Mes racines / my roots

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Sa dernière année en Caroline - His last year in
Part of this letter was translated by Jacques Beaulieu and his available HERE.


Copie digitalisée de la lettre est disponible ICI.


Cette lettre, manuscrite, comprend 6 feuillets avec emblème et titre "Chambre des Juges". Chaque feuillet comprend 4 pages de 8 pouces par 5 pouces. La lettre comprend 23 pages numérotées. Elle est en la possession de Suzanne Montel, arrière-petite-fille de son auteur. Elle a été transcrite par Jacques Beaulieu, arrière-petit fils de son auteur.


Chambre des Juges

Montréal, 8 mai 1907
M. H. A. Saint-Pierre,
Protonotaire,
Bryn.

Mon cher Henri,

J’ai reçu la formule de demande de pension que tu as bien voulu me faire parvenir, mais je suis obligé de te la renvoyer au moins pour le moment. Tu as évidemment désoublié une partie de mon histoire.

Voici: Dans l’automne de l’année 1864 l’armée de Sherman s’avançait graduellement vers Atlanta qui était la place forte de la Georgie. Atlanta une fois prise, la prison d’Andersonville qui est située au sud de la Georgie, à quelques milles de Macon se trouvait menacée. Cette prison contenait alors environ quarante mille hommes. Le cas devenait urgent. Les autorités sudistes eurent recours à un expédient pour réussir à nous transférer ailleurs sans trop s’exposer à perdre leurs prisonniers par la désertion. Ils nous annoncèrent qu’un échange général de prisonniers entre le Nord et le Sud avait été décidé, que le cartel avait été signé de part et d’autre et que l’échange allait se faire à Savannah. Afin de mieux réussir à nous mystifier le capitaine Whirtz le commandant de la prison nous expédia par détachements de mille hommes à la fois jusqu’à la gare qui se trouvait à environ un mille du «stockade» sous sa garde.

L’opération prit plusieurs jours. Une fois dans les chars les gardes reparurent et nous fûmes expédiés sur différents points des États Confédérés, les uns à Savannah, les autres à Melline [?], d’autres dans la Floride, et d’autres à Charleston «On the race ground» en arrière de la ville. Je fus d’abord expédié à Savannah où mes compagnons d’infortune et moi nous fûmes parqués dans la cour de la prison commune. Je fus retenu là pendant environ une quinzaine de jours. De là je fus transféré avec d’autres compagnons à Charleston, au «Race ground» où je demeurai pendant plusieurs semaines.

Pendant mon séjour à cet endroit je fis connaissance d’une soeur Française qui venait avec d’autres soeurs apporter des remèdes et des réconfortants aux malades. Je m’enquis d’elle s’il y avait des Français ou des Canadiens dans la Ville de Charleston. Elle me dit que oui qu’il y avait un juif Français du nom de Giffard et un Canadien du nom de Levasseur qui était de Québec. Elle me procura du papier et un crayon et par son entremise je pus me mettre en relation avec Levasseur qui était chimiste à l’emploi du gouvernement Confédéré. Il manufacturait des poudres fulminantes pour les torpilles.

Mon plan était de l’engager à favoriser mon évasion du camp où j’étais d’abord à quelqu’endroit dans la ville et de la ville à notre flotte ou en Angleterre au moyen des brake-runners qui pénétraient jusque dans le port. Pendant que j’étais à échanger des lettres avec Levasseur, un incident vint tout gâter. Mon détachement fut soudainement transféré à Florence sur les confins de la Caroline du Nord où les sudistes avaient établi un camp en attendant le «stockade» que les nègres étaient à y construire fut prêt à recevoir les prisonniers destinés à y être internés.

À cette époque la Confédération sudiste commençait à manquer d’hommes et les autorités cherchaient à en recruter par tous les moyens possibles. Un jour sur la fin d’octobre [1864], un officier sudiste se présenta à notre camp (n’oublie pas que nous mourrions de faim) et offrit de donner du service à tous ceux d’entre nous qui étions de races étrangères, c’est-à-dire qui n’étaient pas Américains. Cette proposition fut rejetée avec dédain. Pas un seul ne voulut consentir à se déshonorer et à violer son serment de fidélité. «Mieux falloir mourir de faim» (Patria mori quam foedari) [Difficile à lire]. Voilà quelle fut notre réponse. .

