passant devant la chapelle de St Roch, elle tomba dans une trappe qui était restée ouverte par la négligence d'un employé de la Fabrique. Dans sa chute elle eût le poumon droit et une partie du visage broyés. On la transporta à sa résidence, chez son gendre, M. Lesieur, coin des rues Dubord et Saint Hubert, où elle a expiré hier.

      Madame Loranger, née Elisabeth Dugal, était veuve de M. Olivier Loranger, ancien officier de la douane de Montréal. Elle était la mère de Madame D. Lesieur, de cette ville, la grand-mère de Mesdames Saint Pierre, Cholette et Normandin et la mère de l'honorable juge Loranger et de M. J. M. Loranger, C.R.

      Les funérailles de Madame Loranger auront lieu demain à l'église Saint-Jacques.

    2. lundi 28 février 1887, page 4
      Ne pas confondre

      Madame veuve Olivier Loranger, décédée ces derniers jours, n'était pas la mère de l'hon. juge Loranger. Elle était leur tante.

      Les funérailles de Madame Olivier Loranger, ont eu lieu samedi. Le service funèbre a été célébré dans l'église Saint Jacques.

      Les porteurs des coins du poële étaient MM. J. B. Rolland, R. Bellemare, Glaemeyer, Dr Désaulniers, Capt Roy et Baillargeon. Le deuil était conduit par M. Lesieur, gendre de la défunte, et ses fils, et par MM. St Pierre, Cholette, Normandin, le juge Loranger, M. J. Loranger C. R., accompagnés d'un grand nombre d'autres personnes.



  6. Murphy, McAvey et Robinson, accusés de vol avec effraction, défendus par H. C. Saint Pierre

    1. mercredi 2 mars 1887, page 4

      COUR DU BANC DE LA REINE

      Séance d'hier après midi.

      Hier après midi à 4 heures, à la Cour du Banc de la Reine, le grand jury a rapporté les true bills suivants: Murphy, McAvey et Robinson vol avec effraction.

      D. J. Norman, larcin, 3 accusations.

      John Clark; assaut avec intention de meurtre.

      John Trenholme, alias Geo Brown, bigamie.

      Euclide Pelletier, et Geo. Rochond, faux.

      Alphonse Rousseau et Armand Drapeau, faux.

      Les prisonniers cidessus mentionnés subissent immédiatement leur procès, la plupart d'entre eux plaidant coupables.

      Dans la cause de La Reine vs Murphy, McAvey et Robinson, M. H. C. St Pierre, avocat des prisonniers demanda des procès séparés pour chacun des prisonniers. Cette demande a été accordée...



  7. Daniel J. Norman, accusé de larcin, défendu par H. C. Saint Pierre

    1. mercredi 2 mars 1887, page 4

      COUR DU BANC DE LA REINE

      Séance d'hier après midi.

      Hier après midi à 4 heures, à la Cour du Banc de la Reine, le grand jury a rapporté les true bills suivants: Murphy, McAvey et Robinson vol avec effraction.

      D. J. Norman, larcin, 3 accusations.

      John Clark; assaut avec intention de meurtre.

      John Trenholme, alias Geo Brown, bigamie.

      Euclide Pelletier, et Geo. Rochond, faux.

      Alphonse Rousseau et Armand Drapeau, faux.

      Les prisonniers cidessus mentionnés subissent immédiatement leur procès, la plupart d'entre eux plaidant coupables.

    2. jeudi 3 mars 1887, page 4

      COUR DU BANC DE LA REINE

      La cour s'ouvre à 10.15 a. m. sous la présidence de l'hon juge Baby, MM. Raymond Préfontaine et J. Greenshields représentent la couronne.

      Les prisonniers suivants comparaissent à la barre et plaident non coupables: John O'Leary, vol; Napoléon Labrèche, vol; Arthur Day, vol sur la personne; Joël Labelle, assaut; William Norton, assaut; Philomène Demers, assaut.

      M. H. C. St Pierre fait motion pour fixer la date du procès de Moore, qui a déjà comparu aux dernières assises, lorsque les jurés ne purent s'accorder sur leur verdict. La couronne répond qu'elle fixe lundi.

      Daniel J. Norman est appelé à la Barre. Un jury anglais est assermenté. L'accusation est d'avoir volé de M. Seebold, le 15 janvier un mouchoir de poche.

      Le premier témoin est M. Seebold, la victime du vol.

      Il dit que le 15 janvier dernier, il est allé au bureau de poste recevoir deux lettres enregistrées. Il les avait mise dans sa poche de pardessus et les avaient couvertes de son mouchoir de poche.

      Comme il sortait du bureau, il fut accosté par trois individus qui le bousculèrent. Soupçonnant leurs intentions, il porta la main à sa poche et découvrit que ses lettres avaient été volées. Il courut sur les traces des voleurs et les rejoignit vis à vis la Banque de Montréal. Il en saisit un à l'épaule et lui ordonna de lui rendre ses lettres.

      L'un des trois lui jeta ses lettres sur le pavé en disant: "Les voilà, vos lettres." Je les ramassai et poursuivis les voleurs en criant: au voleur! Il y avait un homme de police au coin de la rue St François Xavier. Il arrêta le prisonnier qui fut mené au poste. En cet endroit, le prisonnier a été examiné et on a trouvé sur lui mon mouchoir.

      Le grand connétable Bissonnette produit alors le mouchoir et les lettres qui lui ont été données le 17 janvier par le constable Lafontaine.

      Le témoin reconnait les effets comme lui appartenant. Malgré que le mouchoir ne porte aucune marque particulière, je jure positivement que c'est le mien.

      Transquestionné par M. Barry, avocat du prisonnier, il dit qu'il ne peut déclarer lequel des trois lui avait pris les lettres. Il était tellement excité qu'il n'aurait pu reconnaître le prisonnier.

      Jacques Lafontaine, constable, est assermenté et dit; c'est moi qui ai arrêté le prisonnier, rue St Urbain. Comme il menaçait tous ceux qui tentaient de l'arrêter, j'ai sorti mon pistolet et l'ai forcé à me suivre au poste, là, j'ai trouvé le mouchoir réclamé par M. Seybold, dans la poche du prisonnier, enveloppé dans le sien. Ceci termine la preuve de la couronne. La défense n'a pas de témoins.

      MM. Barry et St Pierre, pour la défense et M. Greenshields, C R, pour la couronne adressent la parole au jury. Le président du tribunal porte aussi la parole.

      Puis la Cour s'ajourne et le jury se retire pour délibérer.


      Séance de l'après midi.

      La cour s'est ouverte à 2 heures, sous la présidence de l'hoon juge Baby.

      Le jury dans le procès de Norman retourne un verdict de culpabilité contre l'accusé.

    3. lundi 14 mars 1887, page 2

      COUR DU BANC DE LA REINE

      A l'ouverture de la cour, samedi après-midi, l'hon. juge Baby a rendu les sentences suivantes:

      ...

      Daniel Norman, vol sur la personne de M. Seybold, est condamné à deux ans de pénitencier.



  8. McAffey, accusé de complicité dans un vol, défendu par H. C. Saint Pierre

    1. mercredi 3 mars 1887, page 4


      COUR DU BANC DE LA REINE

      Séance de l'après-midi

      La cour s'est ouverte à 2 heures, sous la présidence de l'hon juge Baby.

      ...Le prisonnier McAffey, un des complices de Lee, est amené à la barre. Il est accusé de vol chez Meyers, le bijoutier.

      Le premier témoin est M. Meyers, lui-même. Il raconte les détails déjà rapportés dans les autres causes. Le détective Cullen est aussi examiné sur les mêmes questions.

      La cause se continue au moment où nous mettons sous presse.

    2. jeudi 4 mars 1887, page 4


      COUR DU BANC DE LA REINE

      4 mars 1887

      Séance de l'avant-midi

      La cour s'ouvre à 10.15 heures de l'avant midi sous la présidence de l'hon. juge Baby.

      L'hon. juge Church assistait aux procédés.

      MM. Greenshields et Préfontaine représentent la couronne.

      La cause de McAffey accusé de complicité dans le vol commis chez Myers, par Lee et Dunn, se continue.

      M. H. C. St Pierre, avocat du prisonnier, adresse la parole au jury en faveur de son client.

      M. Greenshields expose les faits au jury au nom de la couronne puis le président du tribunal adresse la parole et le jury se retire pour délibérer.

      La cour s'ajourne pour une heure.


      Séance de l'après-midi

      La cour s'est ouverte à 2 heures, sous la présidence de l'hon juge Baby.

      ...Pendant ce temps, le jury assermenté dans la cause de McAffey rentre et le président déclare que les jurés sont d'accord. Le verdict est "coupable avec une forte recommandation à la clémence du tribunal vu le jeune âge du prisonnier."...

    3. lundi 14 mars 1887, page 2

      COUR DU BANC DE LA REINE

      A l'ouverture de la cour, samedi après-midi, l'hon. juge Baby a rendu les sentences suivantes:

      ...

      Thomas Lee, vol avec effraction chez Myers, quatorze ans de pénitentier.

      John Dunn et McAvey, même offence que le précédent, quatorze ans de pénitencier.



  9. H. C. Saint Pierre, avocat de la couronne dans la cause de Zéphirin Bellefleur

    1. lundi 7 mars 1887, page 4


      COUR DU BANC DE LA REINE

      Séance de l'avant-midi

      La cour s'est ouverte à 10.15 heures sous la présidence de l'hon juge Baby.

      MM. Greenshields et H. C. St Pierre représentent la couronne; ce dernier remplace M. R. Préfontaine, C.R., qui est absent par suite du décès de sa mère.

      Zéphirin Bellefleur est traduit à la barre sous accusation de vol, comme dépositaire. M. A. E. Poirier défend l'accusé. Un jury parlant le français est assermenté et M. H. C. St Pierre explique la cause aux jurés.

      Le prisonnier est accusé d'avoir volé le 27 novembre dernier, une jument de la valeur de $100 dont il était le dépositaire et qui appartenait à Théophile Roch. Le premier témoin est ce dernier.

      Il dit que durant le mois de mars, 1886, il a été condamné à deux mois de prison et $20 d'amende ou deux autres mois.

      Le témoin a fait ses deux mois et n'ayant pas d'argent il aurait été forcé de faire ses deux autres mois si le prisonnier ne lui avait avancé la somme. En retour le témoin déposa entre els mains du défendeur une jument d'une valeur d'environ $100. Il avait été entendu que le prisonnier devait remettre la jument aussitôt que le témoin serait prêt a rembourser la somme prêtée. Le 9 septembre dernier, le témoin alla, accompagné de M. Piquette, réclamer sa jument et offrit de lui remettre son argent. Le prisonnier refusa.

      Alors le témoin le menaça de prendre des moyens légaux pour lui faire vendre sa propriété. Le prisonnier lui répondit de de faire ce qu'il voudrait, il ne lui rendrait pas sa jument. Le témoin vint consulter un avocat et le magistrat de police, M. Dugas, et ce dernier lui écrivit de venir à son bureau à propos de cette affaire. Le témoin et le prisonnier s'y rencontrèrent.

      Le prisonnier refusa de nouveau de vendre la jument mais lui offrit de l'argent. Il a su que depuis le prisonnier a vendu la jument à M. Barsalou pour $40.

      Transquestionné par M. Poirier, il dit: Les deux fois que le prisonnier m'a parlé de cette affaire, il m'a demandé de lui vendre ma jument. Je refusai chaque fois.

      La seconde fois que j'ai vu le prisonnier il était accompagné de M. Dupont.

      Il n'y avait pas de temps fixé pour le remboursement. Il n'a pas été question d'un mois de délai.

      Joseph Prévost, constable, dit: Vers le 10 ou 12 de mars, le prisonnier est venu chez moi me demander de lui faire donner par Madame Roch la jument que Roch lui avait confiée. Je n'ai pas voulu me mêler de cette affaire. La jument valait de $70 à $80.

      En transquestion, il dit: Il y a six ans que j'ai quitté le métier de charretier. La jument en question doit avoir une quinzaine d'année.

      Joseph Jobin, constable, dit qu'il a eu connaissance des troubles survenus entre le prisonnier et Roch. Il a été chargé par M. Odly d'acheter la jument à $100. Roch a refusé cette somme. A plusieurs reprises le prisonnier lui a dit qu'il était prêt à remettre la jument à Roch aussitôt que celui-ci lui rendrait son argent.

      Olivier Lemire, cocher, est assermenté.

      Il était présent quand Roch a menacé Bellefleur de le faire arrêter. La jument a été vendue trois jour plus tard à M. Joseph Barsalou, encanteur.

      En transquestion, il a dit qu'il n'a pas eu connaissance de la vente de la jument à M. Barsaloou, il ne l'a jamais juré. Il ne sait pas combien elle a été vendue ni quand.

      Puis la cour ajourne.

    2. mardi 8 mars 1887, page 2


      COUR DU BANC DE LA REINE
      7 mars 1887

      La séance a été ouverte à 2 heures, hier après-midi, sous la présidence de l'hon juge Baby.

      La cause de Zéphirin Bellefleur, accusé de vol comme dépositaire, se continue et occupe toute l'après-midi.