Une dizaine de jours plus tard, le même officier revint et nous fit une deuxième proposition: c’était d’aller travailler comme ouvrier à l’Arsenal de Charleston tout en demeurant prisonniers et sous garde, sans prendre aucun engagement et sans prêter aucun serment. Cette proposition fut acceptée par un bon nombre et entre autre par l’un des membres de mon détachement (un détachement se composait de 90 hommes). C’était un Irlandais qui m’était très sympathique. Je lui reprochai son acte; mais il m’expliqua que son plan était de s’évader une fois arrivé à l’intérieur de la ville au moyen des blockade-runners, dont la plupart étaient des vaisseaux Anglais avec des marins Irlandais. Afin de ne pas manquer son affaire mon Irlandais s’était fait inscrire à deux reprises sous des noms différents. Malgré la répugnance que j’éprouvais à quitter mes compagnons d’infortune dans le but apparent de prêter secours à l’ennemi, je me laissai persuader de suivre son exemple. Il me fit connaître le nom qu’il avait donné en second lieu et lorsque ce nom fut appelé je répondis à l’appel. Je donnai en sus à l’officier le nom de mon camarade Paul Clareton dont j’ai conservé une couple de lettres, que j’ai encore [ces mots ont été biffés].

Je me représentai comme charron (wheelright) et mon compagnon Paul Clareton comme charpentier et menuisier. Ma destination dans les travaux à faire à l’Arsenal était de confectionner des roues de canon et de waggons militaires et Clareton devait faire des boîtes pour les cartouches (Il était boulanger de son état). L’idée d’une évasion telle que projetée par mon ami l’Irlandais m’avait paru lumineuse et me remit en mémoire la correspondance que j’avais commencée avec Levasseur. Cette dernière circonstance avait fini par me convaincre que je ferais bien de faire la tentative que j’avais originairement projetée.

Nous fumes immédiatement dirigés sur Charleston et en arrivant on nous fit camper à la belle étoile (nous étions déjà accoutumés à cela) dans un clos de bois au trois quart vide, tout près de l’Arsenal. Le lendemain il fallait s’installer. On nous apporta des tentes et des provisions. Ces provisions consistaient en farine et en «beacon». Nous nous trouvions dans le voisinage d’un petit quartier de nègres libres qui s’étaient installés le long d’une petite rue sur la rivière Ashley. Charleston comme New-York se trouve au confluent de deux rivières «Ashley River» et «Cooper River». Comme nous devions recevoir un petit salaire en argent confédéré, et que, vu nos occupations à l’Arsenal, il nous serait impossible de faire cuire nos vivres nous-mêmes, on nous dit d’aller faire des arrangements avec quelques-unes des familles nègres du voisinage qui ne manqueraient pas d’acquiescer à notre demande moyennant une légère rétribution chaque semaine.

Mon compagnon Paul Clareton et moi nous nous adonnâmes à nous adresser chez une vieille noire du nom de Madame Brown qui avait vécu autrefois dans les Îles Françaises et qui parlait le Français des créoles. La chance jusque-là nous avait favorisé, mais c’est maintenant que notre rôle devenait difficile. Le lendemain il fallait se présenter à l’Arsenal pour y travailler, or nous n’étions ouvriers ni l’un ni l’autre. Nous restâmes au camp en donnant pour prétexte que nous étions malades. Il fallait tout risquer ou tout perdre. Le même jour je fis connaître notre situation à la vieille négresse et lui demanda si elle ne connaissait pas les monsieurs Giffard et Levasseur dont la soeur Française m’avaient parlés. Elle me répondis que non. Elle avait un fils qui était boulanger et qui travaillait dans la ville. Elle promis de s’enquérir auprès de lui et de nous donner une réponse à l’heure du souper. Le fils connaissait Giffard qui était tobaconiste, mais ne connaissait pas Levasseur. Je lui donnai un petit écrit le priant de le remettre à Giffard sans délai. C’est ce qu’il fit.

Le lendemain matin le père Giffard (c’était un homme dans la soixantaine) vint nous voir et promit d’amener Levasseur le soir. Nous étions encore ce jour-là sur la «Sick List» mais ça ne pouvait pas durer bien longtemps. Le soir Levasseur vint nous voir à son tour et après une assez longue entrevue il fut décidé que nous nous évaderions le soir même et que nous prendrions refuge dans la maison d’un nommé Hamilton qui n’était habitée que par une négresse esclave amie de Madame Brown laquelle nous fournirait de quoi manger en attendant notre sort définitif.