      Un grand nombre de témoins sont examinés. Après les adresses d'usage de la part de l'avocat de la défense, M. A E Poirier, de l'avocat de la couronne, M. H C St Pierre et du juge, le jury rend un verdict de culpabilité.

      Puis la cour s'ajourne à ce matin.

    3. lundi 14 mars 1887, page 2

      COUR DU BANC DE LA REINE

      A l'ouverture de la cour, samedi après-midi, l'hon. juge Baby a rendu les sentences suivantes:

      ...

      Zéphirin Bellefleur, pour larcin comme dépositaire, deux mois de prison.



  10. John Trenholme alias George Browne, accusé de bigamie, client de H. C. Saint Pierre

    1. mardi 8 mars 1887, page 4


      COUR DU BANC DE LA REINE

      La cour s'ouvre à 10.15 heures sous la présidence de l'honorable juge Baby.

      M. J. N. Greenshields représente la Couronne.

      Le pre mier prisonnier traduit à la barre est John Trenholme alias George Browne. Il est accusé de bigamie.

      M. H. C. St Pierre défend l'accusé.

      Le premier témoin est William Hansford, ministre méthodiste de la rue Ottawa. Il a été dûment ordonné ministre.

      En sa qualité de pasteur de la rue Ottawa, il garde les régistres.

      Il produit la copie de l'extrait des régistres en date du 7 janvier 1855, qui contient le certificat de mariage de l'accusé avec Ann Dickson.

      Il portait alors le nom de John Trenholme.

      A M. H. C. St Pierre, il dit: J'ai été ordonné ministre, il y a environ 19 ans. Je ne suis à Montréal que depuis deux ans. En pratique, le dépositaire d'un régistre ne le produit pas, il n'en produit que des copies. Il connait le ministre qui a signé le certificat de mariage produit en cour, c'est le Rév. M. Scott, qui réside actuellement à Ottawa.

      James Edgar Hill, ministre de l'église St André, de Montréal. Il est ministre de l'église presbytérienne, affiliée à l'église d'Ecosse. Il produit le certificat du second mariage du prisonnier sous le nom de Browne avec Eulalie Marcotte, qui a eu lieu le 25 juin 1885.

      Comme à la production du premier document, M. St Pierre s'oppose à celle du second, parce que les pièces ne sont que des preuves secondaires.

      L'objection est rejetée par la cour mais le juge en prend note.

      En transquestion, il a dit qu'il a remarqué ce mariage parce qu'aussitôt la cérémonie terminée, Eulalie Marcotte s'est tournée vers son nouveau mari et lui a demandé: "Où demeures-tu?" Cette singulière question l'avait frappé. Il dit qu'il ne s'est pas occupé de la croyance religieuse de la femme Marcotte, la licence n'en faisant pas mention.

      James Dickson, cultivateur, est assermenté et dit: Je suis juge de paix à Trenholmeville, près de Richmond, P. Q. Je connais le prisonnier à la barre depuis grand nombre d'années. Je suis le frère de sa première femme.

      Il est venu résider avec sa femme à Trenholmeville. Il a eu huit enfants avec sa première femme. Il a quitté ma soeur il y a six ans environ, après avoir vécu maritalement avec elle pendant environ 25 ans.

      Eulalie Marcotte est assermentée et dit: Je réside au Sault aux Récollets. J'ai connu le prisonnier vers le mois d'avril 1885.

      J'ai vécu avec lui dix-huit mois, je n'ai appris son premier mariage que dans le mois d'octobre dernier. Il m'a laissé lui-même et je suis allée demeurer chez mon père. Depuis qu'il m'a laissée, il m'a écrit quelques lettres. Il m'avait été présenté sous le nom de Gorge Browne, célibataire.

      Trois des lettres envoyées par le prisonnier à sa seconde femme après son départ en octobre sont produites et lues au jury.

      Elle a rencontré son mari sur la rue St Maurice en décembre.

      Elle s'était fait accompagner du neveu du prisonnier, M. Armitage. Elle n'a pas eu le temps de parler à son mari, il a été immédiatement arrêté par le détective Gladu.

      Transquestionné par M. St Pierre: J'ai trente ans. Je suis catholique. Quand j'ai connu le prisonnier il disait s'appeler Browne.

      Il ne m'a jamais dit un mot de sa première femme et de ses enfants.

      Le prisonnier venait chez nous tous les jours. Mon père tient l'hôtel connu sous le nom "Hôtel Marcotte."

      Le Rév. William Hansford est rappelé et produit les régistres de l'église méthodiste de la rue Ottawa.

      James Dickson est aussi rappelé et reconnait les signatures du prisonnier et de sa soeur, dans les régistres produits par le Revd M. Hansford.

      David Armitage, cultivateur, du Sault au Récollet, dit qu'il connait le prisonnier. Il a connu sa première femme. Il a connu l'accusé sous les noms de Trenholme et de Browne. C'est lui qui a remis à Melle Eulalie Marcotte les lettres que l'accusé lui envoyait.

      Transquestionné il dit que l'accusé a porté le nom de Browne depuis qu'il a été séparé de corps d'avec sa première femme.

      Edwin Armitage dit qu'il connait bien le prisonnier. Il a été témoin au second mariage...

      La Couronne ayant déclaré sa preuve close, M H. C. St Pierre, avant de commencer son enquête, demande au tribunal la permission de discuter immédiatement une question de droit qui ressort naturellement de la cause.

      Il prétend que le second mariage de l'accusé n'est pas, en loi, un mariage valide et ne saurait servir à convaincre l'accusé de bigamie. Il dit que le mariage n'est pas valide pour deux raisons: 1o parce qu'il a été célébré sns publications de bans et 2o parce que le ministre qui a officié n'était pas le fonctionnaire autorisé par la loi à le faire. Ces deux points, étant considérée la religion de la seconde femme, sont des plus importants dans cette cause.

      Les débats durent tout l'après-midi.

    2. mercredi 9 mars 1887, page 2


      COUR DU BANC DE LA REINE

      Séance d'hier après-midi.

      ...John Trenholme alias George Browne est appelé à la barre et son procès pour "bigamie" se continue.

      Le président du tribunal dit que la question de droit soulevée par M. St Pierre était, en effet, les plus importantes. Il l'examinera avec soin et s'il a quelque doute, il la réservera pour la Cour du Banc de la Reine en appel. Cependant la cause doit se continuer.

      Alors M. St Pierre déclare n'avoir aucun témoin à faire entendre et procède à adresser la parole au jury.

      Il dit aux jurés qu'il n'a aucun témoin à faire entendre, mais qu'il avait pleinement confiance aux points de droit, qu'il avait soulevés pour obtenir un acquittement. Cependant, il doit leur faire remarquer que l'identité des parties qui ont pris part à la première cérémonie de mariage n'avait pas été prouvée. Quelle preuve la couronne a-t-elle offerte pour démontrer que l'accusé est bien l'homme qui a épousé Anna Dixon en 1885 devant le Rév. M. Scott, et celui-ci était-il le fonctionnaire autorisé à le célébrer?

      Pourquoi la couronne n'a-t-elle pas appelé ce ministre comme témoin, puisqu'il a été déclaré qu'il vivait encore et résidait à Ottawa?

      En second lieu, en ce qui regarde le prétendu second mariage, on n'avait acheté qu'un extrait des régistres.

      Les deux Armitage ont juré qu'ils croyaient que la séparation de corps avait rendu le prisonnier libre et si celui-ci pouvait parler au jury, il jurerait de même.

      On pourrait, il est vrai se demander pourquoi il a changé de nom? Eh bien, le fait est que lorsqu'il s'est séparé de sa femme, il y a six ans, il a pris le nom de Brown sans aucune intention félonieuse.

      M. Greenshields, C. R., parle ensuite. Il dit que la seule question que le jury avait à décider était: Le prisonnier a-t-il marié Ann Dixon en 1855 et Eulalie Marcotte en 1885? Le frère de la première femme, John Dixon, a prouvé que sa soeur et John Trenholme, le prisonnier, sont les parties mentionnées dans les régistres. Quand au second mariage, le prisonnier a obtenu le consentement de la jeune fille en se présentant comme célibataire, tandis qu'à la même époque, il avait une femme et huit enfants vivants ainsi que plusieurs petits enfants.

      Pourquoi n'a-t-il pas dit à Mlle Marcotte qu'il avait une femme vivante? Quant à ce que l'avocat de la défense a dit concernant les extraits de registre, quant au second mariage, la couronne avait produit une preuve beaucoup plus forte en faisant entendre le ministre qui a célébré la cérémonie. Les deux Armitages faisaient affaires avec le prisonnier et le jury a dû remarquer que tous deux avaient participé à la fraude. Il a été prouvé que le prisonnier a marié Mlle Marcotte avec intention de la tromper et il est évidemment coupable de bigamie.

      Dans son adresse aux jurés, le président du tribunal dit qu'ils n'avaient pas à s'occuper de la question de droit soulevée par la défense et n'avaient à décider que d'après la preuve offerte.

      Puis l'honorable juge résuma les faits de la cause. Selon la loi d'Angleterre et des décisions rendues dans ces questions, un homme, ayant une femme vivante qui prend un faux nom et épouse une seconde femme, est un bigame. La cause est claire. La cour seule décidera les questions de droit.

      Le jury se retire et revint après dix minutes de délibération.

      L'un des jurés, M. Peter Morning demanda à la cour si le second mariage était illégal.

      Le juge- Vous n'avez pas à vous en occuper, vous n'avez qu'à décider des faits.

      Le jury se retira de nouveau et revint une demi heure plus tard déclarer qu'il ne pouvait s'accorder. En conséquence, il fut déchargé.

      Le prisonnier subira un nouveau procès la semaine prochaine...

    3. samedi 12 mars 1887, page 4


      COUR DU BANC DE LA REINE

      Séance du 12 mars.

      La cour s'ouvre à 10.15 heures sous la présidence de l'hon. juge Baby.

      MM. J. N. Greenshields C. R. et R. Préfontaine C. R. représentent à couronne.

      John Trenholme alias George Brown est traduit à la barre pour subir de nouveau son procès pour bigamie.

      On se rappelle qu'il y a quelques jours à peine, le prisonnier a déjà été traduit devant un jury pour la même offense et que les jury n'avaient pu s'entendre pour rendre un verdict.

      M. H. C. St Pierre défend l'accusé. Le savant avocat après avoir tenté par tous les moyens légaux à sa disposition de faire remettre le procès de son client au terme suivant, s'avouait vaincu et aller laisser procéder à la formation d'un jury, quand M. C. P. Davidson, ex-avocat de la couronne présenta à son confrère une copie des "Statuts Refondus du Canada" qui est en force depuis le 1er mars dernier.

      Aussitôt, M. St Pierre est sur ses ppieds et présente une motion pour faire déclarer l'acte de mise en accusation (indictment) illégal et nul. Il prétend que d'après la nouvelle loi maintenant en force, il est ordonné au président des grands jurés d'apposer ses initiales à côté du nom de chacun des témoins entendus ou devant être entendus devant les grands jurés.

      Malgré que le nouveau volume ait pour titre les "Statuts Refondus," et ne prétende être qu'une compilation des lois existantes, les sections 174, 175 et suivantes du chapitre 174 créent dans notre province des formalités nouvelles.

      Le président du tribunal demande à M. St Pierre, si la proclamation de ces statuts a été publiée.

      Après quelques recherches, on trouve à la page 17 du 1er volume la proclamation royale.

      Le juge dit qu'il est des plus étonnés qu'aucune copie de ces statuts ne lui ait été envoyée avant leur mise en force; de fait, il n'en a reçu un exemplaire que ce matin même.

      M. J. N. Greenshields se lève pour répondre à la motion de M. Saint Pierre. Il prétend que les sections citées par le savant avocat, ne sont que des formalités qui ne sont pas indispensables. L'acte de mise en accusation a été fait le 1er mars et à l'accusation portée contre lui, le prisonnier a plaidé non-coupable. Veut-on prétendre qu'après avoir plaidé non-coupable et passé par les formalités ordinaires d'un procès au criminel, le prisonnier ait droit aujourd'hui de faire déclarer l'acte de mise en accusation pour une formalité aussi légère.

      Alors, M. St Pierre fait une nouvelle motion et demande à retirer son plaidoyer de non coupable, pour lui permettre de faire une objection préliminaire à l'acte de mise en accusation.

      Le juge conseille à M. St Pierre de mettre ses deux motions par écrit vu que les débats seront probablement continués devant la Cour d'Appel, car il se croit obligé de réserver la décision de cette question.

      Alors, M. Greenshields demande que le procès du prisonnier soit remis au prochain terme. Browne est alors admis à caution.

      ...

      Il est difficile de peindre la surprise et l'émoi qu'a causée en cour, ce matin, la production des nouveaux statuts. Il est tout de même étrange qu'une loi qui devient exécutoire le 1er mars ne soit distribuée que quinze jours après sa mise en force.

      La maladministration du département de la justice à Ottawa, est manifeste, évidente. Si encore l'on n'avait oublié que les avocats de la couronne nouvellement nommés par le gouvernement Mercier, le public aurait pu croire à une malice politique, et excuser un manque apparent de mauvaise administration; mais, en ce cas-ci, l'honorable président du tribunal, a été aussi mal servi que les autres.

      Il est tout de même regrettable qu'une telle négligence ait eu d'aussi fâcheux résultats; en effet les frais du terme sont assez considérables et ont été faits inutilement.

    4. samedi 16 avril 1887, page 2


      A caution

      Jean Trenholme, accusé de bigamie a été admis à caution hier moyennant un dépôt de $2,400.

      On sait que l'affaire Trenholme avait été remise au prochain terme lors des dernières assises criminelles.



  11. Dick Robinson, accusé de complicité dans un vol, client de H. C. Saint Pierre

    1. mercredi 9 mars 1887, page 4


      COUR DU BANC DE LA REINE

      Séance du 9 Mars 1887

      La cour s'ouvre à 10.15 hrs a. m., sous la présidence de l'hon. juge Baby.

      M. J. N. Greenshields, C. R., représente la couronne.

      La première cause appelée est celle de Dick Robinson, accusé de complicité dans le vol chez Myers, le bijoutier de la rue Notre Dame.

      MM. St Pierre et Crankshaw défendent l'accusé.

      L'assermentation du jury prend une grande partie de l'avant-midi.

      L'offense portée contre l'accusé se rapporte au vol avec effraction commis par Lee, Dunn et McAvey et pour lequel tous trois ont été trouvés coupable par le juré. Toux ceux qui ont fait partie de ce jury sont récusés par la défense. M. Greenshield explique au jury la nature de l'accusation portée contre le prisonnier. Les mêmes témoins examinés dans les procès de Lee, Dunn et McAvey, sont de nouveau entendus et donnent des dépositions dans le même sens...



  12. Présent au banquet en l'honneur du maire Honoré Beaugrand

    vendredi 11 janvier 1887, pages 1 et 2

    LE BANQUET
    Beaugrand
    MAGNIFIQUE REUNION
    LES CONVIVES
    LES DISCOURS
    LES CADEAUX

    Le banquet offert hier soir par les citoyens de Montréal à Son Honneur le maire Beaugrand à l'occasion de sa sortie de charge comme maire de Montréal, était certainement la plus belle démonstration qui se soit jamais faite dans notre cité. C'était un magnifique témoignage d'estime rendu à celui qui, pendant deux ans, a, de l'aveu de tous les citoyens impartiaux, administré notre ville avec une énergie et une habileté dignes des plus grands éloges.

    Cette réunion indépendante de toute idée de race, religion ou de politique, était surtout remarquable par l'entrain et la cordialité qui n'ont cessé d'y régner et par l'enthousiasme qu'ont montré tous les convives à faire honneur à leur hôte.

    La grande salel du Windsor était absolument comble et l'on peut évaluer à plus de cinq cents le nombre de convives qui ont pris part au banquet.

    La table d'honneur s'étendait tout le long de la salle et neuf tables transversales contenaient les convives. Il n'y avait pas une place de vide à ces tables, et lorsque le banquet commença l'aspect de la salle complètement remplie était vraiment splendide.

    A juit heures du soir, l'hon. J. J. C. Abbott, le nouveau maire élu, qui avait gracieusement accepté de président le banquet, entrait dans la salle où les convives étaient installés. Il était accompagné de M. le maire Beaugrand et de M. W. Cassils, président du comité de citoyens qui offrait le banquet.

    M. J. J. C. Abbott s'installa au fauteuil, ayant à sa droite M. le maire Beaugrand, Sir Donald Smith, M.P., M. E. Holton, M.P., M. J. G. H. Bergeron, M.P., M. Joseph Hickson, gérant du Granc Tronc, Dr W. H. Hingston, M. E. Lareau, M.P.P., M. J. E. Robidoux, M.P.P., éch. Perreault, éch. Wilson, éch. Laurent, M. J. F. D. Black, M. Wm Robb, Rév. Geo. H. Welle, M. P. W. St George, M. Henry Lyman, M. George Hague, M. A. M. Crombie, M. J. B. Learmont, M. Jonathan Hodgson et M. Hugh Mackay, et à sa gauche M. Wm Cassils, M. Anderson, Consul des Etats-Unis, sir William Dawson, Hon. Scargent P. Starnes, Capt. Labelle, M.P., Dr J. L. Leprohon, vice-consul d'Espagne, M. J. F. Wulff, consul-général du Danemark, éch. Grenier, éch. Stevenson, éch. Mooney, M. H. Montagu Allan, M. Hector Mackenzie, M. John Kerry, M. Louis Perrault, M. A. Boyer, M.P.P., M. H. C. St Pierre, M. George Horne et M. Edgar Judge.

    ...

    H. C. St Pierre est également mentionné sur la liste des souscripteurs.

  13. Soliste au Gésu pour Pâques

    lundi 11 avril 1887, page 2

    PAQUES

    La solemnité de Pâques a été célébrée avec éclat hier dans toutes les églises de Montréal. Nous publions ci dessous un compte rendu des cérémonies dans la plupart des églises:

    ...

    AU GÉSU

    A la grand'messe, le R.P. Turgeon officiait, assisté des RE. PP. Monnet et Champagne, comme diacre et sous-diacre. Le sermon fut donné par le R. P. Filiatrault.

    Le choeur, aidé d'un puissant orchestre rendit le Kyrie et le Gloria de la messe de Chérubini; le Credo de la messe de Gounod; le Sanctus et l'Agnus Dei de Nicorchoron. A l'offertoire, Haec Dies, de Riga. A l'Issus de la messe, l'orgue et l'orchestre exécutèrent la marche d'Athalie, de Mendelsohn.

    Au salut le soir, le R. P. Jones donna le sermon. Le choeur rendit O Salutaris, Gounod; Haec Dies, Riga; Regina Caeli, Valiquet; Tantum Ergo, Riga. Solistes: MM. Trudel, Birtz et Saint-Pierre.

    ...



  14. Rédacteur d'une lettre au Buffalo Times

    jeudi 14 avril 1887, page 4

    Shephard

    M. H. C. St Pierre vient d'écrire une fort belle lettre au "Buffalo Times" concernant le fameux Shephard qui a du aller se réfugier au delà de la frontière pour éviter la justice, et qui se permet de distiller son venin contre les Canadiens Français dans les journaux américains.



  15. Nouvel associé

    vendredi 29 avril 1887, page 2

    Nouvelle société

    MM. St Pierre et Globensky et M. E. A. Poirier, avocats, viennent de former une société légale qui sera connue sous le nom de St Pierre, Globensky et Poirier et dont les bureaux seront au 35, rue St Jacques, bâtisse de l'Etendard.



  16. Avocat de la défense dans des causes de gravures indécentes

    1. mardi 10 mai 1887, page 2

      Les gravures indécentes

      On sait que plusieurs personnes ont été condamnées dernièrement à 8 jours de prison pour avoir exposé des gravures indécentes. Hier, M. H. C. St Pierre a fait motion devant l'hon juge Jetté pour obtenir l'émission d'un bref de certiorari. La ville était représentée par M. Ethier.

      La cause a été prise en délibéré par Son Honneur le juge Mathieu.

    2. mardi 10 mai 1887, page 2

      Bref de certiorari

      M. le juge Mathieu a hier rendu jugement dans la cause de différents marchands et restaurateurs accusés au mois d'avril dernier, devant le Recorder, d'avoir exposé dans leurs vitrines de prétendues immages indicentes. Les accusés représentés par leurs avocats MM. Saint Pierre, Globensky et Poirier avaient été condamnés à huit jours d'emprisonnement, sans option d'amende, procédure que ne justifiait ni la loi ni l'équité.

      Appel de cette condamnation fut portée devant la Cour Supérieure qui a annulé et cassé la décision du Recorder.



  17. Avocat dans l'affaire Buzon

    lundi 16 mai 1887, page 4

    L'affaire Buzon

    Les procédés d'extradition dans l'affaire Buzon sont commencés devant le juge Dugas.

    M. H. C. St Pierre a commencé samedi son examen du consul Bruysell.

    On ne croit pas de réussir à l'extrader.

    On pense plutôt, que la mère de Buzon va régler en Belgique avec les créanciers.



  18. Thomas Murphy, accusé de vol, client de H. C. Saint Pierre

    1. mercredi 8 juin 1887, page 4


      Cour du Banc de la Reine

      Présidence du juge Church.

      M. L. W. Sicotte agit comme greffier de la Couronne et M. Greenshields, C.R., comme avocat de la Couronne...

      Thomas Murphy est appelé à la barre. Il est accusé de vol au préjudice de M. Samuel Myers, bijoutier, rue McGill, le 6 février dernier avec les nommés Lee, Dunn, et McEvoy qui furent trouvés coupables au mois de mars et qui sont actuellement détenus au pénitencier de St Vincent de Paul.

      M. H. C. St Pierre, avocat, comparaît pour l'accusé.

      M. Myers est le premier témoin appelé. Il dépose comme suit: "Je suis marchand bijoutier, rue McGill. Un vol a été commis le 6 Février dernier, dans mon magasin. En arrivant le matin à mon comptoir je vis qu'un vol avait été commis. Une cavité avait été pratiquée dans le plancher pour arriver au magasin.

      "Le coffre fort fut ouvert avec de la dynamite. Le montant du vol s'élève à $600. Le témoin identifie les objets retrouvés en possession des voleurs.

      Il dit que le vol a dû être commis du samedi au dimanche. Il a retrouvé dans son magasin des instruments de voleurs et les identifie.

      M. Myers déclare ensuite qu'il a vu le prisonnier une journée auparavant à son magasin. Il était venu marchander des bijoux.

      Le détective Cullen donne ensuite son témoignage et explique comment il a fait l'arrestation du prisonnier.

      Cullen est ensuite transquestionné par M. St Pierre.

    2. vendredi 10 juin 1887, page 4


      Cour du Banc de la Reine

      Présidence du juge Church.

      M. L. W. Sicotte agit comme greffier de la Couronne et M. Greenshields, C.R., comme avocat de la Couronne.

      A l'ouverture de la cour, M. Jas Crakshaw déclare que lundi il fera motion que le jugement ne soit pas prononcé contre Murphy qui a été trouvé coupable de vol avec effraction mercredi dernier...



  19. Donald Downis, accusé de parjure, client de H. C. Saint Pierre

    1. mardi 14 juin 1887, page 4


      Cour du Banc de la Reine

      Présidence du juge Church.

      M. L. W. Sicotte agit comme greffier de la Couronne et M. Greenshields, C.R., comme avocat de la Couronne...

      M. H. C. St Pierre a donné avis qu'il fera motion demain pour annuler l'indictement de parjure contre Donald Downis.

      Son Honneur informe l'applicant que la cause en est une privée devant être réglée par le barreau.

      M. Greenshields a prié M. St Pierre de servir l'avis d'annulation d'indictement à M. Burroughs, l'avocat de la poursuite privée qui a préparé son propre indictement...

    2. vendredi 2 septembre 1887, page 4


      ASSISES CRIMINELLES

      Séance de vendredi, 2 septembre.

      Présidence de l'hon juge Baby.

      MM. Préfontaine C.R., et Greenshields C.R., agissent comme avocats de la Couronne.

      MM. Sicotte et Doucet, greffiers de la couronne.

      M. H. C. Saint-Pierre présente une requête pour faire annuler l'acte d'accusation contre M. Dawnis, accusé de parjure.

      Cette requête est basée sur l'insuffisance des faits. Il n'est pas allégué que l'offense ait été commise illéglement, volontairement, etc, etc, termes qui doivent de toute nécessité exister dans l'acte d'accusation pour prouver qu'il y a offense de la part de l'accusé (Voir Taschereau, vol. 1, p. 736)

      M. Saint-Pierre lit l'acte d'accusation en discute les différents points et présente les objections concluant toutes à l'annulation de l'acte d'accusation et à la libération du prisonnier.

      M. C. S. Burroughs qui représente la poursuite privée répond aux objections du défendeur, mais sa voix est si faible qu'il est impossible d'entendre un mot de son discours.

      M St Pierre prend de nouveau la parole et traitant point par point les arguments de l'avocat de la poursuite, il tente de rétablir les textes des auteurs cités en les présentant sous leur vrai jour.

      Le juge président a pris l'affaire en délibéré.

      La cour s'est ensuite ajournée à cette après-midi à 3 ½ heures.

    3. mardi 13 septembre 1887, page 2

      Cour du Banc de la Reine
      Séance du 12 septembre.
      Présidence de l'hon juge Baby.

      MM. Sicotte et Doucet, greffiers de la couronne.

      La Couronne est représentée par M. Greenshields C.R...

      Séance de l'après-midi

      M. le juge Baby rend jugement sur la motion de M. St Pierre, pour annuler l'acte d'accusation pour parjure contre Donald Downie. La motion est rejetée. L'accusé est amené à la barre et plaide non-coupable à l'accusation de parjure...



  20. J. Bte Leduc, client de H. C. Saint Pierre

    1. mardi 14 juin 1887, page 4


      Cour du Banc de la Reine

      Présidence du juge Church.

      ... Leduc est appelé à la barre. Il est accusé de vol. M. H. C. St Pierre, avocat, se lève alors pour une question de discipline. Il prétend que M. F. X. Archambault ne devrait pas représenter la Couronne dans cette cause, qu'ayant d'abord servi d'avocat pour l'un des prisonniers associés de Leduc, il ne pouvait décemment agir maintenant comme avocat de la Couronne.