Cette maison se trouvait tout près de l’Arsenal mais du côté opposé à celui où était le village nègre. Le Monsieur Hamilton dont il s’agit était un sudiste enragé qui servait alors dans l’armée du Général Johnston. C’était un vieux garçon et la seule personne qui habitait sa maison était sa ménagère à laquelle ses amis nègres donnaient le nom de Madame Hamilton. De l’endroit où nous étions, mon compagnon Clareton et moi, nous pouvions voir sur les rues entourant l’Arsenal l’affiche promettant une récompense à ceux qui ramèneraient les deux prisonniers échappés.

Quelques jours plus tard Levasseur nous fit faire la connaissance du Major Dubosc [nom peu lisible] et de son fils. Ce dernier avait été blessé assez grièvement dans un engagement récent en Virginie. Il fut décidé qu’on nous logerait dans le bas de la ville où personne n’habitait pour la raison que cette partie de la ville avait été détruite par le bombardement des battteries placées par l’armée du Nord sur Morris Island et qu’une fois installés là on nous ferait parvenir tous les soirs les choses nécessaires pour y distiller de l’alcool au moyen d’un alambic.

Ce fut là notre occupation durant tout l’hiver. Par l’entremise du jeune Dubosc qui était un garçon de ma taille je pus sortir avec son père en revêtant ses habits et en me servant de son permis. Je prenais la précaution de ne passer qu’une manche de l’habit et de me mettre le bras en manche de chemise en écharpe.

Nous demeurâmes dans ces conditions jusqu’à la date de l’évacuation de la ville, laquelle eut lieu à l’époque où Sherman après avoir détruit Atlanta, traversé la Georgie et pris Savannah se dirigeait vers le nord en coupant toutes les lignes de communication dans les villes du littoral. Les sudistes durent évacuer Charleston pour ne pas être laissés sans vivre et ce jour là je me trouvai en liberté. [L'évacuation de Charleston eut lieu le 17 février 1865.] J’allai immédiatement me rapporter au général Hatch (1). qui avait été envoyé par le Général Sherman pour prendre possession de la ville. Mon compagnon Clareton en fit autant.

Le Général nous traita avec beaucoup de bonté. Il me nomma sergent dans ce qu’on appelle «The Prevosts Guards», c’est-à-dire la partie de l’armée chargé de faire la police de la ville et de saisir tout ce qui était contrebande de guerre, tels que les armes, les ammunitions de guerre, les chevaux, les mulets, etc. Il me confia le soin de surveiller l’exhumation des cadavres des prisonniers de guerre qui avaient été enterrés au «Race Ground» pour les faire transporter dans un terrain spécial au cimetière «Magnolia». Je me fis adjoindre le père Giffard pour le récompenser des services qu’il m’avait rendus.

Après la reddition du Général Lee qui eut lieu à la fin de mars [La reddition de Lee eut lieu le 9 avril 1865 à Appomattox.] et celle du Général Johnston qui s’opéra un peu plus tard [La reddition de Johnston eut lieu le 26 avril 1865 à Durham.] toutes les armées du Nord et de l’Ouest reçurent ordre de se rendre à Washington pour prendre part à la grande parade qu’on y préparait. [La parade eut lieu les 23 et 24 mai 1865.] Mon devoir aurait été de me rendre là. Les régiments, la parade une fois terminée, devaient être expédiés sur différents points pour y être licenciés.

Si je ne me trompe pas mon régiment a été licencié à New-York. Je me laissai persuader de demeurer à Charleston pour deux raisons. La première c’est que Levasseur et Dubosc espéraient, par mon entremise et en me faisant partager dans les profits, obtenir des contrats des États-Unis pour relever et mettre à flots les vaisseaux de guerre et autres qu’on avait fait couler dans la rade durant le siège de la ville et dont quelques uns se trouvaient à obstruer le chenal principal qui conduisait à la ville. La seconde c’est que j’avais déposé dans les mains du général Hatch ma demande d’engagement comme Lieutenant dans l’armée régulière des États-Unis. J’attendais une réponse avant de faire autre chose. Mon compagnon, lui, avait décidé de rejoindre son régiment. À son départ il vint me voir et insista beaucoup pour me persuader de partir avec lui. Il me fit une peinture des plus engageante de la joie qu’éprouveraient mes parents en me revoyant. Je refusai vu que j’avais appris que j’avais passé pour mort le jour où j’avais été fait prisonnier. J’étais sous l’impression qe cette nouvelle avait dû parvenir jusqu’à mes parents et qu’il vallait mieux attendre pour leur causer une surprise plus agréable que j’eusse eu allant les voir, l’épée d’officier au côté.