      Après une assez chaude discussion, Son Honneur demande que l'on procède.

      M. F. X. Archambault explique la cause aux jurés. Leduc est accusé de vol à bord des chars du Grand Tronc. Ce sont des chaussures et autres effets.

      Le premier témoin est appelé à la boîte. James Boaz, agent de sureté du Grand Tronc dit: J'ai été informé que certains vols avaient été commis sur la compagnie, dans les mois de février et de mars. Je me rendis à Sainte Anne, et là j'appris que le prisonnier était impliqué dans ces vols. Je vins en informer la police d'ici. Le 8 avril, j'allai chez un nommé Sauvé, chez qui je trouvai les articles volés sur le Grand tronc et la valise qui les contenait. Le char sur lequel ces effets ont été volés, faisait le trajet de Montréal à Toronto. Des gilets ont aussi été volés dans le même char. J'ai aussi trouvé dans la maison de Sauvé plusieurs effets appartenant à la Cie du Grand Tronc et à la compagnie du "Canada Atlantique."

    2. mercredi 15 juin 1887, page 4


      Cour du Banc de la Reine
      M. L. W. Sicotte agit comme greffier de la Couronne et M. Greenshields, C.R., comme avocat de la Couronne.

      On a commencé, ce matin, le procès de J.-Bte Leduc, accusé de vol à Vaudreuil.

      M. Archambault occupait pour la poursuite et M. St Pierre pour la défense. Nous ferons remarquer que les détectives où plutôt certains détectives aiment trop à parler d'eux dans la boîte aux témoins, sans s'occuper si ce qu'ils disent est logique ou non, s'ils sont compris de la cour ou des journalistes, ils pensent d'abord à parler d'eux-mêmes, à redire leurs exploits, etc. L'hon juge Church a rappelé aux détectives qu'ils n'avaient rien à raconter de leurs exploits, que la seule chose qu'ils avaient à faire, c'était de rendre purement et simplement leur témoignage.

    3. jeudi 16 juin 1887, page 2


      A la Cour du Banc de la Reine

      Le jury a été enfermé, n'ayant pu s'entendre pour rendre un verdict dans la cause de Leduc.

      Une scène assez violente s'est produite hier au cours de l'interrogatoire des témoins entre MM. St Pierre et Archambault.

      Pendant que M. Saint-Pierre pose à un témoin une certaine question, M. Archambault s'exprime comme suit;

      "Le confrère fait bien d'employer tous les moyens pour défendre une mauvaise cause."

      - Au moins, moi, je n'ai pas changer de côté, répond M. Saint-Pierre.

      - Le témoin est celui-là même qu'on prétend que je devais représenter; vous pouvez l'interroger; il vous répondra qu'il ne m'a jamais parlé de cette affaire.

      - Le nom du savant confrère apparait au dossier comme avocat de la défense et il remplit maintenant la fonction d'avocat de la Couronne. Je prends le dossier.

      - Je proteste encore une fois contre les insultes du savant confrère. Il est inexcusable d'insulter un confrère qui le vaut et qui vaut peut-être mieux que lui.

      Ici la cour intervient pour rappeler les avocats à l'ordre; l'honorable juge dit qu'il entend que ces scènes ne se répètent plus.

      Le procès de J. Bte Leduc, accusé de vol à Vaudreuil, a été repris ce matin.

      Le jury a fini par s'entendre et a déclaré l'accusé non coupable.

    4. vendredi 17 juin 1887, page 4


      Cour du Banc de la Reine
      M. L. W. Sicotte agit comme greffier de la Couronne et M. Greenshields, C.R., comme avocat de la Couronne...

      Jean Bte Leduc est appelé. Il est trouvé coupable d'assaut. M. St Pierre implore la clémence de la Cour en faveur de l'accusé.

      Leduc est condamné à six mois de prison aux travaux forcés.



  21. Décès de Marguerite Rose Amélie, sa fille

    mercredi 15 juin 1887, page 4

    DECES

    - Le 14 courant, à l'âge de onze mois, Marguerite Rosalie Amélie, enfant bien aimée de H. C. Saint-Pierre, Ecr, avocat



  22. Parent, ex-caissier de la Banque Hochelaga, client de H. C. Saint Pierre

    1. samedi 23 juillet 1887, page 2


      Départ pour Chicago

      M. H. C. St Pierre, notre éminent criminaliste part demain pour Chicago, où il doit aller défendre Parent, l'ex-caissier de la Banque Hochelaga.

    2. lundi 1er août 1887, page 2


      Parent à Montréal

      Parent, l'ex-caissier de la banque d'Hochelaga, est arrivé à Montréal vendredi. Le député grand connétable Champagne attendait son arrivée à la gare du Pacifique. A neuf heures précises le train entrait en gare. Parent était sous la surveillance d'un officier de la police de Chicago; MM. Greenshields et St Pierre étaient dans le même train.

      Quelques minutes plus tard, l'ex-caissier accompagné de Champagne se dirigeait vers la station de police au coin de la rue des Allemands et Ontario, où il passa la nuit.

      Samedi, à neuf heures, Parent comparut devant le juge Church, en chambre et fut envoyé en prison pour subir son procès au prochain terme de la cour criminelle.

      A la cour de police quelques parents l'attendaient... Ils ne l'avaient pas vu depuis sa disparition. On s'imagine la scène qui a eu lieu.

      Dans l'après-midi, la malheureuse épouse alla le voir en prison.



  23. Chanteur au concert à bord du vapeur "Trois-Rivières"

    1. mardi 16 août 1887, page 4

      La soirée de gala

      Hier soir, nous avons eu le plaisir d'assister à la répétition des différents morceaux qui doivent être chantés à la grande soirée qui aura lieu lundi prochain, le 22, à bord du vapeur "Trois-Rivières", et nous prédisons dès maintenant, un grand succès artistique, si nous jugeons par la manière dont MM. H C St Pierre, T Trudel, A Blainville, J A Finn, J N A Beaudry, T Lortie, Ed Lebel, H M Roussel et A Valeur, ont rendus leurs romances, duos, trios, etc.

      Le choeur des Montagnards chantera, entre autres, un choeur, "Au Clair de la Lune," qui n'a jamais été chanté en Canada.

      La vente des billets est maintenant commencée chez MM. Lavigne et Lajoie et Hardy et Violetti. Le nombre en est limité à 600.

      Tous ceux qui désirent prendre part à cette belle soirée, feront bien de se hâter de se procurer des billets d'avance.

    2. vendredi 19 août 1887, page 2

      La soirée de gala

      Les préparatifs du grand concert de lundi soir, sur le fleuve sont presque terminés. Nous publierons le programme demain.

      Les amateurs et artistes distingués qui prendront part à cette soirée ont choisi les morceaux de chants les plus nouveaux du répertoire français.

      La réputation de tous nous fait espérer que le public de Montréal assistera lundi soir à un des plus intéressants concours de musique vocale dont nous avons été témoin en cette ville.

      Il y aura des voix de tous les tons, de toutes les notes de la gamme, depuis les tenors légers, Trudel, Lebel, Beaudry, jusqu'aux basses profondes, les plus profondes, basso profundo, sans compter les forts barytons, St Pierre, Mainville, Finn et Roussel. Au milieu de ces voix graves on entendra la note comique donnée par MM. Valeur, Morel et autres.

      Le choeur des Montagnards sera là aussi, sous la direction de M. Charles Labelle.

      L'organisateur de cette promenade musicale, M. A. P. Pigeon, président du choeur des Montagnards, a voulu donner au public montréalais, une soirée unique en son genre.

      Rarement le magnifique vapeur Trois-Rivières, transformé en salle de concert, aura été rempli de tant d'harmonie et aura sérénadé les villages des rives du Saint-Laurent jusqu'à Varennes, avec autant de pompe et d'éclat.

      C'est le seul concert de ce genre pendant cette saison. On se reprocherait de ne pas y avoir assisté. Départ à 8 heures précises, beau ou mauvais temps.

    3. samedi 20 août 1887, page 4

      La soirée de gala

      Le programme suivant sera exécuté à bord du vapeur Trois-Rivières, lundi soir, le 22 courant:

      PROGRAMME

      l Choeur-Le France...........................A. Thomas Les Montagnards de Montréal.
      2 La Charité..........................................Fauré M. Ed. Lebel
      3 Duo-La fille de Mme Angot..............Lacocq MM. T. Trudel et A. Mainville
      4 Le Roi Maure.............................Concone M. H. L. Roussel
      5 Choeur - Au clair de la Lune.............Sourillas Les Montagnards
      6 Romance.................................................. M. J. A. Finn
      7 Chansonnette.................................................. M. A. Valeur
      INTERMÈDE


      1 Air du Comte Almaviva (Les noces de Figaro)...................Mozart
      M. J. N. A. Beaudry

      2 Quatuor - La Fille du Tambour Major........................................Offenbach MM. Trudel, Beaudry, Mainville et Finn
      3 Credo.......................................Faure M. H. C. St Pierre
      4 Duo - La Reine de Chypre....................Halévy MM. Lebel et T. Lortie
      5 Chansonnette.............................................. M. A. Valeur
      6 Trio - Le Médecin malgré lui........................Gounod MM. Trudel, Beaudry et Malaville
      7 Symphonie Chorale - La révolte à Memphis....................L. de Rillé
      (a) L'arrivée des Conjurés, (b) Le Serment Les Montagnards.

      M. A. Contant, pianiste bien connu, sert au piano.

      A ce brillant programme nous n'avons qu'à ajouter: - A lundi prochain, à bord du "Trois-Rivière," à 8 heures précises, beau ou mauvais temps.

    4. mardi 23 août 1887, page 4

      L'excursion d'hier soir

      La promenade organisée hier soir, par le choeur des montagnards, a été un véritable succès. Six à sept cent personnes avaient prix place à bord du vapeur Canada, magnifiquement pavoisé et illuminé pour la circonstance.

      Ce qui a distingué l'excursion d'hier soir c'est l'excellente composition du programme du concert et la manière remarquable dont tous les morceaux ont été exécutés.

      Nous avons publié ce programme dans notre numéro de samedi.

      MM. St Pierre, Lebel, Trudel, Mainville, Roussel, Finn et Valeur ont mérité à diverses reprises les applaudissements du public.

      Le bal n'a pas langui un instant et le vapeur Canada est revenu à son quai vers minuit, trop tôt, au gré des excursionnistes qui s'en donnaient de tout coeur.



  24. Chanteur au Grand Concert populaire d'adieu au navire de guerre français "La Minerve"

    lundi 22 août 1887, pages 2 et 4

    Grand Concert populaire ce soir au Drill Shed

    Adieux de la Minerve.

    Admission, 10 cts; Sièges réservés, 25 cts. Au profit de la Maison de Refuge.

    PROGRAMME

    l Marche- Grande marche militaire, Kenning- La musique de la Minerve et la bande de la Cité réunies.
    2 Ouverture- Stravelio, Flotow- La musique de la Minerve
    3 Chant- Chant patriotique, Flanquette- M. H. Saint Louis.
    4 Solo de baryton- Air varié, Chapelle- M. T. Laliberté, accompagné par la bande de la cité.
    5 Grande sélection- Macbeth, Verdi- La bande de la Cité.
    6 Chant- La Charité, Faure- M. H C St Pierre
    7 Grande Fantaisie- Le pardon de Ploermel, Meyerbeer; - Mazurka- ô La Violette Bleu, Girard - La Musique de la Minerve
    8 Valse- Hydropatan, Gung'l- La bande de la cité

    La Marseillaise, La Canadienne et God Save the Queen, par les deux musiques réunies.

    M Lavigne a offert généreusement son concours et celui de la bande de la Cité.

    Vivent les Canadiens!




  25. Action de H. C. St Pierre contre Martin Considine

    mardi 23 août 1887, page 4

    Une action de $500

    Hier, M. H. C. St Pierre, avocat, a pris une action de $500 contre M. Martin Considine, boucher, de cette ville. L'on se rappelle qu'il y a 18 mois le sous-constable Malone du poste No 7 fut tué, et le fils de M. Considine fut impliqué dans cette affaire.

    M. St Pierre le défendit devant la Cour Criminelle et avec son talent de criminaliste et son éloquence, réussit à le faire acquitter.

    Il lui chargea, comme honoraires, $500, qu'il n'a pas encore su payer.



  26. Présent au bal donné à bord du navire de guerre français "La Minerve"

    mercredi 24 août 1887, page 1

    UN BAL A BORD
    LA "MINERVE" MERVEILLEUSEMENT DÉCORÉE
    FÊTE MAGNIFIQUE

    Le contre amiral Vignes et messieurs les officiers de la Minerve avaient invité hier, à leur bord les citoyens de Montréal et les ont reçus avec une courtoisie, une affabilité, une gentilhommerie française qui laissera dans la mémoire de tous le souvenir le plus chaud et le plus agréable...