Clarenton est parti sans moi: sur ces entrefaites avec les buées [?] chaudes des mois de mai et de juin je tombai bien malade des fièvres tremblantes. On avait recommencé à Charleston la publication d’un petit journal hebdomadaire et entre autres choses on y publiait la liste des lettres non réclamées. Un jour je vis dans cette liste une lettre à mon adresse. Je me hâtai d’aller la demander. À ma grande surprise, c’était une lettre venant de ma mère. Cette pauvre mère me suppliait avec larmes de revenir auprès d’elle. Jamais de ma vie je n’ai rien lu de plus pathétique ni de plus éloquent. Voici ce qui était arrivé. Clareton après avoir rejoint son régiment et avoir été licencié à New-York avait pris sur lui de se rendre jusqu’auprès de mes parents pour leur annoncer que j’étais encore vivant.

La lettre de ma mère avait mis fin à tous mes projets, du moins pour le moment, et je ne m’occupai plus que de revenir au pays. Je pris le steamer Alhambra qui était venu prendre une cargaison de coton et j’arrivai à New-York au mois d’octobre [1865]; mais j’étais tellement malade que je dus être envoyé à un hôpital à New-York. J’y demeurai deux ou trois semaines et de là je me rendis à une place d’eau à Long-Island pour y reprendre un peu de force. Les médecins craignaient qu’une transition trop brusque des chaleurs tropicales aux froids glaciaux de la fin d’octobre du Canada ne me fut fatale.

Enfin je pus prendre le train qui conduisait au pays et j’arrivai à l’Île Bizard le 3 novembre [1865] encore très malade et très faible. Ma mère faillit mourir de joie en me revoyant.

Au printemps, je voulus retourner à Charleston, mais ma mère, ma soeur Odile, mon beau-frère Raymond et M. Gaucher qui à cette date était le député du comté Jacques-Cartier insistèrent pour me faire reprendre mes études de droit que j’avais commencées à Kingston avant mon départ pour la guerre.

Je dus céder. On me fit entrer au bureau de l’Honorable M. Cartier. L’année suivante j’étais engagé avec un beau salaire au bureau de l’Honorable Abbot et un an avant mon admission au barreau en 1869 j’entrais au bureau de Bernard & Pagn [?] où j’ai demeuré une année après avoir été reçu membre de la profession d’avocat.

En 1872 je devenais l’un des associés dans le bureau de l’Honorable Gédéon Ouimet lequel bureau devint le mien lors de sa nomination comme Surintendant de l’Éducation. Tu connais le reste.

Pendant environ trente années je n’ai jamais entendu parler d’aucun des membres de mon régiment, et lorsqu’il y a quelques années j’ai assisté à la réunion de Cortland je n’en ai rencontré qu’un seul, le sergent Barton [Selon Mike Brown, un sergent Burton, de la compagnie F, la compagnie dont faisait partie Henri Césaire, se trouve sur la liste des membres du régiment. Voici copie de son entrée sur son site:
" BURTON, ORRIN W.-Age, 21 years. Enlisted, September 12, 1861, at Fairville, to serve three years; mustered in as private, Co. E, October 4, 1861; transferred to Co. F, September or October, 1862; promoted corporal, prior to June, 1863; sergeant, no date; captured and paroled, no dates; discharged, March 9, 1865, at Elmira, N. Y." Cette liste est accessible ICI. Selon Mike Brown, Burton mourut à Dryden en 1910.]
, qui m’eut connu au régiment. Tu vois que ma situation est tout à fait particulière.

Je n’ai jamais obtenu de décharge régulière et [soi]tuellement parlant je devrais être considéré comme étant «absent without leave». Je vais m’efforcer de faire régulariser ma position et de me faire identifier si Barton vit encore.

En attendant je te souhaite une existence moins mouvementée que la mienne l’a été. Mes saluts à Meltie.

Ton père



English Translation of Part of the Above Letter

I received the pension form you sent me, but I must return it for the time being. You obviously forgot part of my story.