    H. C. St Pierre sur la liste des participants.



  27. Présent à la réception à l'Hôtel de Ville pour les officiers du navire de guerre français "La Minerve"

    jeudi 25 août 1887, page 1

    LA RECEPTION A L'HOTEL DE VILLE
    SOIRÉE D'ADIEU

    Le maire et les échevins de la cité de Montréal ont enfin reçu hier les officiers de la Minerve. En raison de la date fort avancée de la réunion, elle avait dû prendre le nom de soirée d'adieu; en effet elle avait lieu justement le dernier soir que les officiers passaient dans notre ville...

    Dans l'intervalle des danses, MM. H. C. St Pierre et L. O. Taillon ont chanté dans le salon particulier du maire plusieurs morceaux de haut goût qui ont été très appréciés et très applaudis...

    H. C. St Pierre sur la liste des invités.



  28. Antoine Sauvé, client de H. C. Saint-Pierre

    lundi 5 septembre 1887, page 4

    Cour du Banc de la Reine
    Séance du 3 septembre.

    La cause d'Antoine Sauvé, accusé d'avoir volé des marchandises dans les wagons du Grand Tronc, à Vaudreuil, a été commencée. Lorsque la cour s'est ajournée dans l'après-midi, les jurés ont été enfermés jusqu'à lundi matin.

    Séance de lundi, 5 septembre.
    Présidence de l'hon juge Baby.

    MM. Préfontaine C.R., et Greenshields C.R., agissent comme avocats de la Couronne.

    MM. Sicotte et Doucet, greffiers de la couronne.

    La cause de Sauvé, accusé de vol au détriment de la Cie du chemin de fer du Grand Tronc est reprise.

    On continue l'audition des témoins après quoi l'avocat St Pierre prend la parole pour défendre l'accusé. Sa défense est basée entièrement sur l'insuffisance de la preuve. Après un éloquent discours, terminée par une péroraison pathétique, qui fait venir les larmes aux yeux des jurés M. St Pierre se rassied et est remplacé par M. Préfontaine M. P. qui représente la couronne.

    M. Préfontaine refait la preuve de la couronne en se basant sur les témoignages produits devant la cour.

    Après un court résumé des débats, fait par Son Honneur le juge président, le jury se retire pour délibérer...

    A ce moment le jury chargé de décider dans l'affaire Sauvé, sort de la chambre des délibérations et proclame à l'unanimité que l'accusé n'est pas coupable.

    Sauvé acquitté sur deux chefs d'accusation est admis à caution pour garantir de sa ponctualité à venir se représenter devant la cour pour subir son procès lorsqu'il sera appelé.

    La cour s'ajourne à demain à dix heures.



  29. Alphonse Trudel, client de H. C. Saint-Pierre

    1. mardi 6 septembre 1887, page 4

      Cour du Banc de la Reine
      Séance du 6 septembre.
      Présidence de l'hon juge Baby.

      MM. Préfontaine C.R., et Greenshields C.R., agissent comme avocats de la Couronne.

      MM. Sicotte et Doucet, greffiers de la couronne...

      Antoine Souchereau, Albert Choquette, André Gougeon, Joseph Bissonnette, François Labelle, Pierre Labelle, Pierre Dansereau, Pierre Decelle, Maxime Chaillé, Raoul Poulin, Octave Montigny, sont accusés de conspiration et d'assaut grave sur M. Trudel, boulanger au Mile End, leur ancien patron.

      Nous avons donné tout au long les détails de cette affaire dans un de nos précédents numéros.

      Rappelons en brièvement les points principaux que la déposition de M. Trudel, premier témoin appelé, ne fait que confirmer.

      On se rappelle qu'au mois de mai dernier les boulangers ont demandé une augmentation de salaire par la voie des journaux. Vers le 5[?] du même mois, les employés au service de M. Alphonse Trudel, bien connu en cette ville, tant par ses nombreuses relations d'affaires que par sa parfaite respectabilité, lui demandaient eux aussi une augmentation de salaire. Comme M. Trudel payait ses employés $12 par semaine, chacun, il ne voulut pas consentir à un surcroit de dépenses.

      Quelques jours après, M. Trudel ayant cru devoir changer son chef de boulangerie, parce qu'il buvait, les employés sous prétexte de se soutenir se mirent en grève. Ceci se passait le samedi dernier.

      Le lendemain, M. Trudel avait trouvé d'autres employés pour remplacer ses anciens, et l'ouvrage se fit comme d'habitude.

      Cependant vers les 11 heures le même soir les citoyens de la rue Mont Royal et de la rue Carrière furent éveillés par les cris de "Au meurtre! Au moeurtre!"

      C'étaient les anciens employés qui jaloux de voir les nouveaux à l'ouvrage et mécontents de ce changement avaient empoigné un nommé Guiyon au coin de la rue Carrière et Mont Royal. Ce Guiyon était un nouvel employé qui dirigait la boulangerie.

      Il fut assailli de la façon la plus odieuse et reçut plusieurs blessures sérieuses qui mettent sa vie en danger.

      Non contents de laisser Guyon dans un pareil état, les boulangers se rendirent chez leur patron et là entrèrent par la maison privée, effrayant beaucoup madame Trudel, qui ne put réussir à leur barrer le passage, pour se rendre ensuite à la boulangerie. Là ils empoignèrent M. Trudel et le chef de la boulangerie et se ruèrent sur eux comme des bêtes fauves.

      Plusieurs détonations se firent entendre et ce ne fut que lorsque M. Trudel put s'emparer d'une carabine qu'il avait dans la maison que les boualngers prirent la fuite.

      M. Trudel a reçu plusieurs coups et en aurait reçu de beaucoup plus graves encore s'il n'avait gardé son sang froid jusqu'au bout.

      M. St-Pierre a soutenu la poursuite au nom de la partie civile. M. Auger défendait les accusés.

    2. mercredi 7 septembre 1887, page 2

      Cour du Banc de la Reine
      Séance du 6 septembre.

      La déposition de M. Trudel dura longtemps. Il rappela d'une manière étendue, les faits de la cause; nous les avons publiés hier.

      M. Charles Lévesque, contre-maître de la boualngerie de M. Trudel, est ensuite assermenté comme témoin.

      Il raconte à peu près les mêmes faits que M. Trudel. Il ajoute qu'il a appartenu à l'association des boulangers, mais n'ayant pas payé sa contribution, on l'a rayé de la liste des membres.

      Le témoin refuse de dire pour quel salaire il s'est engagé.

      Melle Ovila Paquin vient ensuite. Elle jure qu'elle a reconnu, le soir de la bataille, quelques-uns des accusés présents en cour, particulièrement les accusés Labelle Gougeon.

      Elle a trouvé, le lendemain de la rixe, une balle dans la clôture de la cour; elle produit la balle.

      M. C. A. Dugas, juge des sessions de la paix, étant assermenté, dit que la déposition de Mme Trudel a été prise devant lui, et que c'est bien celle qui est produite.

      Le Dr Barsalou, assermenté, dit que Mme Trudel est malade et trop faible pour venir en cour rendre témoignage. C'est lui qui a soigné Mme Trudel, après l'affaire du 9 mai; il l'a soigné depuis cette époque presque continuellement. Je l'ai même considérée pendant quelque temps comme en danger immédiat de mort.

      Elle souffre d'une maladie de coeur et d'une débilité nerveuse. La rixe et les coups de pistolets ont pu être l'occasion de la maladie de Mme Trudel.

      La déposition de Mme Trudel est lue aux jurés.

      Elle confirme les témoignages ci dessus rapportés. Elle a reconnu, parmi les assaillants Gougeon, Choquette, Labelle et Joseph Bissonnette.

      M. Euclide Gendron, boulanger, est ensuite assermenté. Il dit qu'il était présent à la baguarre mais il n'a pas vu lancer de briques; il dit que Choquette et Bissonnette n'étaient pas présents. Il vit Lévêque frapper Dansereau avec une canne. Pendant de temps M. Decelle causait avec M. trudel sur la galerie. Il a bien entendu des coups de feu, mais il ne peut dire qui a tiré.

      Questionné par M. St Pierre, le témoin ajoute que cette nuit là il s'était rendu à la boulangerie de M. Trudel pour voir qui y travaillait; il y allait en qualité de membre de l'association des boulangers. Tous les étrangers qui étaient à la boutique ce soir là faisaient partie de l'association des boulangers.

      M. Eugène Courval est ensuite appelé à la barre. Il est le beau frère de l'accusé Bissonnette; il dépose que Bissonnette, le soir de la bagarre, lui a aidé à transporter son ménage de la rue St André à la rue des Allemands; quant l'accusé l'a quitté, il était une heure moins un quart du matin.

      Eugénie Courval, soeur du témoin précédent, dépose dans le même sens, elle a vu l'accusé, son beau-frère, à une heure et demie du matin.

      Puis la cour s'ajourne à dix heures ce matin.

    3. mercredi 7 septembre 1887, page 4

      Cour du Banc de la Reine
      Séance du 7 septembre.
      Présidence de l'hon juge Baby.

      MM. Préfontaine C.R., et Greenshields C.R., agissent comme avocats de la Couronne.

      MM. Sicotte et Doucet, greffiers de la couronne.

      La séance est ouverte à 10 heures.

      La cause des boulangers de Mile-End se continue.

      M. St Pierre représente la partie civile.

      M. Augé est avocat des défendeurs.

      A l'ouverture de la cour Jos Bissonnette est acquitté; la poursuite n'ayant pu prouver qu'il se trouvait parmi les assaillants de MM. Trudel et Levesque.

      Pierre Decelles, Raoul Poulin et Maxime Chaillé, les trois prisonniers qui ont fait défaut à l'ouverture du procès, plaident coupables à l'accusation d'assaut simple.

      Octave Montigny, étant dans le même cas que Jos Bissonnette est acquitté.

      Les accusés André Gougeon, Pierre Dansereau, Antoine Souchereau, François Labelle et Albert Choquette, demande par leur avocat, M. A. A. Gauthier, à changer leur plaidoyer de non coupable en celui de coupable d'assaut simple.

      Ce plaidoyer est accepté...

    4. lundi 12 septembre 1887, page 2

      ASSISES CRIMINELLES

      Séance de l'après midi.
      9 septembre.

      ... L'après-midi, les boulangers, convaincus d'assaut simple sur la personne de M. A. Trudel, au Côteau St Louis, ont reçu leur sentence. Son Honneur ne les a condamnés qu'à l'amende, sur la recommandation même de M. Trudel. En conséquence, Dansereau est condamné à $50 d'amende ou six mois; Decelles, à $40 ou 6 mois; F, à $30 ou 3 mois; Gougeon, à $30 ou 3 mois; Chaillé, à $30 ou 2 mois; Choquette, à $20 ou 2 mois; Poulin, à $20 ou 2 mois.



  30. Désormiers et Cusson, clients de H. C. Saint-Pierre

    1. mercredi 7 septembre 1887, page 4

      ... Désormiers et Cusson est amené à la barre pour répondre à une accusation d'assaut indécent sur une petite fille.

      L'avocat St Pierre fait connaître à la cour que l'accusé voudrait substituer un plaidoyer de coupable à celui de non coupable.



  31. Albina Cousineau, cliente de H. C. Saint-Pierre

    1. mercredi 7 septembre 1887, page 4

      ... On appelle la cause d'Albina Cousineau accusée d'avoir volé pendant la nuit du 12 mai 1887 $50 dans la chambre à coucher de M. Brault N. P. à la Pointe Claire.

      Le 12 mai dernier, M. Brault avait laissé son pantalon sur une chaise dans sa chambre à coucher. Il lui fut enlevé pendant la nuit.

      Les soupçons planèrent bientôt sur la jeune Albina Cousineau, servante dans la maison de M. Brault. La jeune fille a avoué qu'à l'instigation d'Alexandre Cousineau, son oncle, elle s'était rendu coupable du vol en question. Aujourd'hui elle plaide non coupable. M. Saint Pierre représente la défense.

      M. Brault est appelé à rendre son témoignage. Il déclare avoir eu la prévenue à son service au mois de mai dernier.

      Il produit un plan de sa maison, et déclare avoir eu en poche le jour du vol la somme de $48.80 ou $51.80.

      Le notaire Brault exposa ensuite les circonstances qui ont accompagné et précédé le vol et qui semblent surtout accablant par l'instigateur du vol Alexandre Cousineau.

      Il a rapporté une conversation qui aurait pris place entre Albina Cousineau, son oncle et sa tante et au cours de laquelle son oncle aurait essayé de l'induire à commettre le vol.

      D'après le témoignage de M. Brault, la jeune fille a certifié qu'elle avait donné la paire de pantalons volée à son oncle Alexandre, qu'elle avait reconnu à sa voix. Le témoin était présent en cour de police, [?] Albina Cousineau a donné sa déposition et fait de nouveaux aveux.

      La cause se continue au moment ou nous mettons sous presse.

    2. jeudi 8 septembre 1887, page 4

      Cour du Banc de la Reine
      Séance du 8 septembre.
      Présidence de l'hon juge Baby.

      MM. Préfontaine C.R., et Greenshields C.R., agissent comme avocats de la Couronne.

      MM. Sicotte et Doucet, greffiers de la couronne...