Here it is: In the automn of 1864 Sherman’s army was advancing towards Atlanta and so was threatening the prison of Andersonville, situated in the South of Georgia. There were about 40,000 prisoners there. The prison authorities used a stratagem to transfer us without losing too many prisoners through desertion. They announced to us that a general exchange of prisoners had been agreed and signed by both parties and that the exchange would take place in Savannah. To make this more plausible, the prison commander Whirtz sent the prisoners by groups of 1000 at a time to the railroad station which was about one mile from the stockade he was in charge of. This took many days. Some of us were sent first to Savannah, others to Melline [?], others in Florida and some at the Charleston Race Ground where I stayed for many weeks.

While there, I met a French nun who was, together with other nuns, nursing our sick. I asked her if there were any Frenchman or French Canadians in Charlestown. She told me there was a French Jew called Giffard and a French Canadian called Levasseur, originally from Québec City. She gave me paper and pencil with which I wrote a note to Levasseur, who was working for the Confederacy as a chemist. He was producing exploding powder for torpedoes. I was hoping to get him to help me escape to town, and from there either to our fleet or to England with the help of a British blockade-runner. Unfortunately our group was then sent to Florence where they were building a stockade.

At our Florence camp, where we were dying of hunger, we, who were not Yankees, were offered to join the ranks of the Confederate Army. This was unanimously rejected. About ten days later, the same officer came and made us a new offer: to work at Charleston Arsenal as prisoners under guard, which meant that we neither had to sign any contract and make any oath of allegiance. Quite a few accepted this offer. Among them someone from my detachment (a detachment was of 90 men) who was a very nice Irishman. I told him off for his action but he explained that his plan was not to work there but to escape once in town and take refuge on one of the blockade runners, British ships manned by Irish sailors. To be sure to be called, he had registered under two different names. I did not feel like deserting my comrades and give the impression that I was going to help the ennemy, but he nevertheless persuaded me. He gave me the name he gave in second and I answered the call when it was called. I then gave the officer the name of my comrade Paul Clareton.

I told the officer that I was a wheelright [which he was not] and Paul Clareton said he was a carpenter (he really was a baker). I was to make wheels for the canons and military waggons; Clareton was to make boxes for bullets. The escape idea of my friend reminded me of the exchange of notes with Levasseur, which made the chance of escape greater.

We were immediately brought to Charleston and we slept outside – we were accustumed to that – in a wooden enclosure three quarters empty, close to the Arsenal. The next day we were brought tents and food: flour and beacon. We were close to a small quarter of free Blacks who were living on a small street next to the river Ashley. Charleston, just like New York, is at the meeting of two rivers, the Ashley River and the Cooper River. As we were to get a small wage in Confederate money and as, because of our duties at the Arsenal, we would not be able to cook our food ourselves, we were told to make arrangments with some of the Black families who would gladly prepare our food for a little money.

Paul Clareton and I asked an old black woman called Mrs Brown, who had previously lived in the French Indies and so spoke the French of the Créoles. So far, luck had been on our side, but the next step was the difficult one: we were to go and work to the Arsenal the next day, but neither of us knew the trades we have stated. So we stayed at camp on the pretence that we were sick. That very day I told our situation to the old woman, and asked her if she know Giffard and Levasseur the French nun had told me about. She did not but her son was a baker in town. She promised to ask him and give us an answer by suppertime. I gave her a note to give to Giffard without delay. That she did.

The next morning Giffard, a man in his sixtees, came to see us and promised to bring Levasseur that evening. We were again on the sick list, but this could not last long. That evening Levasseur came and it was decided after a quite long meeting that we would escape the same evening and take refuge in the house of a mister Hamilton, which was inhabited by a black slave woman who was a friend of Mrs Brown, who would feed us until a better arrangment could be found. That house was close to the Arsenal but on the opposite side to the Black village. That Hamilton was serving in the Army of General Johnston; he was unmarried and the only person who lived in his house was his housekeeper, whom her Black friends were calling Mrs Hamilton. We could, from where we were, my friend Clareton and I, see on the streets surronding the Arsenal posters offering a reward for who would bring back the two escaped prisoners.

A few days later Levasseur brought a Major Dubosc and his son. The latter had been wounded recently quite badly in action in Virginia. Decision was made that we were to live in the lower part of town, inhabited then because it had been destroyed by artillery bombardment from the Northern Army occupying Morris Island. Once there, we were to get every evening all we needed to distill alcool.

This we did all winter. I was able to leave our area with the clothes and permit of young Dubosc and accompanying by his father, while keeping one of my arms in a sling.