      On a continué ce matin le procès de la fille Cousineau. Madame Calixta Brault donne son témoignage. La femme Cousineau était servante chez moi. Elle est entrée le lundi et le vol a été commis le mardi soir, le 17 ou 18 mai. Mon mari est arrivé vers seuf heures. J'étais retirée dans ma chambre. Je me suis réveillée le lendemain vers 4 ½ du matin et plusieurs chassis et portes étaient ouvert et un grand nombre d'objets avaient disparus. Mon mari est parti pour la ville et a vu les détectives qui lui ont dit que le vol avait dû être commis par quelqu'un de la maison. Il a soupçonné la prisonnière, mais moi je ne croyais pas que ce fut elle.

    3. vendredi 9 septembre 1887, page 2

      ASSISES CRIMINELLES

      Séance de l'après midi.
      8 septembre.

      Le témoin Mad. Brault continue alors son témoignage.

      Madame Brault dit qu'elle a mis l'accusée sur ses gardes dans toutes ses déclarations.

      La jeune fille, dit-elle, est loin d'être une idiote, sans être une intelligence supérieure.

      En transquestion, madame Brault jure que son mari n'a jamais fait de promesses ni menaces à l'accusée, il m'a aussi bien prévenue d'en faire.

      La seule promesse que je lui ai faite, c'est que si elle me donnait l'argent je lui en donnerais la moitié.

      Mais elle avait fait les aveux auparavant.

      Après son voyage à Montréal, trois semaines après le vol, mon mari m'a dit de bien observer la jeune fille.

      Pendant ces trois semaines je n'ai pas parlé de la cause à l'accusée.

      Du 10 mai au 13 juin, il n'a pas été question d'une robe de soie, je jure que je ne lui ai rien promis.

      Je jure que je n'ai pas promis une somme de $50 si elle disait à qui elle donna le pantalon.

      Q. N'avez-vous pas dit à cette jeune fille que si elle voulait vous faire connaître le voleur ou la voleuse vous lui donneriez $20 ou $25?

      R. Non.

      Q. N'est-ce pas vous qui avez suggéré le nom de "Tritri Cousineau"?

      R Non, je ne le connaissais pas assez pour cela.

      Q. N'avez-vous pas dit à son départ pour Montréal qu'elle venait faire une promenade et qu'à son retour elle aurait une robe de soie et une augmentation de salaire?

      R. Non.

      Q. N'avez-vous pas promis de lui faire faire des tours de voiture?

      R. Non. Je n'en fais pas moi-même, je n'en promets pas aux autres.

      La prisonnière dit alors à son avocat qu'un parapluie en soie lui a été promis.

      Q. N'avez-vous pas menacé de lui donner des coups de baton si elle ne faisait pas d'aveux?

      R. Non.

      M. J. B. Rodier, Mlles O Bélair et Suzanne Laberge, Mmes S. Lelair et Cousineau, mère de l'accusée, sont amnenés à la cour et reconnus par le témoin.

      J'ai dit à Mme Rodier que la petite fille m'avait dit que c'était elle.

      Je ne crois pas avoir dit à l'accusée que je lui donnerai $25 si elle déclarait le voleur ou la voleuse. Je lui ai dit que si elle me rapportait l'argent elle aurait $25.

      Le matin de l'arrestation, au départ de la voiture conduisant Albina à Montréal, j'ai appelé la mère de l'accusé et lui ai dit qu'on avait découvert qu'Albina avait été complice de vol.

      MM. Léon Bélair et Brunet donnent leurs témoignages. Ils disent qu'ils ont entendu l'interrogatoire de la petite fille par madame Brault. Le dernier témoin dit que la jeune fille à alors avoué que son oncle "Tritri" la suppliait depuis quelques jours pour savoir comment entrer chez le notaire; enfin qu'elle avoua tout.

      Mme Brault disait: c'est la vérité rien que la vérité que je veux savoir.

    4. vendredi 9 septembre 1887, page 4

      Cour du Banc de la Reine
      Séance du 9 septembre.
      Présidence de l'hon juge Baby.

      MM. Préfontaine C.R., et Greenshields C.R., agissent comme avocats de la Couronne.

      MM. Sicotte et Doucet, greffiers de la couronne...

      Au sujet de la jeune Cousineau, son procès n'est pas encore terminé. M. St Pierre dit qu'il est prêt à plaider la cause et à démontrer sans entendre d'autres témoins que sa cliente est innocente. La cour décide d'entendre les autres témoins et l'affaire se continue.

      Onésime Cousineau, accusé de complicité avec Albina Cousineau, dit qu'il n'avait pas vu la petite fille depuis 3 mois, le jour de son arrestation et que la nuit du vol en question, il couchait avec son frère.

      Joseph Cousineau, menuisier plâtrier, frère d'Onésime, demeurant à la Pointe St Charles, dit qu'il avait un contrat avec M. Brisebois, de Ste Geneviève. Son frère a travaillé avec lui, le mardi, 17 mai, jour précédent la nuit du vol. Tous deux ont travaillé jusqu'à 10 ½ hrs et 11 hrs p m. On a monté se coucher dans une chambre voisine de celle de M. Brisebois.

      Mme Brisebois et ses enfants ont été malades toute la nuit. Mon frère a couché dans la ruelle, de sorte qu'il devait passer pardessus moi pour sortir. Des portes des deux chambres étaient face à face. J'ai entendu pleurer les enfants durant la nuit.

      Nous nous sommes levés à cinq heures du matin et avons travaillé toute la journée.

      Nous avons retourné à la Pointe Claire le soir. La jeune fille accusée n'a pas toute sa raison. Le dimanche après midi précédent, mon frère était venu jouer à la balle avec nous. On a parti le diner fini.

      Madame Alexandre Cousineau dit qu'elle croit que son mari est sorti le dimanche précédent le vol entre deux ou quatre heures, je crois.

      Madame Cousineau, mère de l'accusée, dit qu'elle n'a entendu parler de vol que le matin de l'arrestation.

      Madame Brault m'a appelé et m'a annoncé la chose en me disant de n'être pas mortifiée. Je lui ai reproché de ne m'en avoir pas averti afin de l'embrasser avant son départ. Elle ajouta que l'enfant était partie très joyeuse, parceque je lui aurais dit qu'elle allait faire une promenade.

      La veille de son arrestation, la petite fille est venue changer d'habits. Elle a été un quart d'heure. Elle m'a dit qu'elle venait se changer et entrer immédiatement dans sa chambre.

      Madame Brault a apparu immédiatement dans la fenêtre. Elle m'a demandé une broche. Elle est partie en même temps qu'Albina. Elle l'épiait.

      Joséphine Cousineau, âgée de 15 ans, soeur de l'accusée dit qu'elle a été à Vêpres avec sa petite soeur toute l'après midi et n'a pas vu son oncle "Tritri".

      Elie Lanthier, huissier de la Pointe-Claire, dit qu'il a vu l'accusé, Alexandre Cousineau, le 17 mai dernier jusqu'au soir et lendemain matin vers six heures, peut-être. Je crois avoir pris l'absinthe avec lui ce matin-là.

      La Cour ajourne à deux heures p.m.

    5. samedi 10 septembre 1887, page 2

      ASSISES CRIMINELLES

      Séance de l'après midi.
      8 septembre.
      M. Brisebois, hôtelier, dit qu'il a employé Alexandre Cousineau le mardi soir. Il serait allé à la pêche ce soir-là avec M. Brisebois. Alexandre a couché avec son frère Joseph dans une chambre vis-à-vis de la mienne. La chambre des filles est voisine.

      Un petit peu avant six heures, Alexandre Cousineau était à l'ouvrage. Je venais de me lever. Je me suis levé deux ou trois fois durant la nuit. Après 11 heures, je me suis éveillé ainsi qu'à minuit. Cette maison est en bois et notre escallier fait un peu de bruit lorsqu'on descend.

      Je n'ai pas entendu sortir le prisonnier pendant la nuit. Il était difficile qu'il le fit sans que je m'en aperçusse.

      La cour ajourne à deux heures.

    6. samedi 10 septembre 1887, page 4

      Cour du Banc de la Reine

      Séance de l'après-midi, 9 septembre (suite.)

      La preuve s'est terminée dans l'après-midi. L'alibi en faveur de l'accusé Alexandre Cousineau a été prouvéve fait voir que la nuit du vol commis à la Pointe Claire, Alexandre Cousineau était à Sainte Geneviève et qu'il y avait passé la nuit dans la maison de M. Pierre Brisebois.

      M. Saint Pierre procède à l'argumentation sur les objections à la preuve qu'il a faites touchant l'illégalité de cette preuve à cause de menaces et de promesses.

      M. St Pierre cite un grand nombre d'auteurs. Il fait remarquer qu'une partie essentielle des aveux de la prisonnière, celle qui se rapporte à Alexandre Cousineau est nulle puisque ses aveux sont faits sous le coup de promesses. On avait promis de l'argent à la prisonnière, même on lui avait dit qu'il ne lui serait rien fait si elle découvrait l'auteur du vol.

      Son Honneur le juge dit qu'elle partage l'opinion de M. St Pierre et que les aveux de la prisonnière étant nuls il ne restait plus de preuves contre elle.

      A 5 heures les jurés rendirent un verdict d'acquittement contre la prisonnière. Le même jury est assermenté et a acquitté Alexandre Cousineau accusé comme complice d'Albina Cousineau.

      Puis la cour ajourne.



  32. Oscar Daoust, accusé de viol, défendu par H. C. Saint Pierre

    1. mercredi 14 septembre 1887, page 4


      COUR DU BANC DE LA REINE
      9 septembre.
      Présidence de l'hon juge Baby.

      MM. Sicotte et Doucet, greffiers de la couronne.

      La Couronne est représentée par M. Greenshields C.R...

      Séance de l'après-midi

      ...On commence le procès d'Oscar Daoust accusé de rapt. MM. H. A. St Pierre et M. A. Cholette comparaissent pour l'accusé.

    2. jeudi 15 septembre 1887, page 2

      Cour du Banc de la Reine

      Oscar Daoust, accusé de viol, subit son procès.

      M. Wilfrid Prévost représente la poursuite et M. Saint Pierre la défense.

      Mme Solyme Brunet, née Marie Louise Vachon, est la personne qui aurait été la victime du crime dont le prisonnier est accusé. Elle demeure à Sainte Justine.

      Le 27 juin, dit le témoin, j'étais seule dans ma maison avec ma petite fille de 5 ans et un petit garçon de 13 ans. J'avais fermé mes protes à clef à sept heures du soir.

      Dans la soirée ma petite fille et le petit garçon Dieudonné Labelle, âgé de 13 ans, dormaient dans le haut de la maison. J'étais seule dans la cuisine occupée à repasser. Mon mari était en voyage à St-Emmanuel. A 11 heures du soir l'accusé a ouvert la fenêtre de la cuisine où j'étais.

    3. jeudi 15 septembre 1887, page 4

      ASSISES CRIMINELLES
      15 septembre.
      Présidence de l'hon juge Baby.

      MM. Sicotte et Doucet, greffiers de la couronne.

      La Couronne est représentée par M. Greenshields C.R...

      On appelle Oscar Daoust à la barre.

      M. Wilfrid Prévost interroge madame Brunet.

      Elle dépose comme suit: Le prisonnier est venu chez moi le 18 juin au soir alors que j'étais seule. Ma petite fille était couchée et dormait sur une table. Le prisonnier s'est introduit par le chassis.

      Le témoin continue à donner certains détails qui ne peuvent être publiés décemment.

      Le 8 de juillet, l'accusé, dit encore le témoin, est revenu chez nous vers 9 ½ hrs du soir, M. Cholette et mon mari étaient avec moi dans la maison, mais cachés. L'accusé est entré dans la cuisine où j'étais eet il s'élança sur moi, mais mon mari et M. Cholette firent irruption dans la cuisine et l'accusé en les apercevant prit la fuite, abandonnant son chapeau, tombé dans la cuisine. Le lendemain, j'allai déposer contre l'accusé pour le faire arrêter.

      Transquestionné par M. St Pierre, le témoin dit qu'elle est mariée depuis 9 ans. Elle n'a qu'un enfant de cinq ans. Son mari n'est pas jaloux, il ne lui a jamais fait de reproches. L'accusé n'est pas venu dans sa maison le soir du 14 février dernier.

      Séance de l'après-midi

      Le témoin déclare qu'elle a résisté autant qu'elle a pu, mais elle a du succomber à la force.

      Les transquestions occupent ensuite le temps de la Cour pendant une forte partie de l'après-midi.

      Solyme Brunet mari de la plaignante, est appelé comme témoin.

      Il connaît le prisonnier depuis 14 ans. Il l'a employé plusieurs fois comme journalier.

    4. vendredi 16 septembre 1887, page 4

      ASSISES CRIMINELLES
      15 septembre.
      Présidence de l'hon juge Baby.

      MM. Sicotte et Doucet, greffiers de la couronne.

      La Couronne est représentée par M. Greenshields C.R.

      On a continué ce matin, l'interrogatoire des témoins dans la cause d'Oscar Gaudet accusé de viol.

      J. Bte Cholette est le premier témoin. Il raconte certains détails au sujet de l'arrestation du prisonnier.

      Alexandre Danis, huissier, dépose ensuite: Il a pris connaissance de l'accusation contre le prisonnier, le 9 juillet dernier. Ce matin là, il a rencontré Brunet, Dubeau et Cholette. On lui a demandé de l'arrêter. Il reçut ordre du mair de l'arrêter. S'étant mis à la recherche du prisonnier, il n'a pu d'abord le trouver. Finalement il l'a trouvé près de sa grange.