There we stayed under the day of the evacuation of Charleston by the Confederate forces. [This occured on February 17th, 1865.] I then found my freedom. I then went immediately with Clareton to report for duty by meeting General Hatch (1). who was in charge of the occupation of Charleston. The General was very kind towards us. He named me sargent in the Prevosts Guards, that part of the Army which did the policing of the city and the collecting of weapons, ammo, horses, mules, and so on. He gave me the job of overseeing the exhumation of our POWs who had been buried at he Race Ground and to bury them in a special section of the Magnolia Cemetary. I got Giffard to help me to thank him for the help he had given me.

After the surrender of General Lee at the end of March [9th April 1865] and that of General Johnston a bit later [26th April 1865], all the troops were given the order to go to Washington to take part of the great parade which was being prepared [It took place on 23rd and 24th of May 1865]. I should have been there. The various regiments were then to be shipped to specific points to be disbanded.

If I am not mistaken, my regiment was disbanded at New York. I was persuaded to stay in Charleston for two reasons. The first is that Levasseur and Dubosc were hoping to get contracts through my intermediary to raise some of the ships that were sunk in the harbour and in the main channel next to the city and make me share in the profits if successful. The second is that I had requested to General Hatch a commission as a Lieutenant in the US Army. So I was staying put until I had an answer. My friend rejoined his unit. He tried to get me to do the same, telling me how much joy my parents would have in seeing me again. I said no as I had learned that I had been considered dead when taken prisoner. I thought that my parents had been told and I was hoping to surprise them with an offficer’s sword by my side.

So Clareton left without me. I fell ill with termbling fever due to the May and June vapors. A little weekly was now being published in Charleston. It was, among other news, giving the list of the unclaimed post. To my great surprise, there was a letter from mother. She was pleading for me to come home. I never read anything more heartbraking and eloquent. I found out that Clareton, after being discharged in New York, had decided to go and tell my parents that I was still alive.

This letter put an end to all my projects, at least for the time being. I took the steamer Alhambra which had come to pick up a load of cotton and arrived at New York in October 1865. I was so sick that I had to be kept fot two or three weeks in a New York Hospital before being sent to a place on Long Island to recover. The doctors were worried that a too abrupt change from the torrid heat to icy cold of an end of October in Canada would kill me.

I finally was able to take the train for Canada and arrived back to Ile Bizard on November 3rd, 1865, still very sick and weak. My mother nearly died of joy.

In the Spring, I wanted to return to Charleston but mother, my sister Odile, my brother-in-law Raymond and Mr Gaucher who was then the member of Parliement for Jacques Cartier insisted that I should taken up again the study of the Law which I had started in Kingston before my departure for war...

For about thirty years I have heard nothing from any of the members of my regiment and when a few years ago I went to a reunion at Cortland I only met one, sargent Barton [According to Mike Brown, a sargeant Burton, of company F, the company Henri Césaire belonged to, is on the regimental roster: " BURTON, ORRIN W.-Age, 21 years. Enlisted, September 12, 1861, at Fairville, to serve three years; mustered in as private, Co. E, October 4, 1861; transferred to Co. F, September or October, 1862; promoted corporal, prior to June, 1863; sergeant, no date; captured and paroled, no dates; discharged, March 9, 1865, at Elmira, N. Y." The roster is available HERE. Burton died at Dryden in 1910.] who knew me. You see that my situation is quite unique.

I was never properly discharged and so still am «absent without leave». I will try to have my have my position cleared up and get myself identified if Barton is still alive.

This letter is dated May 8th, 1907.


John Porter Hatch

John Porter Hatch (January 9, 1822 – April 12, 1901) was a career American soldier who served as general in the Union Army during the American Civil War. He received a Medal of Honor for gallantry in action at the September 1862 Battle of South Mountain during the Maryland Campaign.

In 1864, he was assigned to the Department of the South, where he had charge of the coast division. He was in charge of operations on John's Island, South Carolina, in July and led the Federal forces at the Battle of Honey Hill in November. He subsequently operated in cooperation with Major General William T. Sherman in the Georgia-Carolinas Campaign and took part in the attack on Charleston. Following the city's surrender, Hatch assumed military command of it from February to August 1865.

In the omnibus promotions following the war, he was brevetted from March 1865 both as a major general of volunteers dating and as a colonel in the Regular Army.






Jacques Beaulieu
jacqbeau@canardscanins.ca
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