      Le prisonnier n'a pas dormi dans la maison la veille de son arrestation. Le prisonnier ajoute le témoin m'a déclaré qu'il était allé se coucher dans le bois. Après l'arrestation, le prisonnier s'est retiré chez moi.

      Je connais Madame Brunet depuis 18 ans. Elel jouit d'une bonne réputation dans la paroisse.

      En transquestion: "Madame Brunet jouit d'une bonne réputation. Je n'ai jamais rien dit contre Madame Brunet."

      Ici l'avocat de la défense fait venir M. Donald MacIntosh, de Ste Justine de Newton, et demande au témoin s'il n'a pas dit à ce nommé McIntosh, que la plaignante était d'un caractère léger.

      Le témoin répond: Non.

      Dieudonné Labelle dit qu'il reste dans St Justine de Newton, et dit qu'il travaille pour M. Daoust. Le soir du viol, il a couché chez Brunet. Il n'a pas entendu crier Madame Brunet ce soir-là. Si Madame Brunet avait crié bien fort je l'aurais entendu.

      M. le notaire Pharand est ensuite appelé.

      M. Pharand est notaire à St Polycarpe.

      Je connais la plaignante, dit-il. J'ai pris la déclaration de la plaignante à St Polycarpe.

    5. lundi 19 septembre 1887, page 2

      ASSISES CRIMINELLES
      15 septembre.
      Présidence de l'hon juge Baby.

      MM. Sicotte et Doucet, greffiers de la couronne.

      La Couronne est représentée par M. Greenshields C.R.

      M. Saint-Pierre présente la défense de l'accusé dans la cause de Daoust, accusé de viol.

      M. W. Prévost parle au nom de la couronne et l'honorable juge Baby résume les débats.

      Les jurés se retirer pour délibérer vers deux heures. A trois heures et quart, ils rapportent le verdict: coupable d'assaut avec intention de viol.

    6. mardi 27 septembre 1887, page 4

      ASSISES CRIMINELLES
      Présidence de l'hon juge Baby.

      MM. Sicotte et Doucet, greffiers de la Couronne.

      La Couronne est représentée par MM. Greenshields, C.R., et Préfontaine, C R

      M. Saint-Pierre, demande qu'il ait le privilège de discuter une motion qu'il a fait, dans la cause de Daoust avant que sentence ne soit prononcée contre lui.

    7. mercredi 28 septembre 1887, page 4


      Les sentences

      ... Oscar Daoust est appelé à la barre. M. H. C. St-Pierre présente deux motions, pour que la Cour réserve son jugement. M. St-Pierre dit aussi que les représentants de la couronne se sont fait remplacer, et qu'ils n'ont pas le droit de le faire dans une telle cause. M. St-Pierre cite une foule d'autorités à l'appui de sa thèse. Il ajoute qu'il n'y avait pas de viol, comme Poné[?] prouvé les témoignages et le verdict, et il cite les auteurs rejetant la preuve par ouï dire.

      La Cour renvoie les motions de M. Saint-Pierre...

      Oscar Daoust trouvé coupable de viol est condamné à 2 ans de pénitencier.



  33. Terence Carroll, accusé de meurtre, défendu par H. C. Saint Pierre


    Pour toutes les références concernant cet évènement, pressez ICI.

  34. Témoin au second procès de Thomas Jean Lesieur, accusé de vol


    Pour toutes les références concernant les quatre procès, pressez ICI.

  35. Donald Downie, accusé de parjure, défendu par H. C. Saint Pierre

    1. jeudi 3 novembre 1887, page 4


      ... Sur motion de M. H. C. St Pierre, le procès de M. Donald Downie est fixé à Mercredi.

    2. vendredi 11 novembre 1887, page 3


      ...

      On procède à la cause de D. Downie, accusé de parjure.

      Les témoins, MM. Desmarais, Bélanger, Cellard, protonotaires et J. O'Brien, sténographe, sont interrogés, M. H. St-Pierre, avocat de la défense, promet d'apporter à la cour les documents de la cause Martin et la cour est ajournée à ce matin à dix heures.

    3. vendredi 11 novembre 1887, page 4


      COUR DU BANC DE LA REINE
      11 novembre.

      Présent: l'honorable juge Dorion.

      M. L. W. Sicotte, greffier de la Couronne.

      MM. Préfontaine et Greenshields, avocats de la Couronne...

      On procède ensuite dans la cause de Donald Downie, accusé de parjure.

      M. Downie, est accusé de s'être parjuré deux fois. La première fois, c'était en 1885, dans la cause de Downie vs F. W. Francis. Le demandeur poursuivair Francis pour une somme de $230 sur billet promissoire, signé par le défendeur.

      Downie jura alors que ce billet n'avait pas été donné pour des frais d'avocat, devant aider à Francis pour le paiement de sa pension alimentaire.

      La deuxième fois, c'était le 18 avril dernier en Cour Supérieure. M. Downie, sur une saisie avant jugement, avait saisi le montant d'un loyer payé par un des locataires de M. Francis, pour s'indemniser du billet promissoire.

      Cette saisie fut contestée et M. Downie jura de nouveau que le montant de la dette de M. Francis était pour pension aliemntaire.

      M. Francis nie formellement ces deux avances de M. Downie.

      MM. Desmarais, Marchand, Bélanger et Collard ont été interrogés.

      La cause continue.

    4. samedi 12 novembre 1887, page 3


      COUR DU BANC DE LA REINE
      Séance de l'après-midi.

      Présent: l'honorable juge Dorion.

      M. L. W. Sicotte, greffier de la Couronne.

      MM. Préfontaine et Greenshields, avocats de la Couronne...

      On reprend le procès de D. Downie, accusé de parjure. M. J. W. Francis, le demandeur, rend témoignage. Il rapport ses relations avec l'accusé depuis l'année 1878, où il fit sa connaissance jusqu'à l'année 1885, où survint ses premières difficultés avec le défendeur.

      La cour est ajournée jusqu'à dix heures samedu matin.

    5. lundi 14 novembre 1887, page 4


      COUR DU BANC DE LA REINE

      Présent: l'honorable juge Dorion.

      M. L. W. Sicotte, greffier de la Couronne.

      MM. Préfontaine et Greenshields, avocats de la Couronne.

      Il y avait foule ce matin, en Cour du Banc de la Reine. Le public semble s'intéresser au procès de Francis vs Downie.

      Plusieurs témoins ont été entendus ce matin et les jurés ont posé une foule de questions aux témoins.

      Francis a dû rengainer quelques-uns de ses dires au sujet du fameux billet de $150. Ce procès de se terminera pas avant demain.

      MM. Kerr et Cruitshanks pour la demande et MM. St. Pierre et Barry pour la défense.

    6. mardi 15 novembre 1887, page 4


      COUR DU BANC DE LA REINE

      Présent: l'honorable juge Dorion.

      M. L. W. Sicotte, greffier de la Couronne.

      MM. Préfontaine et Greenshields, avocats de la Couronne.

      Ce matin, Son Honneur le juge en chef, Sir A. A. Dorion, a rendu jugement sur deux objections de M. H. C. St. Pierre, avocat de la défense. M. St. Pierre prétendit que la première partie de l'accusation n'exigeait pas de contre preuve, la preuve de la poursuite étant insuffisante pour la raison suivante: un sténographe n'est pas autorisé à prendre les réponses sur faits et articles. Le témoignage de M. Downie mentionné dans la première partie de l'acte d'accusation se composant de réponses sur faits et articles et le sténographe qui les a enregistrées n'ayant pas prêté un serment spécial, son rapport ne peut faire foi dans une cause de parjure. La cour a fait droit à cette prétention de la défense. La seconde objetion de la défense prétendent encore que la seconde partie de l'acte d'accusation devrait être renvoyée vu que M. Downie avait reconnu la première déposition devant une sivision de la Cour Supérieure qui n'avait pas la juridiction nécessaire. La cour renvoie cette objection en déclarant que chaque juridiction de la Cour Supérieure a la juridiction entière de cette cour. La juridiction de chaque division n'est pas restreinte par le fait qu'on a fait à Montréal trois division pour expédier les affaires plus promptement.

      On continue ensuite l'audition des témoins. M. Husmer Lanctôt, avocat, est interrogé, il jure qu'à sa connaissance, Francis vivait aux dépends de M. Downie en 1880 et 1881.

    7. mercredi 16 novembre 1887, page 4


      COUR DU BANC DE LA REINE
      L'AFFAIRE DOWNIE

      Présent: l'honorable juge Dorion.

      M. L. W. Sicotte, greffier de la Couronne.

      MM. Préfontaine et Greenshields, avocats de la Couronne.

      Hier après-midi, lorsque les témoins de la défense dans l'affaire Downie, eurent été entendus, M. H. C. St Pierre adressa la parole aux jurés durant deux heures de temps et fit un appel éloquent demandant l'acquittement de l'accusé.

      Ce matin, M. D. Barry a aussi adressé la parole aux jurés durant deux heures, soutenant les mêmes prétentions que M. St Pierre.

      Il fut suivi de MM. Kerr et Cruikshanks qui représentent la partie privée dans cette cause.

      Séance de l'après-midi.

      A deux heures, s'ouvre la Cour, mais le jury n'étant pas prêt à rendre son verdict dans l'affaire Downie, on commence le procès de Graham, accusé de vol avec effraction chez Mme Emma Bonenfant.

    8. jeudi 17 novembre 1887, page 4


      COUR DU BANC DE LA REINE
      Le procès Downie. - L'accusé trouvé coupable de parjure. - Autres procès.

      Présent: l'honorable juge Dorion.

      M. L. W. Sicotte, greffier de la Couronne.

      MM. Préfontaine et Greenshields, avocats de la Couronne.

      Hier, on a continué le procès de M. Donald Downie, accusé de parjure. Le juge a adressé le jury jusqu'à une heure de l'après-midi, après quoi le jury s'est retiré et a délibéré jusqu'à cinq heures. Il a alors déclaré qu'il trouvait l'accusé coupable du délit dont il était accusé.

      M. St-Pierre, agissant au nom de l'accusé, a alors déclaré qu'il avait l'intention de présenter une motion pour un nouveau procès. Il a de plus déclaré que l'une des raisons qu'il allèguerait serait les préjugés de quelques uns des jurés. En attendant, il demande que l'accusé soit admis à caution. Les avocats de la Couronne ne faisant aucune objection, M. Downie est admis à $600 de caution personnelle et deux autres cautions de $100 chacune. M. Downie ayant fourni son cautionnement se retira. La demande sera plaidée, lundi prochain.

    9. lundi 21 novembre 1887, page 4


      COUR DU BANC DE LA REINE

      On appelle Donald Downie. M. St Pierre se lève et présente une motion demandant un nouveau procès dans cette cause. Il cite différentes autorités pour prouver qu'il est devant le vrai tribunal pour présenter sa motion. Il demande un nouveau procès pour les raisons suivantes.

      1o Parce que le défendeur n'a pas eu un procès équitable (fair play), le jury étant préjugé et déterminé à le trouver coupable quand même.

      2o Parce que les jurés ont déclaré en dehors de la Cour à des personnes étrangères qu'ils le trouveraient coupable.

      3o Parce que la première partie dans l'acte d'accusation n'ayant pas été prouvée et ayant été retirée, a préjugé les jurés dans leur décision sur la seconde partie de l'accusation.

      4o Parce que la preuve a été faite d'une manière illégale, la poursuite tentant de démontrer que le défendeur est un homme à conduite immorale et au coeur endurci.

      5o Parce que le juge présidant a oublié dans son adresse de commenter sur le billet promissoire de $250 donné par Francis au défendeur et prouvé par des témoins être en reconnaissance du fait juré par le défendeur.

      6o Parce qu'on a permis de prouver des paiements de Francis qui n'intimident en aucune manière la déclaration du défendeur.

      7o Parce que depuis le verdict de nouvelles preuves ont été fournies qui démontrent l'innocence du défendeur.

      8o Parce que le verdict est contraire à la preuve faite.

      9o Parce que l'acte d'accusation ne décrit pas suffisamment une offense.

      10o Parce que le procès est irrégulier et nul et devrait être déclaré tel (mistrial) et que, d'ailleurs, le défendeur n'en avait reçu aucun avis.

      Puis la Cour ajourne à mercredi.

    10. mardi 22 novembre 1887, page 4


      COUR DU BANC DE LA REINE

      Présent: l'honorable juge Dorion.

      M. L. W. Sicotte, greffier de la Couronne.

      MM. Préfontaine et Greenshields, avocats de la Couronne.

      Après que M. St Pierre eut terminé ses remarques hier, à l'appui des raisons qu'il a soumises pour un nouveau procès, Monsieur Kerr demande que les plaidoiries soient remises à demain et que dans l'intervalle on lui fournisse une copie des affidavits produits.

      Ceci fut accordé par la Cour.

      L'hon. Rodolphe Laflamme a produit un affidavit à l'appui d'un nouveau procès.

      Dans son affidavit l'hon. Monsieur déclare qu'il a connu M. Downie, qu'il a été étudiant à son bureau aussi bien que le plaignant et que d'après ce qu'il a pu observer, les aléégations de M. Downie sont vraies. Il sait que le plaignant n'avait aucun moyens quand il vint au bureau du déposant pour la première fois en 1880. Il fit comprendre au déposant dans le temps que le plaignant devait ses moyens de subsistance au défendeur M. Downie.

      Depuis le verdict donné dans cette affaire M. Laflamme serait allé déposer en Cour si on lui avait demandé.

      Il déclare ce qui précède dans les seuls intérêts du droit et de la justice.

    11. mercredi 23 novembre 1887, page 4


      L'affaire Downie

      Ce matin, en Cour du Banc de la Reine, M. McMaster a longuement argumenté sur l'article 226 du code qui a trait aux procédures extraordinaires.

      M. Kerr a répondu à M. Mcmaster et l'hon. juge Dorion a réservé ce cas pour la Cour d'Appel.

      Beaucoup de personnes prétendent qu'un nouveau procès sera accordé à Downie.

      Les affidavits qui ont été produits lundi influeront beaucoup sur la décision du juge. Il est évident que certains jurés étaient préjugés.

    12. jeudi 24 novembre 1887, page 4


      L'affaire Downie
      Quand M. MacMaster eut terminé sa plaidoirie hier après midi en faveur de l'accusé dans l'affaire Downie, M. Kerr C. R., lui répondit assez longuement. Il déposa les dépositions de deux des membres du jury, MM. George Sibley et James Wright niant certaines accusations faites par les avocats du défendeur.

      M. St Pierre produisit alors les dépositions de Charles Wilson, Jas. Plewis, et Jas. Reynoldson réiterant leurs déclarations quand à Sibley, l'un des membres du jury.

      Le juge en chef prit alors la cause en délibéré et annonça qu'il rendrait sa décision samedi matin à dix heures.

    13. lundi 28 novembre 1887, page 4


      L'affaire Downie

      Dans la cause de la Reine vs Downie, Son Honneur dit que le défendeur demande un nouveau procès. Dans cette demande, dit-il, il y a des points de pure formalité et d'autres assez substantiels.

      Il cite les dépositions de Wilson, de Plewse et de Spalding, déclarant que des jurés étaient préjugés dans cette cause.

      Son Honneur fait remarquer que ces affidavits sont très vagues et en termes fort généraux. Son Honneur cite aussi les témoignages volontaires de l'honorable M. Laflamme et de M. Shea, et celui de M. James Downie déclarant qu'un des jurés lui avait dit qu'il avait été forcé à rendre un verdict de coupable.

      Cet affidavit, dit Son Honneur, n'a aucune valeur.

      Rien dans tous ces affidavits, dit l'hon. juge Dorion, ne peut m'induire à accorder un nouveau procès, ni les objections qui ont été faites.

      Cependant, dit Son Honneur, vu qu'il y a un point important soulevé dans la demande des avocats de Downie, et qu'il y a certains doutes dans la cause, je suis disposé à réserver la cause.

      Son Honneur dit que Downie devra aller en prison s'il n'a pas de caution.

      Les cautions requises sont de $2000.

    14. mercredi 30 novembre 1887, page 3


      M. Downie et la toge professionnelle

      M. Donald Downie, avocat de cette ville, a soumis au barreau le dossier de sa cause pour parjure, le priant de l'examiner et de décider s'il est coupable de parjure. Il déclare qu'il se soumettra à la décision du barreau et otera sa robe d'avocat, si la décision lui est défavorable.



  36. Robert Graham, accusé de vol avec effraction, défendu par H. C. Saint Pierre

    1. mercredi 16 novembre 1887, page 4


      ...A deux heures, s'ouvre la Cour, mais le jury n'étant pas prêt à rendre son verdict dans l'affaire Downie, on commence le procès de Graham, accusé de vol avec effraction chez Mme Emma Bonenfant.

    2. jeudi 17 novembre 1887, page 4


      ... Pendant l'après-midi, on a procédé au procès de Robert Graham, accusé d'avoir commis un vol dans la maison de Georgiana Ménard, sur la rue de l'Aqueduc. M. St-Pierre défend l'accusé.

      La plaignante et le sergent Charbonneau donnent leurs dépositions.

      Georgiana Ménard dépose que le 29 octobre vers six heures du matin, elle a été éveillée par du bruit dans sa résidence, sur la rue de l'Aqueduc. Elle s'est aussitôt levée et elle a aperçu l'accusé qui était à voler un mandat d'argent ($64) dans l'un de ses tiroirs. Elle a aussitôt donné l'alarme et l'accusé avec deux de ses camarades se sont évadés. Elle a notifié le sergent Charbonneau avec le détective Carpenter et en est parvenu à arrêter l'accusé et ses deux complices, Samuel Briggs et Samuel Huddle. Sur eux on a trouvé une certaine somme d'argent.

      Le témoin reconnaît parfaitement l'accusé comme étant celui qui a commis le vol.

      Le sergent Charbonneau est aussi entendu ainsi que le détective Carpenter qui tous deux corroborent le témoignage de la plaignante.

      Les témoins entendus pour la défense sont Samuel Briggs, et John Huddle, et la mère de l'accusé madame Graham. Après les adresses des avocats et du juge, le jury se retire pour délibérer et revient en cour en déclarant qu'on ne peut s'entendre pour trouver un verdict sur le témoignage d'un seul témoin.

      Le juge dit qu'un seul témoin est suffisant si le jury ajoute foi à son témoignage. Le jury se retire de nouveau et revient avec un verdict de culpabilité de tentative de vol. M. St Pierre prétend que le jury ne peut rendre un tel verdict, mais la cour déclare que le verdict doit être accepté.

    3. lundi 21 novembre 1887, page 3


      COUR DU BANC DE LA REINE

      Présent: l'honorable juge Dorion.

      M. L. W. Sicotte, greffier de la Couronne.

      MM. Préfontaine et Greenshields, avocats de la Couronne.

      A l'ouverture de la Cour samedi, M. H. C. St Pierre présente une motion pour faire annuler le verdict rendu dans la cause de Robert Graham.

      Graham était accusé d'être entré avec effraction chez Mme Georgiana Mesnard avec intention de voler différents articles, entre autres: une somme de $64, une douzaine de bouteilles de bière, etc., etc., et de les avoir volés.

      Le jury rendit le verdict suivant: coupable d'être entré avec effraction dans une maison avec intention de vol.

      M. St Pierre dit que ce verdict est nul.

      L'avocat de la couronne prétend que ce verdict est justifié par une clause de l'Acte de Procédure disant qu'une personne peut être trouvée coupable de tentative de commettre l'offense dont elle est accusée.

      M. St Pierre cite de nombreuses autorités pour prouver que le verdict rendu n'est pas un verdict de coupable d'avoir tenté de commettre l'offense dont le prisonnier est accusé, mais une offense différente de celle portée dans l'acte d'accusation pour laquelle il doit être accusé d'une manière distincte.

      Cette motion est prise en délibéré et jugement sera rendu ce matin...

    4. lundi 21 novembre 1887, page 4


      COUR DU BANC DE LA REINE

      La Cour du Banc de la Reine s'est ouverte, ce matin, à 11 heures. La Cour était complètement comble.

      Comme c'est le dernier jour du terme, les sentences ont été rendues...

      Son Honneur fait aussi remettre Graham en liberté. Graham avait été accusé de vol avec effraction chez Emma Bonenfant. Le jury le trouva coupable de recel. Le juge a annulé ce verdict déclarant qu'il était incompatible avec l'acte d'accusation...

      COUR DU BANC DE LA REINE


  37. Homer Gaspard Bussière, accusé de tentative de meurtre, défendu par H. C. Saint Pierre

    1. vendredi 18 novembre 1887, page 4


      COUR DU BANC DE LA REINE

      Présent: l'honorable juge Dorion.

      M. L. W. Sicotte, greffier de la Couronne.

      MM. Préfontaine et Greenshields, avocats de la Couronne.

      Ce matin à l'ouverture de la Cour du Banc de la Reine, on a commencé le procès de Homer Gaspard Bussiers, accusé de tentative de meurtre sur un nommé Pierre Hamelin.

      Le 10 septembre dernier, vers 11 heures du soir, Pierre Hamelin, le témoin, se tenait avec une jeune fille, près de la maison No 168 rue St. Urbain. Le prisonnier passa devant lui et le fixa assez longtemps. "En voilà un qui me reconnaîtra" dit alors M. Hamelin.

      Quelques minutes plus tard, Hamelin laissa la jeune fille et rencontra un peu plus loin, le prisonnier qui lui porta un coup à la poitrine. Il porta la main à l'endroit où il avait été frappé et la retira maculée de sang. Il frappa alors à la porte de M. Lachance. On lui ouvrit et peu après son entrée dans cette maison il perdit connaissance, d'où il fut transporté à l'hôpital Notre-Dame. Il a bien reconnu le prisonnier au moment où il a été frappé au côté gauche.

      Les habits maculés de sang du témoin sont produits. Le témoin était sur le point de partir pour l'Europe, mais ce procès l'a forcé à différer son voyage. Il connaissait fort bien l'accusé, qui, le soir en question, portait un chapeau qu'il n'avait pas l'habitude de porter.

      Florade Hewett est assermentée. Elle jure que le 10 septembre, elle se trouvait à la porte de la maison de M. Lachance, où elle vit un individu passer et repasser plusieurs fois et les regarder sous le nez, c'était le prisonnier.

      Hamelin me dit qu'il se défiait de cet individu et qu'il allait le surveiller pour voir s'il avait l'intention de faire un mauvais coup, je rentrai dans la maison et un peu plus tard on frappa. Hamelin entra, il était blessé. M. Lachance le soutint pendant qu'on allait chercher un médecin.

      L'ambulance fut mandée et le blessé fut transporté à l'hôpital.

      Le témoin travaille chez madame Giguère, soeur d'Hamelin.

      Celui-ci a plusieurs fois amené le prisonnier chez M. Lachance où elle demeurait alors. Elle ne se souvient pas d'avoir dit dans sa déposition qu'elle n'était pas certaine d'avoir reconnu le prisonnier. Elle l'a bien reconnu. Le Dr Beeman, medecin attaché à Notre-Dame, a reçu le blessé Hamelin le 10 septembre, à 11 heures du soir. Le blessé avait perdu beaucoup de sang dans la région du coeur; le témoin crut d'abord qu'il allait succomber à sa blessure; il était sans connaissance.

      Il reprit ses sens au bout de cinq minutes mais ne put parler. Plus tard il put dire son nom. Ce n'est que le lendemain que l'on put obtenir de lui quelques paroles.

      Le blessé est resté neuf jours à l'hôpital.

      Le juge Dugas a pris sa déposition ante mortem.

      M. Giguère, beaufrère de M. Hamelin, dit que le soir de l'affaire qu'il fit prévenir Bussière que Hamelin voulait le battre.

      Le prisonnier lui a dit qu'il ne voulait pas coucher chez lui cette nuit, en ajoutant que si Hamelin lui touchait, il le frapperait au coeur. Il a quitté le prisonnier à dix heures et demie.

      La mère de l'accusé, qui demeure à Québec, vint rendre témoignage et déclare que son fils a toujours eu une bonne conduite. D'autres témoins viennent aussi prouver le bon caractère du prisonnier.

      M. St. Pierre adresse alors le jury. Il est suivi de MM. Préfontaine et Greenshields.

    2. samedi 19 novembre 1887, page 4


      COUR DU BANC DE LA REINE

      Présent: l'honorable juge Dorion.

      M. L. W. Sicotte, greffier de la Couronne.

      MM. Préfontaine et Greenshields, avocats de la Couronne.

      Hier après-midi, les jurés ont prononcé un verdict d'acquittement en faveur de Bussière...




  38. Samuel Briggs et John Huddle, accusés de vol avec effraction, défendus par H. C. Saint Pierre

    samedi 19 novembre 1887, page 4


    ... Samuel Briggs est alors appelé à la barre. Il est accusé de vol avec effraction chez Mme Emma Bonenfant, No 306 rue Aqueduc, le matin du 26 octobre en compagnie de Samuel Briggs et John Huddle et d'y avoir volé $64, 12 bouteilles de bière et plusieurs autres articles. MM. St Pierre et Roy comparaissaient pour la défense.

    Les témoignages de la défense sont les mêmes que dans la cause de Graham, trouvé coupable vendredi.

    La mère et la soeur du prisonnier jurèrent positivement que le jeune homme avait couché chez lui cette nuit en question.

    M. Greenshields déclara alors que la Couronne n'avait pas d'autre preuve pour contredire ce témoignage. Le juge ordonna alors la mise en liberté de Briggs.

    John Huddle, accusé de la même offense fut aussi mis en liberté.



  39. Constable spécial Maroni, défendu par H. C. Saint Pierre

    vendredi 2 décembre 1887, page 4


    Appel

    M. H. C. St Pierre doit appeler devant la Cour du Banc de la reine du jugement dans la cause du constable spéciale Maroni, condamné à $20 par les tribunaux pour avoir montré son revolver à quelqu'un qui voulait le frapper.





Jacques Beaulieu
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Révisé le 14 décembre 2018
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